DU « ROYAL BAND » AU « SECKA ET LES DAMELS » EN PASSANT PAR LE « SUPER ROYAL » : SECKA, Le Chanteur De Toutes Les « GENERATIONS »

DU « ROYAL BAND » AU « SECKA ET LES DAMELS » EN PASSANT PAR LE « SUPER ROYAL » : SECKA, Le Chanteur De Toutes Les « GENERATIONS »

Il a connu les gracieux jours du « Royal Band » de Thiès avec des notables de la musique sénégalaise comme James Mapathé Gadiaga, Grock Sarr qui fut le chef d’orchestre. A l’époque, les mélodies thiessoises étaient adorées des mélomanes des quatre coins du pays, lesquels, le week-end, convergeaient vers la capitale du Rail pour se baigner dans la chaleur thiessoise, sous le firmament enthousiaste de paradisiaques boites de nuit comme le « Sangomar », le « Poussin-Bleu », entre autres. Des mélodies qui faisaient frissonner les « noctambules » de la jet-set sénégalaise au « beau et bon vieux ton comme temps ». Secka, restera-t-il le chanteur de toutes les générations ?

Adama Seck dit Secka, puisque c’est de cet illustre fils de Thiès qu’il s’agit, devait, un moment, quitter le « Royal Band » pour former son propre groupe, le « Super Royal ». Avec cette formation, il va sortir son morceau fétiche : « Samba Alaar ». Un élément qui sera très prisé par les sénégalais et restera, d’ailleurs, à l’origine d’un envol fertile pour le chanteur thiessois. Avec cette chanson, qui lui a, d’ailleurs, permis de se réaliser, Secka va connaître le succès (coté renommé comme financier). Seyelatyr, l’actuel chef d’orchestre du groupe de Secka, qui, en ce moment, venait d’arriver tout jeune dans le groupe, de soutenir : « c’est avec cet album que Secka va voyager un peu partout dans le Sénégal, et même jusqu’en Gambie. Aussi, sera-t-il l’invité surprise de l’avant dernier Bercy où le « Roi du Mbalax », Youssou Ndour, interpréta ledit morceau avec lui. Un album qui, malheureusement, ne sortira pas en CD ». Un an plus tard, le groupe connut des problèmes, pour finir par se disloquer. Secka va traverser des moments un peu difficiles. Seyelatyr d’expliquer : « j’ai quitté le groupe avec feu Jacky, le saxophoniste. La plupart des musiciens du groupe avaient regagné Dakar et Saly Portudal. La gestion du groupe n’était pas bonne. Il y avait une pléthore de musiciens. Finalement, c’était l’anarchie totale ». Et de poursuivre : « c’est en ce moment que Secka s’est partiellement enlisé. Il était cherché et recherché de partout, et nulle part, l’ombre du chanteur qu’on n’entendait plus. C’est en ce moment-là, en 2013, qu’il vint me voir pour me dire : je remets tout entre tes mains. Il a fait de moi le chef d’orchestre qui décide de tout. C’est ainsi que j’ai décroché un contrat avec une boite de nuit établie à Thiès, appartenant au groupe WaFlash, « Le Palais des Arts ». Il fallait qu’on change de milieu. Parce que le night-club qu’on utilisait avant, « Le Gorom », n’enchantait plus une certaine catégorie de mélomanes ». Fallait-il, ainsi, recommencer les soirées ? Et le groupe d’avoir à beaucoup travailler pour sortir, entre temps, un album de 12 titres et trois clips : « Kou nék ak beusseum », « Diéré Niannal », une chanson dédiée à feu Jacky et un morceau salsa qui sera très aimé, « Woma-woma ». Un certain redécollage qui va faire revivre le « Super Royal », lequel, se verra, plus tard, rebaptiser au nom de « Secka et les Damels ». « Royal » faisait l’éloge d’un paquet de cigarette et que le nouveau chef d’orchestre, Seyelatyr, voudrait bien enterrer pour le « Cayoriser » en l’appelant : « Les Damels », ce, en souvenir des braves « Rois » du Cayoor. Ceux-là qui auront préféré braver la mort plutôt que de brader leur honneur.
Secka n’a jamais touché à l’alcool
