BBY THIES

Contribution de Cheikh Bacar Diagne: La France et nous : Inventer et construire l’avenir 

Contribution de Cheikh Bacar Diagne: La France et nous : Inventer et construire l’avenir 

Le discours de Ouagadougou

De l’Asie à l’Amérique latine, en passant par le monde musulman, un nouveau monde émerge, fondé sur l’affirmation des identités et des souverainetés nationales. Le retour de l’Asie, annonce en particulier la fin de la primauté de l’occident sur le monde. Nous marchons vers un monde multipolaire et nous devons nous en réjouir : le Coran affiche : » Je vous crée dans les diversités, afin que vous vous reconnaissiez ».

C’est  dans cette voie tracée dans la sagesse, que le président de la république Française, Emmanuel MACRON, clame devant les jeunesses africaines la nécessité historique de refonder les grandes orientations politiques qui encadrent le compagnonnage de l’Afrique avec la France. Les clés de cette refondation se trouvent autant dans nos fondamentaux que dans les constantes géopolitiques de la France.

Le discours d’Ouagadougou et le sommet des chefs d’Etat de l’union africaines et l’union européenne d’Abidjan se sont déroulés dans un contexte ou des défis sérieux et périlleux se dressent devant nous.

Trois mots clés sont la base de la prospective macaroniste dans le renouveau politique qu’il dessine vis-à-vis de l’Afrique :

Souveraineté, partenariat, sécurité. Une Afrique enfin souveraine, digne partenaire de la France dans la construction d’un monde ou règne la paix et la sécurité. Dans cette perspective, il n’hésite pas à révéler aux jeunes de l’Afrique ce qui va galvaniser leur engouement citoyen : »Jeunes d’Afrique, c’est vous qui connaissez la route ».

Dans une Afrique foyer de toutes les attaques impitoyables (colonisation violente, balkanisation postcoloniale et convoitises internationales) et arène d’une curée sempiternelle mettant aux frises ses élites, la redoutable question de sa souveraineté politico-économique ne trouvera jamais  de réponse satisfaisante dans les professions de foi soporifiques de ses dirigeants. Quand, a fortiori, ces derniers sont loin de refléter  fidèlement le niveau de conscience et de maturité citoyenne de leurs populations.

Le monde qui se prépare est sous le péril de guerres de différentes ampleurs.  D’abord parce que les Etats-Unis , s’acceptant pas de perdre la main sur l’histoire face à la chine et la Russie, confrontés au risque d’un effondrement économique, seront peut être tenté par la guerre pour s’en sortir. L’économie de guerre étant un ballon d’oxygène pour tout  système en faillite. Ensuite, parce que la raréfaction des ressources stratégiques (énergétiques, minérales, alimentaires …) va exacerber la compétition entre les géants émergents. Le dérèglement de tous les impérialismes, américains, islamiste… est donc à prévoir dans ces années à venir.

Donc ce contexte, Monsieur Macron, grand frère historique des jeunesses africaines, demande à la nouvelle alliance afro-européenne de jouer un rôle d’exception.

Prenant en témoin le peuple burkinabé et son guide le Président KABORE qui, pour lui est l’avant-garde continental de ce renouveau politique pour une Afrique souveraine et prospère, il dira : » dans ce moment de bascule, l’Afrique est un atout pour la France ». En invitant tout le continent  Africain à « regarder » et méditer le paradigme burkinabé, Monsieur Macron justifie haut et fort que le nouveau projet politique est tout à la fois un projet de souveraineté et de rétablissement des équilibres bousculés par le terrorisme.

Monsieur le Président Emmanuel  Macron, le Sénégal et  l’Afrique dans ses spécificités vous disent oui dans la refondation de l’influence de la France dans le monde sur sa capacité à apporter la paix et prévenir les conflits de demain. L’Afrique et le Sénégal saluent avec tous les honneurs la prochaine conférence que vous avez suscitée pour enrayer le financement du terrorisme avec l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Mai s ce renouveau politique est également un renouveau culturel. Si la France sous votre magistère n’a pas de fétiches, l’Afrique à son tour doit  en finir de ses obsessions. Cela ne sera possible que si nous restaurons, ensemble la crédibilité de nos outils didactiques, outils linguistiques et culturels.

L’Afrique n’aura d’avenir qu’en qu’en empruntant cette route.

 

 

CHEIKH BACAR DIAGNE

Negoce

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