Contribution: Maître… Notre armée n’est pas à vendre.

Contribution: Maître… Notre armée n’est pas à vendre.

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Ce qui me choque dans le discours de Wade, ce n’est pas cette histoire insipide de « Deum et autres inventions » dignes d’un film de fiction, C’est surtout le travail psychologique indigne et les vains clins d’oeil et ballons de sonde qu’il essaie d’envoyer à notre grande et vaillante armée nationale.

Le climat politique de notre pays se modifie à une vitesse extraordinaire.  Les vociférations injurieuses et les agressions verbales ont noyé dans leur boue visqueuse les idéologies, les programmes et l’intérêt général. Les sorties de l’ex-président Abdoulaye Wade, susceptibles de détruire la stabilité nationale, sont des shows redoutables par leurs orientations et leurs mises en scène, terriblement inquiétantes par leur impact négatif dans la conscience des jeunes générations.

L’aspect le plus dangereux de ses récentes dérives réside dans les clins d’œil intempestifs aux forces armées. Fort heureusement ce grain de propagande à l’armée n’est pas tombé dans un terrain fertile. Seul, sur cette passerelle de dégradation de nos mœurs politiques, Wade se trompe de nation.  Au-delà de son contenu anti-républicain, l’opération est tout à fait symptomatique d’un manque de respect notoire à l’institution la plus patriotique de la nation. Sacrée dans toutes les académies militaires et sollicitée partout où la paix est menacée, notre armée se confirme comme une sentinelle des libertés et de la légalité.

De Senghor à nos jours, nos soldats et officiers se sont distingués par la permanence de leur loyauté envers la légalité constitutionnelle et le respect de la souveraine volonté du peuple. Dès 1962, en pleine turbulence d’un régime parlementaire marqué par une dualité entre Senghor et Mamadou Dia qui avait tenté un coup de force contre l’Assemblée Nationale, l’armée de nos Diambars avait rétabli l’ordre constitutionnel et libéré les parlementaires pris en otage. Depuis ces évènements, elle s’est tenue à grande distance des querelles politiques et des secousses qui ont jalonné la maturation de notre démocratie et l’emprise des institutions républicaines au sein de la société. Elle ne s’est jamais signalée par rien d’autre que ses tâches de véritable armée nationale dédiée certes à la défense territoriale, mais aussi à la réalisation de grands ouvrages indispensables à notre décollage économique.

L’ex-président Wade devrait, mieux que quiconque, savoir que notre armée n’est pas une milice de criminels à la solde de politiciens enrichis par la prévarication et l’agiotage des derniers publics. Elle ne contient pas dans ses rangs des fractions putschistes  ou partisanes prêtes à monnayer leur patriotisme pour des prébendes ou des comptes bancaires dans les paradis fiscaux. Loin des machines guerrières anti-nationales qui sévissent pour le compte d’Etats cocotiers ou bananières, l’armée du Sénégal est une communauté de hauts cadres pétris dans l’honneur et le courage, qui se voient parfaitement dans le miroir des héros de la Canson de Rolland : ils sont ce que furent Détié Fougnogou,  Lat-Dior Ngoné Lartyr, Coli Tengala, Alboury Ndiaye, Amary Ngoné Ndella, Maba Diakhou et tant d’autres illustres Diambars chantés par nos griots. Abdoulaye Wade, pour avoir rajouté une tonalité insurrectionnelle et putschiste à son palilalie, vient de rompre les liens affectifs qui l’avaient historiquement installé dans le cœur des sénégalais. Notre armée n’est pas à vendre.

Al Ousseynou DIOUF, Responsable Politique Zone Ouest.

Negoce

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