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Crise scolaire au Sénégal: Hamady Dieng Président de la RAMPE préconise comme solution « le déplacement » du ministre de l’éducation Serigne Mbaye Thiam

M Hamady Dieng, le Président de la rencontre des acteurs et mouvements pour l’émergence (Rampe) s’est prononcé sur la question du moment, qui préoccupe tout un pays à savoir la crise scolaire.Le Président de la RAMPE a préconisé entre autres solutions, le départ du Ministre de l’éducation Serigne Mbaye Thiam, parce qu’il y’a « une incompatibilité d’humour entre celui ci et les enseignants et les syndicats d’enseignants », et parce que le ministre a un discours belliqueux et un discours qui frise le mépris…

 

Le coordonnateur national de la Rampe, Hamady Dieng, ne fait pas dans la langue de bois quand il évoque la « crise scolaire » qui secoue le Sénégal. Un sérieux problème sur lequel il interpelle directement le président de la République. M. Dieng estime qu’en termes de gestion, une « responsabilité » doit être assumée. Et de penser qu’il faudrait, si cette responsabilité n’est pas correctement assumée ou bien a des difficultés d’être assumée, que le premier responsable, le Chef de l’État, « se ravise ». D’autant qu’il se veut d’avis que «Serigne Mbaye Thiam a un discours belliqueux, qui ne rassure pas, un discours à la limite qui frise le mépris vis-à-vis des enseignants ». Et ça, regrette-t-il, « c’est inadmissible et ça a trop duré ».

Le Patron de la Rampe, angoissé par « la menace qui pèse aujourd’hui sur l’école sénégalaise », d’estimer que « soit le ministre de l’Education nationale constate les faits, prend ses responsabilités et démissionne, sinon, le président de la République se devrait de constater qu’il y a une incompatibilité entre les actions et les positions de Serigne Mbaye Thiam, avec les leaders syndicaux et même les enseignants ». Et dans une telle situation, pense-t-il, « il faut déplacer ce ministre-là, lui donner d’autres responsabilités ailleurs dans un autre département et amener une personne neuve, qui pourra avoir un discours neuf avec les enseignants pour trouver un terrain d’entente ». Hamady Dieng dit avoir constaté que « le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, a un discours belliqueux, qui ne rassure pas, un discours à la limite qui frise le mépris vis-à-vis des enseignants », et ça, dit-il, « c’est inadmissible et ça a trop duré ». Et d’estimer que « s’il avait soigné son discours, s’il avait considéré les enseignants comme des responsables, des gens qui sont au centre d’un système indispensable pour le développement de ce pays-là, il y a certains comportements qu’on n’allait pas avoir ».

Le coordonnateur national de la Rampe qui se dit « préoccupé » par la « répression » indique comprendre que « force doit rester à la loi », mais, pense-t-il, « il ne faudrait pas, en retour, que l’intervention des forces de l’ordre soit disproportionnée », mais, croit-il savoir, « ça pose énormément de problèmes ». Pour les enfants, il estime « comprendre qu’il faudra les empêcher d’aller vers la casse, le vandalisme », mais, regrette-t-il, qu’« on réprime les enseignants, pour moi, c’est inadmissible. Je rejette cette façon de faire, les enseignants sont des responsables ».

