août 24, 2017

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ECONOMIE : La finance ISLAMIQUE fait les yeux DOUX à l’Afrique

ECONOMIE  : La finance ISLAMIQUE fait les yeux DOUX à l’Afrique
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La capitale mozambicaine, Maputo, a abrité ce 10 juin la 40ème réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque islamique de développement (BID), le plus grand rassemblement économique islamique mondial selon le Dr Ahmad Mohamed Ali, le président du Groupe de la BID cité par le communiqué de l’African Press Organization. Conduite par Felipe Nyusi, le président mozambicain, avec l’aide de ses ministres et de hauts responsables du gouvernement et la participation des ministres de l’Économie et des Finances des 56 pays membres de la BID, cette réunion a réuni un grand nombre de représentants des secteurs public et privé des pays membres, des institutions financières internationales et régionales, des fédérations des entrepreneurs et des consultants, ainsi que des banques et des fonds de développement des pays islamiques.

Ce type d’événements ou initiatives témoigne de l’engagement de la BID à soutenir les efforts en faveur du développement de l’Afrique, a souligné le Dr Ahmad Mohamed Ali. Ainsi, la cérémonie de clôture de la réunion du Conseil des gouverneurs a été suivie de la signature de plusieurs accords de financement. Preuve que la finance islamique est devenue incontournable en Afrique. Né de l’éveil de l’islam politique, elle connaît depuis plusieurs années une croissance effrénée, plus importante que celle de la finance conventionnelle. Le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres organismes financiers internationaux estiment que les avoirs des banques islamiques ont été multipliés par neuf (9) à 1800 milliards de dollars entre 2003 et 2013, soit une progression de 16% par an. Ils dépasseraient actuellement les 2000 milliards. Ce secteur va encore doubler de volume à 4000 milliards de dollars en 2020, selon des experts.

Ouverte à tous, musulmans ou non, à condition de respecter les statuts et règlements prévus, la finance islamique regroupe l’ensemble des transactions et produits financiers conformes aux principes de la Charia, la loi islamique. Ces principes sont : la prohibition de l’intérêt, l’interdiction de la spéculation et de l’incertitude et le partage des pertes et profits entre emprunteurs et prêteurs. Dans le secteur financier, ces principes exigent un comportement « honnête » des partis comme le fait de ne pas profiter de l’inexpérience ou du manque d’information d’un des partenaires. De même, il est interdit d’investir dans des activités économiques jugées illicites telles que l’industrie du tabac, de la pornographie, de l’alcool et du vin, des jeux de loterie et de hasard, l’armement, ainsi que l’industrie porcine, bancaire et de l’assurance à l’exception de l’industrie Takafoul, l’assurance mutuelle islamique. Enfin, le système de la finance islamique interdit également de percevoir de l’intérêt, la « riba » en arabe (qui signifie montant excessif), fondement de la richesse des banques traditionnelles. Tout taux préétabli, fixe et positif, lié à l’échéance et au montant principal est assimilé au riba donc interdit. En somme, la finance islamique se veut d’abord une finance « éthique » et socialement responsable.

Disposant d’énormes réserves, les États du Golfe ont investis en masse sur le continent africain toujours à la recherche de financement, notamment dans les pays à majorité musulmane comme ceux du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest. Des pays qui ont commencé pour certains à émettre des obligations conformes à la Sukuk pour stimuler leur croissance et réduire leurs déficits. Ainsi, au lendemain du Printemps arabe, les pays touchés ont paru intéressés du fait, entre autres, de l’influence grandissante des partis politiques islamistes. C’est le cas par exemple en Égypte où les énormes besoins de financement ont poussé le gouvernement à adopter, en février 2013, un projet de loi autorisant les émissions d’obligations islamiques pour aider à financer les déficits du pays. De même, le budget de la Tunisie pour 2013 prévoyait le financement d’une partie du déficit public par des Sukuks.

L’Afrique du Sud, la banque centrale du Nigeria, le Sénégal et la Mauritanie ont également fait part, à l’époque, de leur intention d’émettre des obligations islamiques, selon Ernest & Young dans une étude  datant de 2012. Ainsi, le Sénégal qui avait alors envisagé de lancer un emprunt obligataire de 212 millions de dollars sur le marché de la finance islamique pour combler les énormes déficits en infrastructures socio-économiques, a annoncé en juin 2014 vouloir développer le projet « Sukuk, État du Sénégal 6,25% 2014-2018» qui a pour objectif de mobiliser un montant de 100 milliards de F Cfa auprès d’investisseurs intéressés d’acquérir des titres compatibles avec les principes de la finance islamique. De même, le Mozambique, qui a adhéré au Groupe de la BID en novembre 1995, a bénéficié des financements du Groupe de la BID d’un montant de près de 208 millions de dollars couvrant divers secteurs, tels que l’agriculture, l’éducation, l’énergie, la santé et le secteur routier.

En somme, pour des pays africains qui présentent d’importants déficits et des finances publiques mal en point, attirer des investisseurs étrangers via des Sukuks leur permet éventuellement d’accéder à de nouvelles sources de financement, à une nouvelle classe d’investisseurs et de financer des projets dans des secteurs clés comme les  infrastructures.

 

Source : Afrique Expansion

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