BBY THIES

Du village de Janxène à la ville Thiès, La cité du rail maintient sa posture de ville carrefour

Du village de Janxène à la ville Thiès, La cité du rail maintient sa posture de ville carrefour

S’il est vrai que l’Egypte est un don du Nil, Thiès est aussi vraisemblablement un don du rail. Les noms de capitale du rail ou de ville aux deux gares dont on l’affuble, à juste raison d’ailleurs, sont assez éloquents quant à la contribution du chemin de fer dans l’essor économique et le développement démographique de cette ancienne bourgade cayorienne qui targue aujourd’hui d’être la seconde grande ville du Sénégal. En effet, Thiès n’est autre que l’ancien village sérère du royaume du Cayor dénommé Janxène dont les origines remontent au 17ième siècle. Un village qui, grâce à sa position géographique, qui faisait de lui le passage obligé des commerçants et autres caravaniers en destination de Dakar, est vite devenu une cité carrefour, Une situation qui lui donnait aussi une posture stratégique pour l’administration coloniale dans sa volonté de sécuriser le trafic marchant entre Dakar et l’intérieur du pays. Surtout que la forêt de Pout était, à l’époque, le lieu de prédilection des coupeurs de route et autres malfaisants qui dépouillaient les caravaniers de leurs biens.

Aussi pour parer à cette situation, l’autorité coloniale décida d’installer un Fort à l’entrée de la dite forêt avec à l’appui une garnison de l’armée. La présence de cette garnison s’expliquait par la nécessité de la mise en place d’un dispositif sécuritaire contre les coupeurs de routes et autres malfaisants qui interceptaient les marchandises en provenance de l’intérieur du pays. Chemin faisant naquit le projet d’installation d’une ligne de chemin de fer devant relier Dakar à Saint Louis. Un projet qu’il fallait aussi sécuriser. Tout un dispositif qui contribuera inexorablement à l’essor du village de Janxène qui connut en conséquence une sorte d’explosion démographique avec l’arrivée des travailleurs cheminots de la sous région ouest africaine et principalement du Mali. Le village de Janxène se mua alors en commune. On était en 1904 et Thiès devint, avec la construction du chemin de fer Dakar Niger la gare ferroviaire, un carrefour incontournable.

Le transport routier venant s’ajouter à celui ferroviaire et la sécurité aidant, les alentours de la gare ferroviaires se transformèrent alors en lieu d’escale pour les commerçants et de stockage de marchandises en provenance des localités du Diobass, de Pout, de Fandène mais aussi d’autres localités du pays et de la sous région. C’est ainsi que naquit le marché central de Thiès et son espace surnommé marché malien. . Entretemps la présence militairement s’est fortement accrue avec l’installation de la Base aérienne et du 10ième Régiment d’infanterie de l’Afrique Occidentale et de Madagascar communément appelé 10ième Riaom et qui est devenu, après l’indépendance, le quartier 10ième. Quant au Fort, il abrite de nos jours, le musée de Thiès. Toutes situations, entre autres, qui expliquent le caractère cosmopolite de la population thiessoise, son fort taux de métissage ethnique et sa diversité culturelle mais aussi et surtout sa forte identité. Laquelle forte identité, mal comprise par certains, est aujourd’hui faussement confondue à un esprit rebelle. Ce qui lui vaut l’appellation de Thiès, Ville rebelle. Une appellation que sont venus conforter, la grève des cheminots en 1948, l’assassinat du gouverneur français par Diéry Dior Ndèla et celui de Demba Diop à la devanture de la gouvernance mais aussi la promptitude des populations à user des pierres du rail pour Non, en cas de besoin, aux tenants du pouvoir.

Tout compte fait, cité rebelle ou pas rebelle, la commune avait déjà engagé son envol tant économique, culturel que social pour être l’une des villes du Sénégal les mieux loties en termes d’infrastructures, d’assainissement au moment de l’indépendance survenue en 1960. Et ironie du sort, l’ancien village sérère devenu commune a eu pour premier maire un sérère, Léopld Sédar Senghor par ailleurs premier président de la république du Sénégal. Un fauteuil de maire qu’il cédera par la suite à Ousmane Ngom un autre sérère. Et de fil en aiguille et au rythme de la décentralisation en ses actes un, deux et trois mais aussi des intérêts politico-politiciennes des régimes qui se sont succédés au pouvoir , elle finira par être scindée en trois communes d’arrondissement puis de plein exercice chapotées par une ville, « La Ville de Thiès » que dirige aujourd’hui le maire Talla Sylla. Aussi et quelque puisse être son itinéraire, force est que reconnaître le travail important qui y a été fait et qui fait d’elle la seconde ville du pays mais aussi une zone d’attraction par excellence. Une division administrative qui en réalité n’enlève en rien aux thiessois leur identité propre de citoyens de la ville aux deux gare avec tout ce que cela comporte comme dignité et fierté même si cela peut, pour certains, revêtir une consonance de rébellion.

