Contribution: AMNÉSIE HÉRÉDITAIRE OU SURDI-CÉCITÉ POPULAIRE? Un procès : 3 ans après…

Contribution: AMNÉSIE HÉRÉDITAIRE OU SURDI-CÉCITÉ POPULAIRE? Un procès : 3 ans après…

Dans un meurtre sacrificiel, il est historiquement vérifié que seule une portion de l’humanité tire profit de l’effort commun de guerre. Le peuple, le bas peuple, dépositaire de l’agneau du sacrifice se retrouve plus miséreux ou misérable tandis que, ex nihilo, éclot une bourgeoisie qui oublie le sens de son existence. Cette tradition, qui se perpétue s’inflige encore à des communautés à l’aune de la démocratie du 21ème siècle. L’histoire certes ne se rejoue pas, mais bégaie, créant du coup chez nous un « sentiment de déjà vu ».
Dans l’histoire du Sénégal, Thiès a toujours été considérée comme un bastion de rébellion. Dans le Cayor traditionnel, l’éloge des valeurs fut couronné par l’assassinat d’un gouverneur de l’A.O.F Henri Chatan par le damel Diery Dior Ndella. Les anciens se rappelleront sûrement du meurtre de Demba Diop dans l’enceinte de la gouvernance de Thiès, aussi de la grève des cheminots du Dakar-Niger, la deuxième, la plus longue de l’histoire de l’Afrique et de la marche des femmes de Thiès à Dakar. Cette psychologie révolutionnaire s’est manifestée surtout dans le domaine politique où des présidents se sont vus déboutés avec une hostilité insolente en faveur des fils du terroir. Ce qui ne sera pas d’ailleurs sans conséquence si l’on constate le retard économique de la région.
Aujourd’hui, dans la cour du roi, le tyran tire contre les détracteurs, et les détracteurs accusent le despote. Les fous du roi prennent sa défense, sauvegardent ses intérêts oubliant le prioritaire, l’ayant droit, le citoyen thiessois. Il est bien triste de voir aujourd’hui les acolytes de l’ex-maire et président du conseil régional mentionner la traitrise du « régent maire » sous prétexte qu’il ne sert plus leurs intérêts ou qu’il se rapprocherait du pouvoir. En définitive, il a rompu le pacte, le contrat qui le liait au président du ‘rewmi’. Est-ce en cela une traitrise? On est bien heureux d’apprendre la fin de l’IDYlle incestueuse consentie par un électorat passionné et trop fidèle à la consanguinité. Je me demande encore si la mairie est passée d’un bien commun à une propriété privée d’une personne ou d’un groupe qui s’autorise une gestion télécommandée ou par procuration. L’intérêt de la communauté ne compte plus, il est inexistant et cela se matérialise par «l’austérité », la dégradation économique dont souffrent de plus en plus les ménages thiessois. Il est bien dommage de constater des années plus tard que la montagne n’aura encore une fois accouché que d’une souris. L’E-DEAL, qui au départ devait servir à maquiller le linge sale familial dans les méandres politiciens se retrouve au marché, créant du coup ce sentiment de déception et de chaos du terroir, et dont nous sommes tous les commanditaires.
Ma déception n’en fut que grande de voir le « régent maire » Talla Sylla et le fou du roi Diattara se donner en spectacle dans une émission télévisée de la place. Pensez-vous vraiment que les jeunes ancrés dans une perdition due à un chômage condescendant ont le temps d’arbitrer des débats de bas étage, une chicane de bambins se bousculant pour chacun une légitimité du butin? Mais ARRÊTEZ!!! Pensez-vous une seule seconde que cette descente aux enfers de notre chère cité nous laisse de marbre face à vos règlements de comptes qui, non seulement, ne vous honorent aucunement, mais ne militent en rien pour le développement de la région? Une querelle d’intérêt doit-elle être la cause du blocage du vote du budget de la commune et par ricochet son bon fonctionnement?
Après des années, le bilan n’en est bien encore que plus morose et cela s’explique inéluctablement par l’investiture d’un maire fantôme qui n’a pas un an de présence effective en sol thiessois durant le dernier quinquennat de son magistère. Aujourd’hui quasi absent de la présidence du conseil régional. Et comme bilan, nous avons retenu des litiges fonciers scandaleux, des épisodes de la saga Hélène Tine-Diattara, l’aveu d’échec de la mairie sur les ordures du 1er pont sur la route de St-Louis, l’éclairage et enfin avec ma dernière énergie, car je suis à bout de souffle, le chômage endémique. Quand connaitrons-nous la fin des inondations de Diameguène et Médina Fall et la lancinante question de la source de Nguinth ? Alors ne méritez-vous pas, chers maires de zones, que l’on vous retire votre droit de sol et par ricochet nos voix électorales ? Et que dire d’un maire chanteur, hagard dans l’inaction, qui rappelle Michel Martelly, l’ancien président d’Haïti qui céda une partie des îles du pays aux États-Unis pour sa gloire et sa protection. Monsieur Talla Sylla, êtes- vous aussi traitre comme le pense le fou du roi au point d’offrir Thiès à monsieur Macky Sall sur un plateau d’or?