Dans la cité du Rail, « Secka reste perçu le Chanteur de toutes les Générations ». Et nombre de musiciens thiessois d’être catégoriques : « quand nous voyons les jeunes venir s’épanouir en boite, c’est comme si Secka venait de naître, comme si on venait de voir éclore un nouveau talent. Simplement impressionnant. Secka a su s’adapter au fil des ans. Surtout avec son look. Il dance sur scène comme un jeune musicien ». Et Seyelatyr de soutenir : « c’est parce qu’il s’entraine régulièrement pour se maintenir, garder la ligne ». Et d’ajouter, pour répondre à ceux-là qui prennent le chanteur thiessois pour un disciple de Bacchus : « Secka n’a jamais, de sa vie, savouré à une goutte d’alcool. A Thiès, il est respecté de tous, parce qu’en paix avec tout le monde. S’il passe dans les avenues de Thiès, il a toujours le sourire aux lèvres, conversant avec, même, les tout-petits. Toujours humble, d’un abord facile, pacifique, humain, avec toujours de bonne humeur. D’une simplicité adorable. Bien aimé et bien vu dans la ville aux-deux-gares. On le voit assister à toutes les cérémonies familiales : décès, baptêmes, mariages. Même s’il ne supporte pas trop la faim, il voue un respect religieux au moi du ramadan, pour dire qu’il est pieux ».
En même temps qu’il se trouve être chef d’orchestre, Seyelatyr s’occupe, non seulement, de la direction musicale du groupe, mais, aussi, réalise, en tant qu’informaticien, les clips. Et ça a un peu permis au groupe de se remettre sur les rails. Puisque depuis lors, explique notre musicien, « nous avons eu un contrat régulier au Palais des Arts, on nous a même donné le samedi qui est le jour le plus convoité à Thiès. Aussi, on a une clientèle assez diversifiée et fidèle, puisque ce n’est pas seulement les anciens qui viennent s’épanouir, mais, et c’est le plus étonnant, c’est comme si les jeunes semblaient aimer le plus notre musique, parce que constituant notre plus grande clientèle partout où on se produit ». Toujours jeune, dynamique, Secka a donc su se maintenir, garder sa ligne. Il n’a du tout pas vieilli comme le sont ses anciens collaborateurs avec qui il était dans « Le Royal Band ». Le musicien thiessois aimera toujours chanter le Cadior, le Rail comme l’Amour, le Chemin de fer. Sa musique, une source intarissable, permet à tout thiessois de se ressourcer où qu’il soit. Tel ce fut le cas pathétique de la mignonne Ndèye Ndiaye Dione du quartier Diamaguene de Thiès (elle a dansé dans un des clips de Secka), laquelle, une fois chez son époux, dans la lointaine banlieue de la ville de Louga, semblait n’avoir plus goût à la vie, parce que complètement dépaysée, déracinée, expatriée, exilée. Mais, et heureusement, à chaque fois qu’elle écoutait la musique de Secka, pour se ressourcer, elle redevenait elle-même, une thiessoise de cœur. Seyelatyr qualifie son ami de « chanteur typiquement thiessois, qui essaye de faire ressortir les harmonies du Cadior-Diankhène. Dans ses chansons, on sent les sonorités de Thiès, on sent la présence du Train, du Rail, le sifflement des sirènes ». D’ailleurs, dans une de ses chansons : « Fiir », ne promet-il pas à sa fiancée de lui offrir, en cadeaux, « le Train et le Chef de gare » ? A titre d’exemple !!! Le chef d’orchestre ne manque pas de faire remarquer : « ce qui fait notre différence avec les autres orchestres, c’est qu’avec Secka, là où on joue, il y a une riche et fidèle clientèle qui ne rate jamais nos soirées. Partout où Adama Seck se produit, il draine, derrière personne, des gens assez nantis de Thiès qui ne badinent pas sur les moyens. Souvent, on est sollicité sur la petite côte, à Saly Portudal et à Mbour, dans des boites comme « Téranga Art », « Le Soleil », où les patrons de Dakar, qui ont toujours dansé la musique de Secka, ne ratent jamais nos soirées ». Depuis plus d’un an, Seyelatyr de soutenir : « nous occupons la scène musicale à Thiès. Nous étions, sur le terrain, avec nos amis de WaFlash qui ont, presque, tous voyagé, aujourd’hui. Ma Sané, elle, se trouve, présentement, en France, auprès de son mari. Ce qui fait qu’actuellement, nous jouons dans leur propre boite-de-nuit, « Le Palais des Arts », et ce, à travers une parfaite collaboration, un excellent partenariat. C’est parce qu’ils ont confiance à notre professionnalisme qu’ils ont mis à notre disposition la boite. Et nous avons d’excellents rapports ».

