août 24, 2017

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BTP ET INFRASTRUCTURES : Investissements RECORDS en Afrique !

BTP ET INFRASTRUCTURES : Investissements RECORDS en Afrique !
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«L’Afrique a besoin de 100 milliards de dollars chaque année pour ses besoins minimaux en infrastructures», déclarait Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement (BAD) aux médias en février 2014, en se basant sur le rapport de la Banque mondiale sur les infrastructures en Afrique publié en 2010. Des montants colossaux qui, évidemment, aiguisent les appétits.

Ainsi, selon une étude du cabinet de conseil Deloitte, la valeur totale des projets de BTP (Bâtiment et Travaux Publics) en Afrique a crû de 46% en 2014 pour atteindre 325 milliards de dollars. En effet, dans la troisième édition de son rapport sur le secteur de la construction en Afrique, le cabinet recense 257 projets d’infrastructures (d’un coût minimum de 50 millions de dollars) en construction sur le continent en 2014, soit 65 de moins que dans l’édition précédente. Pour autant, cette réduction du nombre de chantiers n’est pas synonyme d’un recul du secteur du BTP en Afrique dans la mesure où elle s’accompagne d’une hausse considérable du montant des investissements. Les projets africains recensés par Deloitte au 1er juin 2014, ont ainsi une valeur totale de 325,8 milliards de dollars contre 222,76 milliards en 2013, soit une hausse de 46,2 %.

L’Afrique australe reste, de loin, la première zone d’investissement du continent dans ce domaine avec 119 projets en construction en 2014, pour une valeur totale de 144,88 milliards de dollars. L’Afrique de l’Ouest arrive en seconde position avec 66 projets (74,83 milliards de dollars), suivie par l’Afrique de l’Est qui comptait 51 projets (60,67 milliards de dollars) en développement l’an dernier. L’Afrique centrale, avec 13 projets (33,2 milliards de dollars), se place devant les pays d’Afrique du Nord avec 8 projets d’une valeur totale de 9,1 milliards de dollars.

Avec 26% des investissements en moyenne en 2014 (19% en 2013) tous secteurs confondus, les institutions internationales de développement figurent parmi les plus importants investisseurs de ces projets de construction. Elles sont suivies de près par les gouvernements africains (22%) et les investisseurs privés nationaux (11%). Globalement donc, la valeur moyenne des projets est en hausse grâce à ces différents investissements. Ce qui a incité, sur le continent africain, le retour de certaines multinationales étrangères du secteur BTP en autres, ou du renforcement de leur présence sur le continent.

Ainsi, après s’être fait coupé l’herbe sous le pied durant des années par les entreprises chinoises dont la suprématie n’est plus à démontrer, les compagnies françaises comme Bouygues, Eiffage et Vinci repartent à l’assaut du continent en dénonçant au passage la « concurrence déloyale, le néocolonialisme, le dumping social des Chinois, etc. ». Eiffage par exemple, après s’être replié sur le Sénégal, a mis en place une équipe de développement qui se consacre désormais à la reconquête du continent. Tandis que du côté de Bouygues l’on s’applique à reconquérir des positions au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Guinée équatoriale, tout en visant de nouveaux marchés au Gabon, au Cameroun, au Mozambique et en Angola. Ainsi, Bouygues Énergies & Services (filiale de Bouygues Construction) ambitionne d’atteindre 250 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le continent d’ici à 2016 (contre 130 millions en 2012).

Ces projets aux investissements gigantesques qui attirent autant d’entreprises étrangères sur le sol africain représentent également d’énormes opportunités pour les multinationales canadiennes, en particulier en ces temps de crise où l’on ne cesse de parler d’austérité. Ainsi, comme le soulignait Ibou Diouf, membre senior de l’Africa transport team de la Banque mondiale qui aide les États africains à développer leurs infrastructures via des dons, des crédits et des garanties, «tout le monde a une carte à jouer sur les grands projets d’infrastructures en Afrique car il ya de la place pour tout le monde». En effet, l’ampleur des besoins est telle que ce marché est loin d’être perdu pour les entreprises canadiennes malgré la forte présence des Chinois et des Français.

CE QU’IL MANQUE A L’AFRIQUE

L’Afrique ne parvient à mobiliser qu’environ 45 milliards de dollars des 100 milliards dont elle a besoin tous les ans pour combler son déficit en infrastructures. Pourtant, les experts et les institutions financières internationales n’ont cessé de rappeler, aux cours des dernières années, l’urgence de doter le continent d’infrastructures adéquates pour accélérer son développement économique. Car la mauvaise qualité des infrastructures en Afrique coûte, à chacun des pays, deux points de croissance chaque année et réduit la productivité d’environ 40%.

Le continent africain a ainsi particulièrement besoin d’infrastructures légères et lourdes, ainsi que d’un appui spécifique et ciblé aux États fragiles, ceux qui, en raison du fardeau de la guerre entre autres, devraient consacrer un tiers de leur PIB à combler le déficit en infrastructures. C’est pourquoi Nkosazana Dlamini-Zuma a insisté, dès son élection à la tête de la Commission de l’Union Africaine (UA), sur le fait qu’elle fera du développement des infrastructures la priorité de son mandat. Ce volontarisme des autorités africaines démontrent qu’elles ont pris la mesure des besoins considérables du continent en la matière.

Concernant les transports par exemple, le déficit en infrastructures constitue un véritable goulot d’étranglement, notamment dans le cas des infrastructures portuaires dont la capacité est souvent très en deçà des besoins. De même, selon la Banque Africaine de Développement (BAD), moins du tiers de la population africaine a accès à une route praticable en toute saison, tandis que les coûts de transport et les délais d’acheminement des marchandises le long des corridors routiers sont deux à trois fois supérieurs à ceux des autres régions du monde. Le manque de routes et de chemins de fer rend ainsi difficile la connexion entre les lieux de production et les marchés de consommation. Ce qui évidemment représente un véritable obstacle pour le commerce intra africain qui ne représente de fait qu’environ 10% des exportations totales des pays africains.

Construire des infrastructures est donc devenu plus que jamais un enjeu crucial pour soutenir la croissance économique et le développement durable de l’Afrique. D’où le grand boom du secteur du BTP que nous évoquions dans notre article d’hier. En effet, ce secteur a enregistré une forte hausse des investissements en 2014. Une hausse confirmée par l’étude du cabinet Deloitte, qui nous apprend que la valeur totale des projets de BTP sur le continent africain a crû de 46% durant l’année précédente pour atteindre 325 milliards de dollars, contre 222,76 milliards en 2013. Les investisseurs privilégient particulièrement les secteurs de l’énergie et du transport, au détriment des secteurs de l’éducation ou encore de la santé. Et pour cause, ce sont les deux secteurs où les besoins sont les plus criants. Ainsi, selon la BAD, des 1,5 milliard de personnes qui vivent sans électricité dans le monde, 80% résident en Afrique subsaharienne. Le déficit d’infrastructures énergétiques constitue d’autant plus un handicap que le faible niveau d’accès à l’énergie a des conséquences considérables sur la compétitivité économique des entreprises locales.

 

Source : Afrique Expansion

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