DIAMANT : Un marché qui se DIVERSIFIE

DIAMANT : Un marché qui se DIVERSIFIE

Fini le temps où l’Europe et les États-Unis représentaient les seules destinations à l’exportation des diamants dans le monde. Asie et monarchie du Golfe s’imposent désormais comme des lieux de consommation privilégiés de la ressource.

Jusqu’à récemment, les États-Unis étaient le plus gros consommateur de diamants de la planète. Ainsi, selon un rapport de Diamond Insight Report publié en septembre 2014 par le joaillier de luxe De Beers, en 2013, le pays était le premier consommateur de cette pierre précieuse avec 40% de part de marché mondial. Les ventes de diamants taillés y ont augmenté de 7% la même année. La demande des Américains concernant leur taille est quasi-uniforme avec une préférence (39%) pour les « grosses » pierres de plus d’un carat.

Mais aujourd’hui, les États-Unis doivent faire avec l’appétit de plus en plus croissant des marchés émergents asiatiques comme la Chine et l’Inde. En effet, l’engouement de ces deux pays pour cette pierre précieuse a pris, en dix ans, une ampleur considérable. La demande a crû de 12% en moyenne depuis 2008 dans ces deux pays selon le rapport de De Beers. La frénésie chinoise pour les diamants est guidée par le goût du luxe d’une population de plus en plus riche. Ainsi, en 2010, le pays comptait plus d’un million de millionnaires. Ainsi, la Chine, déjà premier pays consommateur d’or dans le monde, représente 15% de la demande mondiale, contre 3% au début des années 2000. Elle a connu avec l’Inde un taux de progression annuel moyen de 12% entre 2008 et 2013. Le rapport de De Beers indique que 20% des citadins en Chine possèdent un diamant contre 70% aux États-Unis. Contrairement à ces derniers, la Chine préfère (63%) les pierres moyennes (entre 0,18 et 0,99 carat) aux petites pierres (8,1% seulement de la demande), soit inférieures à 0,18 carat alors qu’en Inde, ce sont celles-ci qui rencontrent le plus de succès. Elles y constituent les trois-quarts des diamants polis vendus.

« L’Inde et la Chine pourraient rattraper les États-Unis d’ici peut-être une quinzaine d’années », a souligné Philippe Mellier, le PDG du conglomérat diamantaire, lors de la présentation des conclusions du rapport à la presse en septembre 2014. Rio Tinto, autre grand producteur, prédit, lui, une vraie rivalité dès 2020.

Cependant, la récente dévaluation du yuan freine quelque peu cet engouement car beaucoup de Chinois négocient des diamants sur le marché local en yuans à partir d’une base en dollars. Et la crise rend les importations de diamants plus chères en Chine, ce qui pourrait avoir comme conséquence l’essoufflement de la demande pour ces pierres précieuses. Pour un pays comme le Botswana, les conséquences sont encore plus graves car selon les prévisions du gouvernement (2,6% contre les 4,9% annoncés en début d’année), sa croissance économique sera amputée de moitié en 2015. Et pour cause, les marchands chinois et indiens, premiers clients des mines du Botswana, ne passent plus d’aussi grosses commandes depuis peu.

La Chine et l’Inde ne sont pas les seuls pays émergents à s’intéresser aux carats du top 5 mondial des pays producteurs de diamants. Ainsi, les Émirats arabes unis ont acheté près de 95% de la production angolaise du mois de juillet vendue pour un montant total 115 millions $ au prix moyen de 133 dollars par carat. Ils ont été la grande destination des 865 000 carats de diamants angolais produits.

Source : Afrique Expansion

Negoce

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