Par rapport à la gestion du groupe, l’on peut dire qu’il s’agit bien d’une affaire privée gérée par Secka et le chef d’orchestre, Latyr. Mais, c’est ce dernier qui s’occupe, presque, de tout. « J’ai tout révolutionné (surtout coté pécuniaire). Avant, les musiciens éprouvaient d’énormes difficultés au sortir des soirées. On était en nombre pléthorique et les contrats étaient un peu mal négociés. Mais, à présent, ils s’en sortent un peu mieux. Ils ne se plaignent en tout cas pas trop », souligne Seyelatyr. Lequel, par rapport aux perspectives, indique que le groupe envisage de sortir un album et des clips avant fin décembre. Contrairement à certains qui, souvent, laissent penser que « le groupe est agonissant, presque mort », Seyelatyr de leur demander de se détromper. D’autant que « l’orchestre, aujourd’hui plus que jamais, est vivant, vif, ardent, frétillant, pétillant, endiablé, miroitant. Le groupe respire l’aisance. Comme tous les orchestres dynamiques, on joue deux à trois fois toutes les semaines (en général les vendredi-samedi-dimanche, et, parfois même, le mercredi) entre Thiès, Dakar et Saly Portudal. Le 15 aout dernier, on était à Fatick. L’orchestre est très dynamique ». « Secka et les Damels » est composé de huit personnes dont sept titulaires. Un rufisquoi, Bassirou Ndoye, qui vient d’épouser, à peine, une mignonne thiessoise, et une dame très dévouée, qui est avec Secka depuis plus d’une dizaine d’années, Ndeye Sokhna de Keur Massar, qui assure les chœurs. Cependant, Secka et ses Damels s’offusquent, particulièrement, du fait d’être délaissés à tort, traités en parents pauvres par les autorités compétentes de Thiès. « Ni le Maire de la ville ni le Centre culturel régional ne nous viennent en aide. Nous avons des autorités qui n’aident pas la musique thièssoise, donc la Culture. Ce n’est pas de l’argent que nous demandons. Mais, les subventions annuelles, nous pensons, comme tout le monde, en avoir droit au niveau de la Mairie comme du Conseil départemental, entre autres institutions. Aussi, devrait-on pouvoir organiser, à Thiès, des festivals qui pourraient profiter aux groupes de la ville. Vraiment, on espérait un meilleur traitement de la part du maire de la ville, Talla Sylla, lui, en tant qu’homme de culture. Si, aujourd’hui, on parvient à faire vivre le groupe, entretenant huit personnes, c’est grâce à notre abnégation, avec l’appui de quelques bonnes volontés, qui sont des fans de l’orchestre. Mais nous ne bénéficions d’aucun soutien de la part des autorités ». Des bonnes volontés qui aiment l’orchestre qui a vraiment des fans, comme Papa Lam, proche collaborateur du DG du PAD, le Dr Cheikh Kanté, une mignonne femme, Ndèye Ndiaye Dione, du quartier Diamaguene de Thiès, un magnifique thiessois, ami de Secka, du nom de Massiré, qui est allé récemment en France acheter au groupe une guitare et un clavier, pour un coût élevé. Nombre de thiessois attachés au groupe aident ce dernier dans la plus grande discrétion, comme Le Cheikh Bacar Diagne, un grand homme de culture auquel Secka aura même dédié une belle chanson, tellement le Mara soutient le groupe, comme il le fait avec la religion. L’ami de nombre Chefs d’Etat africains ira même jusqu’à offrir le billet de la Mecque à la maman du chanteur Dame Sène, après que ce dernier eut, à travers une des chansons, embaumé le vœu d’amener, avant d’exhaler le dernier soupir, sa chère mère aux lieux saints de l’Islam.