Sur la « crise scolaire » en question, le coordonnateur national de la Rampe se veut catégorique : « la situation scolaire appelle à réflexion et surtout à plus de responsabilité. Je me suis à plusieurs reprises prononcé sur cette situation, en disant que je soutenais la lutte des enseignants pour la simple et bonne raison qu’ils sont dans leurs droits, s’étant organisés autour des syndicats pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux. Et je disais, en son temps, qu’il fallait seulement faire la part des choses, parce que la bataille syndicale étant la défense des intérêts matériels et moraux, il ne faut pas lui donner une autre envergure ou bien un autre visage ». Aujourd’hui, malheureusement, s’étrangle Hamady Dieng, « au regard des efforts qui ont été faits, d’abord par le ministre de l’Education, dans un premier temps, qui n’ont pas, peut-être, été suffisants, ensuite par le Premier ministre, les enseignants voulaient toujours mieux ». Mais, souligne-t-il, « particulièrement le geste qui a été posé par le président de la République devait être un moment de déclic et de retour, pour véritablement structurer l’intervention des syndicats d’enseignants autour des négociations, pour pouvoir avoir éventuellement plus ». D’autant qu’il dit « être de ceux-là qui pensent que les enseignants méritent même plus que 100.000 FCFA d’indemnité de logement. Je le dis en connaissance de cause parce que je suis originaire de ce corps-là, je sais les difficultés qui sont liées à l’impossibilité d’un enseignant de pouvoir se loger correctement ». Maintenant, pense-t-il que « dans la bataille menée par les enseignants, il y a beaucoup d’infantilisme », c’est-à-dire que « par rapport à la démarche des syndicalistes qui dirigent aujourd’hui les enseignants, soit il y a des intentions et des positions qui sont contre le syndicalisme qui les guide ou bien ils n’ont pas le niveau d’acteurs et de dirigeants syndicaux. Ce pour la simple et bonne raison que dans les négociations, je pense que le leitmotiv, pour ne pas dire l’argument premier, c’était que les autorités n’avaient pas accepté de négocier, qu’il n’y avait pas évolution ». Mais, indique-t-il, « tout le monde sait qu’il y a évolution sur la question. Et moi, particulièrement, j’ai organisé une conférence de presse pour demander au président de la République de recevoir les enseignants et de trouver une solution à cette situation, véritablement de faire un effort pour leur permettre de pouvoir véritablement reprendre le cours et de revenir  dans les classes ». Et de se sembler se réjouir que « le président de la République l’ait fait, peut-être c’est une coïncidence, mais le Chef de l’Etat a répondu à mon appel, c’est comme ça que je le considère ». Malheureusement, regrette-t-il, « nos enseignants sont restés dans les mêmes conditions, ils n’ont pas voulu faire le geste qu’on attendait d’eux, et je pense que ce que ça dénote, c’est que, soit sur le plan de leur formation syndicale ils ont des problèmes, parce que ‘’le jusqu’au boutisme’’ en syndicalisme est une mauvaise chose ». Surtout, précise-t-il, « autour d’un point ». Hamady Dieng qui rappelle qu’« énormément de points étaient alors réglés », soulignant que « ce point-là a connu des avancées très sérieuses, très significatives », trouve « incompréhensible ce qu’ont fait les enseignants en tant que responsables syndicaux »,  mais aussi que « des enseignants tiennent coute que coute à en découdre avec un président de la République, un Premier ministre et un ministre de l’Education nationale ». Et, de ce point de vue là, de se désolidariser de ce comportement par rapport aux enseignants. Aussi, le Patron de la Rampe, les appelle-t-il à la « raison ». Une manière de leur dire concrètement que « l’Etat a fait des efforts et que la bataille doit continuer sur les autres années pour pouvoir encore avoir mieux ». Toutefois, même s’il continue à penser que « les grévistes méritent même plus de 100.000 FCFA », il croit concevoir qu’« on ne peut pas avoir une fixation sur un montant, en disant que tant qu’on n’a pas ça on ne reprend pas les cours, parce que tout simplement on ne pense pas à l’école et aux enfants qui y sont, parce que l’école c’est l’instrument de travail de l’enseignant, c’est comme un ouvrier qui est dans une entreprise ». Selon lui, « l’objectif : ‘’aller en grève’’, ne signifie pas ‘’détruire l’outil de travail’’ ». Et de croire que « si l’outil de travail est détruit, il n’y aura pas de revendications, plus de syndicalisme et plus d’école ». et de penser que « c’est de ce point de vue-là qu’il faut poser le problème ».

Negoce

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