août 23, 2017

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AUTOSUFFISANCE EN RIZ : Consommons toujours SENEGALAIS

AUTOSUFFISANCE EN RIZ : Consommons toujours SENEGALAIS
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Ceci n’est pas tout à fait le résultat d’une étude épidémiologique, quoique à l’avenir il soit prévu d’observer un échantillon de cinquante (50) à cent (100) personnes, pour déterminer leur régime alimentaire et les conséquences sur leur santé et leur qualité de vie en général.

En effet, le « consommer sénégalais » si l’on peut l’appeler ainsi est un sujet très souvent évoqué par les économistes pour donner une explication à la cherté de la vie ou la hausse prix des « denrées de premières nécessité », avec comme soubassement la recherche d’une solution à la détérioration des termes de l’échange entre pays africains et pays de l’Union Européenne. Ne seront pas ici abordés les aspects du « Consommer Sénégalais » relatifs au port vestimentaire, au « look » ou aux accessoires (chaussures, sacs, bijoux, lunettes, etc.), quoiqu’il y ait eu de profondes mutations subies dans ces secteurs depuis les indépendances à nos jours chez les hommes et les femmes en fonction de leurs tranches d’âges. Il s’agit pour nous de faire ici une simple comparaison entre la valeur nutritive du régime alimentaire de nos grands-parents et celle de nos régimes des temps modernes, avec l’accès devenu plus ou moins facile, à beaucoup de produits alimentaires venus de l’étranger, qui maintenant sont devenus familiers et presque indispensables dans les ménages. Il nous faut tout d’abord souligner qu’il n’y a pas trop longtemps, c’est-à-dire dans les années 1950 à 1960 avant les indépendances, et même jusqu’aux années 1970, aux premiers débuts des indépendances, la plupart des foyers au Sénégal, consommaient du mil au petit-déjeuner, du mais ou du riz (céréales locales), à la place du pain fait de blé (céréale importée d’Europe), qui est aujourd’hui préféré le matin dans les foyers aux céréales locales, en plus du café au lait sucré. La bouillie de mil, de mais ou de riz sous forme de « Lakh, fondé ou Sombi », enrichie de patte d’arachide ou de Niébé, de poisson séché : «Guedj » ou fumé « Kéthiakh », était la plupart du temps salée et épicée avec le tamarin. Comme le fameux « Lakhou Dakhar », ces plats sont maintenant très rarement consommés le matin dans les foyers. Ils sont souvent inconnus des ménages ou délaissés aux nourrissons, aux personnes malades et âgées, ou même parfois considérés comme le régime des indigents. C’est aussi le cas du couscous ou « Thiéré », qui constituait le repas du soir dans les familles, et qui n’est de nos jours consommé dans certains foyers qu’une fois par an, c’est-à-dire le soir de la « Tamkharit » ou Ashoura.

A sa place, les ménages consomment le plus souvent au dîner du « Steak–frites », du poisson frit, du poulet, ou même des « Nems », « hamburger » ou du « Chawarma », qui sont des plats importés de l’étranger (Europe, Asie). De l’avis de nutritionnistes avertis, dont Feu le Docteur Thianar Ndoye qui a déjà établi une carte diététique sur les produits locaux, à l’origine, la friture ne faisait pas partie des habitudes culinaires dans nos sociétés sub-sahariennes, et elle y a été introduite par la colonisation. Les viandes, poissons et légumes étaient bouillis tout simplement ou grillés au feu de bois. D’après Feu le Docteur : « le taux élevé de cancers observés chez les patients est causé par les changementsde régimes alimentaires relatés, avec l’huile laissée à température trop élevée pendant la friture ». Dans ses études, cet éminent médecin avait aussi soutenu dans ses écrits, que le « Symbium », communément appelé « Yeet », est anti-cancérigène (publication le Soleil). Egalement, dans une des émissions télévisées « Wakh Sa Xalaat » sur la Rts, un tradipraticien (spécialiste de la médecine par les plantes) a expliqué la valeur diététique des plats traditionnels comme la « Soupe Kandia » ou soupe africaine faite de Gombo, dont le processus culinaire était destiné à l’origine à guérir de certaines maladies ; c’était le cas d’autres plats traditionnels comme le « Mafé » ou « riz à la sauce d’arachide ».