Lors de la célébration de l’anniversaire de Secka et son nouveau groupe, les Damels, la ville de Thiès, ce samedi, avait vibré, et bien frémi. Pour dire que ce n’est pas seulement à Dakar que s’organisent et réussissent les soirées anniversaires. Le Palais des Arts sera trop exigu pour renfermer tout cet univers fou venu des quatre coins et recoins du pays assister à la soirée dansante organisée par l’enfant terrible de la ville aux-deux-gares. Les hommes politiques ont répondu en masse à l’appel du groupe musical thiessois qui avait fait de Scac Afrique, représenté par une forte délégation, le Sponsor officiel de la soirée.
Monsieur Mamadou DIENG, de la zone-nord, va rehausser de sa présence cette soirée riche en son et en couleurs, montrant ainsi tout son attachement à la culture et aux artistes à qui (force est de le reconnaitre) il ne cesse de manifester son soutien. Parmi les gens qui ont contribué à la réussite de cette belle fête, les amis du groupe de Secka dont El Malick Seck , Pape Ndiaye Madoky, Cheikh Bacar Diagne que chante Secka, Gora Thiès, Pape LAM qui avait parlé au nom du DG du port, le Dr Cheikh Kanté, Assane Guèye Laye, un ami et souteneur exemplaire du groupe, les délégations du Ministre Thierno Alassane Sall conduite par Ndiassé et Ousseynou Diouf, du 1er vice-président du Conseil départemental de Thiès, Yankhoba Diattara, Monsieur Maodo Malick Mbaye qui, faut-il le rappeler, aura, grâce à sa médiation, faciliter le voyage de Secka pour aller jouer à Bercy avec Youssou Ndour, Serigne Moustapha Fall, le « diawrign » de Cheikh Modou Kara Mbacké Noreïny à qui Adama Seck réservera un morceau spécial intitulé « Bamba Merci »; un morceau qui a fait vibrer la salle au moment où la soirée allait atteindre son paroxysme. Occasion pour Abdou Ndim qui tenait à décorer Secka sur Scène en guise de remerciement pour ses belles notes musicales. Et le dimanche, pour le plaisir de nombreux fans, ce fut le « Rakhass » d’enfer, avec, rien, rien, rien que de la musique seckaiste.
En tout état de cause, le groupe musical thiessois, « Secka et les Damels », éprouvent de sérieuses difficultés dans leur boite de nuit devenue trop exigüe pour contenir tout ce monde fou venant de partout, les week-ends, assister aux chaleureuses soirées dansantes animées par le chevronné Secka, lequel, à chaque occasion, ne manque pas de revisiter son riche répertoire, à travers des morceaux fétiches, comme « Samba Alaar », « ki la nex », des chansons ayant marqué la mémoire des mélomanes, et bien d’autres nouveaux morceaux qui figurent dans l’album de 12 titres qu’il vient de sortir sur le marché : « WAKH ». De belles notes de musique, faisant vibrer, comme à la nuit des temps, les mélomanes qui se revigorent excellemment bien par le biais des envolés lyriques de l’illustre chanteur de la cité ouvrière avec ses Damels. Et toujours, sur la piste, ces belles créatures de la ville aux-deux-gares, mignonnement habillées, mais qui ont souvent du mal à se trémousser au rythme du Ndawraabine, tant les lieux restent bondés. Thiès aux Thiessois !!!
Cheikh CAMARA

Negoce

1 Comment

  1. SEYNABOU MBENGUE

    Très bel article !
    C’est vrai les mordus de la musique ont toujours en mémoire ces jolis titres.
    Seynabou

    Reply

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