BBY THIES

DONALD TRUMP : Le rêve américain du CIMENTIER Lafarge

DONALD TRUMP : Le rêve américain du CIMENTIER Lafarge
Negoce

Le cimentier Lafarge rêve de construire le « mur de Trump ». Un projet qui fait réagir au sommet de l’État, le président Hollande appelle l’industriel à la « prudence ». Une pierre dans le jardin du cimentier déjà controversé pour son financement présumé de groupes terroristes en Syrie. Après l’État islamique, les États-Unis d’Amérique. Le cimentier franco-suisse Lafarge Holcim lorgne sur un marché de 1 000 milliards de dollars. Un programme d’investissement qui prévoir de rénover les infrastructures américaines, et inclut la construction du mur controversé à la frontière Mexique. Une déclaration qui a fait réagir au sommet de l’État, François Hollande appelle à la prudence dans ce type de marché.

« Lafarge est une entreprise à capitaux privés, qui n’a pas à voir sa politique commerciale dictée par le gouvernement ou par l’État », commente Me Bensussan, spécialiste en droit des affaires international. Jean-Marc Ayrault a appelé jeudi à la responsabilité le groupe. Le chef de la diplomatie française estime que l’« on est dans un État où les entreprises ont leurs propres responsabilités, l’État les siennes (…), mais il faut que cette entreprise réfléchisse bien ». Mais l’entreprise, number one du ciment aux États-Unis, compte bien « tirer profit de ces investissements ».

« Je trouve que c’est dommage que François Hollande continue de militer pour tuer le dernier fleuron industriel français, comme Lafarge », a déclaré Kate McKenna, membre de Republicans Overseas France. Ce projet phare de Donald Trump consiste en une muraille érigée au sud du pays et censée le protéger contre l’arrivée illégale de Mexicains. Une insulte pour les Mexicains, un fructueux business pour l’heureux élu de l’appel d’offres. De son côté, Lafarge assure ne pas faire de politique:

« Contrairement aux entreprises américaines automobiles qui ont bénéficié de subventions, et qui ont dû respecter l’injonction de Trump de ne pas délocaliser au Mexique. Elles se sont trouvées en difficulté parce qu’elles avaient bénéficié de cette subvention, ce n’est pas le cas de Lafarge. Sur le plan strictement juridique, la déclaration n’a pas d’effet. Elle a pour objet une menace, une prise de position ».

Si Lafarge est dans le collimateur des autorités françaises, c’est surtout pour ces « arrangements inacceptables » que l’entreprise a conclu avec certains groupes armés et des parties en Syrie, afin de maintenir l’activité d’une cimenterie dans le pays. Elle fait l’objet d’une plainte pour « financement du terrorisme », « complicité de crimes contre l’humanité », « complicité de crimes de guerre », une liste à laquelle la France n’aimerait pas voir s’ajouter « mur de la honte ». D’autant plus que François Hollande appelle, en Europe à ne pas ériger de murs.

Nous nous trouvons ici dans le domaine flou entre la politique, le judiciaire et la communication, comme l’explique Me Bensussan: « Cela crée probablement pour Lafarge, dans le cadre de sa communication, une difficulté supplémentaire. Ce qui donne peut-être plus de poids à une déclaration politique. Mais encore une fois, ce sont deux affaires indépendantes. […] On est dans un pays où il y a la séparation des pouvoirs, où il n’appartient pas au gouvernement de menacer de mettre en mouvement l’autorité judiciaire. ».

L’État ne peut pas interdire à une entreprise de prendre tel marché, mais peut-il intervenir comme commentateur de la vie économique française ? Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise française convoite des chantiers controversés. Mais l’entreprise Bouygues semble avoir moins attiré l’attention, au Turkménistan, « dictature » d’Asie Centrale, où elle a réalisé une cinquantaine d’ouvrages pour un montant de plus de 2 milliards d’euros entre 1994 et 2010.

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