Dans le même ordre d’idées, Feu le Docteur Thianar Ndoye a très souvent conseillé comme remèdes et prescriptions contre des maladies, de se nourrir de « Lakhou Dakar » évoqué plus haut, ou de «Ndambé », fait des haricots locaux ou Niébé. Ainsi pour nos sociétés modernes, un retour aux régimes des nos grands-parents constituerait un retour aux sources aujourd’hui très important pour une reconnaissance de nos valeurs culturelles, et de la valeur curative de nos plats traditionnels, qui sont des éléments indispensables à notre identité. La recrudescence des « maladies de la seconde génération » à savoir diabète, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, héritées souvent des « régimes importés ou moderne » et des pays développés, et une forte consommation en huile, en sucre, et en divers condiments venus souvent de l’étranger, devrait motiver ce retour aux sources. On doit se rappeler de la longévité, la santé et l’endurance légendaires de nos grands-parents, qui toujours refusaient de se départir de leur régime alimentaire et consommaient avec beaucoup de réticence les produits importés. Pour preuve, les longues journées passées dans les champs étaient supportées du fait de la forte consommation de mil le matin au réveil et le soir au coucher sous forme de couscous.

Il est communément admis par nos grands-parents que « le Tout Puissant dans sa bonté a donné à chacun de nous de quoi se nourrir dans l’espace où il réside » ; d’où la différence entre les continents, les climats et les êtres humains ou espèces animales et végétales qui y vivent selon son bon vouloir. Aussi de façon générale selon les tradipraticiens : « pour toute maladie déclarée, le Tout Puissant dans sa miséricorde a prévu souvent un remède dans l’espace où vit le malade».

QUELQUES QUESTIONS POUR CONCLURE TOUT EN CONTINUANT LA RÉFLEXION SUR LE SUJET : 

1 – Que dire de la courte espérance de vie qui varie de nos jours entre trente trois (33) ans (Swaziland) et soixante (60) ans (Sénégal) en Afrique ?

2 – Doit-on appeler « denrées de première nécessité » des produits importés dont on ne maîtrise pas de prime abord les prix, et la valeur nutritive intrinsèque, du fait que ces produits ne sont pas cultivés dans nos pays ?

3 – Peut-on réellement influencer le cours du blé, céréale cultivée en Europe par les agriculteurs européens pour diminuer le prix du pain par exemple, qui est devenu une denrée de consommation courante dans nos sociétés modernes ?

4 – Quel est l’impact économique du retour aux régimes alimentaires de nos grands-parents en termes d’accessibilité des produits (céréales locales), de coût à la consommation, et d’accroissement des revenus des agriculteurs locaux ou de développement de l’agro-industrie ?

5 – L’exode rural et le déclin de l’agriculture ne sont-ils pas dus en partie, à la forte consommation deproduits importés et préférés aux produits locaux, dans nos sociétés modernes ?

Telles sont les questions que nous devons méditer, pour prôner un retour aux sources et par conséquent, en premier lieu, le développement de l’agriculture, pilier indispensable à l’essor de nos économies en Afrique. Serigne Touba « Kadimou Rassoul » s’était très tôt retiré à l’arrivée du Toubab pour se protéger contre l’influence extérieure et garder intacte sa culture. Nous lui devons encore les fameux champs de khelcom, qui chaque année sont cultivés par des talibés pour nourrir dignement des milliers de familles.

 

Ngoné Abès Niang, JD/MPH, Conseillère Technique Docteur en Droit/ Spécialiste en Santé Publique

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