octobre 17, 2017

Contribution: CHEIKH BACAR DIAGNE : «Le champ des tâches nationales est devenu trop large pour les ambitions d’un camp»

Contribution: CHEIKH BACAR DIAGNE : «Le champ des tâches nationales est devenu trop large pour les ambitions d’un camp»

Quand les africains réclament leur héritage culturel et évoquent leurs références tel que Cheikh Ahmadou Bamba, l’Occident les taxe de dominés complexés qui ont échoué dans leurs efforts d’émergence collective, qui se sentent envahis par des contre-valeurs venues du dehors et qui se replient dans une identité transmise dont ils sont les dépositaires. Les africains doivent cesser dêtre atirés par les pays riches où ils vont devenir de pauvres déracinés, rejetés. La revendication d’identité doit briser les frontières de l’intellectualisme politique et universitaire pour atteindre la doxa.
L’antidéveloppement étatisé procède justement de cet accaparement populiste de la défense identitaire par les politiciens et les intellectuels. Car il n’est pas question pour l’Afrique de rompre avec son passé. Le Monument de Renaissance symbolise justement ce retour aux origines qui est notre passage obligé sur le chemin de l’émergence. Rompre avec la laïcité, qui est mythe fondateur de toutes les formes de modernité, ne signifie pas² une tentative d’islamisation, ni par le haut, ni par le bas. Aucun des chefs religieux engagés dans la lutte politique contre la laïcité, Serigne Modou Kara, Serigne Moustapha Sy, Serigne Mansou Sy Jamil, ne prônent une telle perspective. Le communutarisme religieux dont ils se réclament constitue la phase défensive du mouvement social qui se radicalise contre un démocratisme importé, ,sans pour autant vouloir aboutir à un Etat théocratique. Aussi, la mobilisation politique islamiste sera le produit de l’offensive directe du système contre les valeurs fondatrices de notre nation : les tabous, la morale, les bonnes moeurs, le respect de la parole donnée…
Les forces progressistes religieuse sont écrasée par des pratiques forcenée qui essaient de leur trouver des substituts à travers les stars de la musique, du théâtre ou de la lutte. Dans ce nouveau siècle, deux faiblesses majeures paralysent les énergies planétaires : le désir de puissance des riches et l’appel défensif à l’identité des pays pauvres. Paul Valéry aurait dit : l’ordre et le désordre. Comment réconcilier dans la paix ces antagonismes inexpiables entre les pauvres humiliés et les riches paternalistes ? Là se situe le lieu où se jouent, dans le présent, les enjeux pour notre futur.
La fin du régime libéral, en mars 2012, a sonné le glas d’une ère politique : l’âge des héros est terminé. Et pourtant, ceux qui devraient être réunis autour de l’intérêt national, sont entrés en conflit,, quand tout montre que le Sénégal ne s’en sortira que grâce à la solidarité de toutes les forces vives et au premier chef les acteurs politiques. Que le nouvel ordre politique doit tout englober et ne rien exclure dans son dispositif d’action : partis, société civile, syndicats, chefs religieux, mouvements associatifs etc. Le champ des tâches nationales est devenu trop vaste poir les ambitions partisanes d’un seul groupe, même après un bon score présidentiel ou législatif.
Le problème majeur, c’est notre capacité. Répondre aux questions : Quelle est la menace dominante ? Quelles sont nos urgences ? Qui est l’ennemi ? Il est devenu impossible, dans un contexte mondial en mutation profonde, de bâtir un Etat démocratique sans des réponses structurantes à ces questions ?

Cheikh Bacar DIAGNE

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