Thiesinfo

Negoce

2 Comments

  1. Lamine SAMB

     Extrait sur la vie et l’œuvre de Mame TafsirMadoky NDIAYE
    ‘’La face cachée d’un soufi’’
    Venu de Ndiakhirate NDIAYE pour s’installer en plein Cayor vers les années 1890, Tafsir Madoky NDIAYE était sur les traces du Prophète Mouhamed PSL. Il est né en 1868 à Ndiakhirate.
    Fils de Balla Khayta NDIAYE et de Sokhna Gaye MBENGUE, il reçut le Wird Tidjane par le biais d’un marabout appelé Séck NDIAYE de Ndiakhirate.
    Il se donna pour mission de propager la foi islamique et d’enseigner le saint coran. Alors, il prit le chemin de Jankhénne (actuel région de Thiès).
    A son arrivée, il s’installa près de la demeure de Commandant de l’époque Primpain. ‘‘Agacé’’ par le récital du coran des talibés et les nombreuses séances de prières Primpain demanda au saint homme de quitter les lieux et de choisir l’endroit qui lui convint. Madoky pénétra alors dans la forêt de Thiès, la défricha, s’y installa et la nomma Randouléne dont le titre foncier N° 1397 lui est attribué (actuel quartier Randouléne Sud).Il y construit une mosquée dénommée aujourd’hui mosquée Tafsir Malick MBAYE (Randouléne Nord), creusa un puits y implanta son cimetière appelé cimetière Madoky à Randouléne.
    Parmi ses nombreux disciples d’origines sociales différentes (fils de boutiquiers, de cultivateurs…) on pouvait y citer l’érudit Tafsir Birame Gambie MBAYE à Randouléne Nord Moussanté Thiès.
    Poursuivant sa mission à savoir l’éducation et l’enseignement du saint coran, Tafsir Madoky reçut la visite du nouveau commandant de cercle de Thiès des années 1913. Il lui proposa un poste de cadis (juge). Mais,se référant sur un qadiss du Prophète Mouhamed PSL qui dit : ‘‘Le meilleur parmi vous est celui qui a appris le saint coran et l’enseigne’’. Il déclina alors l’offre. Il préfère dit-il, demeurer sur sa mission islamique.
    Au demeurant, le 1er Avril 1913 le Gouverneur du cercle de Thiès convoqua tous les marabouts de Thiès par ricochet : Thiérno Haw (fils de Ousmane HAW et de Aissatou HAW), Thiérno SOW (fils de Amary SOW et Tacko PENDA) Tamsir Momar NDIOUR (fils de Bamalie NDIOUR et de Mairoun SAMBA de Diockoul), Massamba Dieye TOUTE (fils de Massogui KOURRA et de Soukeyna DIEYE), Malamine SENGHOR etc. Doté d’une valeur morale et intellectuelle excellente, Madoky est reconnu comme celui qui occupe le premier rang parmi les marabouts enseignants du cercle de Thiès.
    Mieux, il fut plébiscité par ses paires pour être le premier Imam de la mosquée de Mambara. Avant, ils étaient partis à Tivaouane auprès de Cheikh Seydi El Hadj Malick SY qui a contribué à la réalisation de l’édifice pour qu’il leur choisisse un imam. C’est ainsi qu’il leur demanda de retourner voir Tafsir Madoky NDIAYE. Ce dernier déclina toujours l’offre.Il préfère dit-il, rester encore dans son Dahara à Randouléne pour enseigner le saint coran.
    Eu égard à la dimension d’un tel Homme, son œuvre et sa vie dédiées entièrement à la souna du Prophète Mouhamed PSL, il urge qu’il sert d’exemples à toutes les générations, son humanisme, sa culture islamique aidant.
    Source : Archives Nationales du Sénégal : réf. dossier 13G68 1912-1913.

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  2. Waa kajoor

    Cëy Thiès!!! Merci Thièsinfo pour toutes ces infos sur notre belle ville. Thiès Kayes, benn dëkk niari gaar. Ca kanam dans un Sénégal indivisible et prospère par le travail de ses enfants!!!!!

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