Que nous vaut à date cet héritage de politiciens clientélistes? Ces morveux qui ne se servent de la fibre régionaliste que pour assouvir une soif inélégante de pouvoir et d’autorité. Depuis feu Ousmane Ngom, Mantoulaye Guène, Aynina Fall et j’en passe, le marasme politique s’est installé dans notre communauté et sévit comme une malédiction. Et pourtant, dans ce terroir, de dignes fils se sont toujours érigés en bouclier pour conserver sa liberté, ils se sont toujours ligués contre toutes oppressions et ont défendu les intérêts de la communauté quel que fut le prix à payer. De Senghor à Macky, droit dans ses bottes, ce peuple continue de souffrir en silence. Le résultat est là bien visible et vivant, Thiès se meurt, dans son cœur et dans son âme. Ce lustre d’antan n’est à présent que chimérique, un rire jaune que nous dessinons amèrement sur des faces plates de déceptions. Allons- nous continuer à accepter de mourir à petit feu dans l’orgueil et dans l’inertie des politiciens véreux et ménopausés? Mais sachez que comme la tempête déchainée se brise contre la digue solide, la douleur des peuples se brise contre le plaisir des tyrans.
L’émergence d’une nouvelle conscience thiessoise
Il est venu le temps pour la communauté de s’auto censurer et de comprendre que la dignité humaine ne s’accomplit que quand la reconnaissance est mutuelle, que quand l’autre, conscient de l’effort de guerre, cotise pour notre bien être, notre survie. Il est temps pour tous de dire tout haut ce que l’on a trop longtemps pensé tout bas. Oser une fois encore – et depuis belle lurette d’ailleurs- dire Non! Non en guise de réaction, mais d’action dans une vie nouvelle. Nous croyons à la communion des hommes qui communient avec le peuple; seul le peuple rend libres les hommes.
Nous sommes tous comptables d’erreurs pendant si longtemps, si longtemps victimes d’un legs régionaliste au point qu’une surdi-cécité s’est développée chez les citoyens. Le peuple thiessois doit-il continuer à choisir ses dirigeants par affection? Est-il seulement obligé de s’enfermer dans son mutisme passionnel? Thiès se doit désormais de connaitre une rupture d’avec cette pratique qui est à l’antipode des communautés qui aspirent au développement et qui croient fermement à un destin meilleur, un futur certain. Une hérésie politicienne n’est pas de trop, une passation générationnelle devient une nécessité pour assurer un avenir probant à la cité et à sa gestion. Pour ce faire, il devient urgent d’adopter un vote objectif, un vote de raison, qui ne sera plus un moyen de servir un groupe, mais tout un peuple. Le peuple est le seul (appareil) sur lequel (appareil) nous pouvons compter pour préserver notre liberté.
Cette communauté ne se veut aucunement être à la merci d’un groupe encore moins d’une obédience politique. L’important, pour la jeunesse thiessoise est de mériter ses dirigeants, de bons dirigeants. Cela implique à cet effet des efforts d’introspection, mais aussi de prise de décisions conséquentes quant à la manière de gérer la cité. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, il est du devoir de chacun de nourrir un espoir, un rêve. Consentons, avec maturité à faire un choix, non plus sur la base de la réputation, ni de la fortune, ni de l’appartenance régionale, confrérique encore moins ethnique. Nous appelons désormais pour un vote utile, un vote pour l’intérêt de notre terroir, car toute l’autorité appartient au peuple. Que l’on apprenne à se départir des états d’âme, de la filiation, des intérêts crypto personnels et penser une fois, une seule fois à tant de héros qui ont donné (de) leur vie pour que l’on puisse hériter de ce sang si digne et si noble. Chers politiciens; aimez le peuple, évitez la foule…
J’ai fait un rêve; celui de revoir un jour le rayonnement de ma ville : THIÈS…

Pape Mody SY,
Enseignant-chercheur, Ottawa, canada
Mon blog : DOMMI CAJOOR
papemodysy.blogspot.com

Negoce

1 Comment

  1. Faroukh

    Vous vous trompez bien Monsieur, de prêter à Monsieur Talla SYLLA un profil qui n’est point le sien. Talla SYLLA incarne plutôt la constance dans ses convictions, un amour pour son pays le Sénégal et la lutte pour la réhabilitation de la souveraineté du peuple. Aujourd’hui seul son mouvement FAL ASKAN WI se singularise dans une posture d’appeler à une assemblée nationale de rupture, contrairement à ceux qui appellent à voter pour affaiblir ou renforcer le Président de la République. La réalité est que les prochaines élections devront servir essentiellement à asseoir le pouvoir du peuple. Et pour ce qui est de Thiès que nous avons en partage le seul tort de Talla SYLLA est d’être au service des populations et non d’un homme qui veut prendre Thiès en otage pour garantir sa survie politique.

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