septembre 20, 2017

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BBY THIES

ECONOMIE : Une ANALYSE du secteur MINIER au Sénégal

ECONOMIE : Une ANALYSE du secteur MINIER au Sénégal

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Africa Corporate Finance, filiale de Paris Corporate Finance, cabinet de conseil en fusion et acquisition et Microeconomix, cabinet d’expertise économique, s’associent pour lancer Eco d’Afrique, une bibliothèque de référence en matière d’études sectorielles ciblées dans les pays de la zone UEMOA et CEMAC. La première étude, qui vient d’être publiée, porte sur le secteur minier au Sénégal.

Comparé à certains pays du continent africain tels que la Guinée, le Mozambique ou encore la République Démocratique du Congo, le Sénégal a longtemps été considéré comme un pays pauvre en ressources naturelles. Et pourtant, les phosphates et le calcaire constituent d’importantes ressources minières et de devises pour le pays depuis les années 1980.

Filière des PHOSPHATES, principale ressource minière du Sénégal

Le pays se situe parmi les 15 premiers producteurs mondiaux de phosphate. L’exploitation précoce de ces ressources s’est traduite par un épuisement progressif des gisements, qui a stimulé les activités de recherche. Cela a permis de faire de nouvelles découvertes, notamment d’un important gisement dans le département de Tivaouane (gisement de Pire Goureye) dont les ressources sont estimées à 19 millions de tonnes. Une part importante des phosphates extraits au Sénégal est valorisée sur place. Ils sont transformés en acide phosphorique et en engrais solides et sont ensuite en grande partie exportés, notamment vers l’Inde. Les exportations de phosphates marchands ont progressé de 80 % en 2014 et les perspectives de débouchés de la filière apparaissent bonnes grâce à la croissance de la demande mondiale en engrais.

La filière CALCAIRE soutenue par le dynamisme du secteur du BTP

De nombreuses carrières de calcaire sont exploitées au Sénégal ; les plus importantes se situant dans les régions de Dakar (gisements de Bargny et de Pout). Les ressources apparaissent significatives même s’il est difficile d’en fournir une estimation. Le calcaire est utilisé localement dans la production de ciment et de granulats par des entreprises intégrées à l’amont. La filière a connu une évolution favorable depuis une dizaine d’années grâce au dynamisme du secteur du BTP au Sénégal et dans la sous-région.Après un recul en 2013 lié en partie à la création de cimenteries dans les pays voisins tels que le Mali, les exportations de ciments du Sénégal sont reparties à la hausse, tirées par la demande régionale du bâtiment, et ont progressé de 19 %. Outre les phosphates et le calcaire, le Sénégal dispose de ressources minières significatives connues pour certaines de longue date mais dont l’exploitation est récente.

ZIRCON et ilménite, ressources minières d’avenir pour le pays

Les ressources en métaux lourds sont connues depuis de nombreuses années mais le Sénégal n’est entré que très récemment dans le club fermé des pays producteurs de zircon et d’ilménite. Le gisement de « Grande Côte » exploité depuis 2014 représente la 3ème plus grande réserve de zircon et d’ilménite au monde. Le français ERAMET et l’australien MINERAL DEPOSITS sont à l’origine du projet et ont investi 650 millions de dollars (un des plus gros investissements jamais réalisé au Sénégal). La production annuelle de la mine est estimée à 85 000 tonnes de zircon et 575 000 tonnes d’ilménite sur une durée d’au moins 20 ans. La mine devrait couvrir 7 % de la production mondiale de zircon. D’autres réserves de moindre importance, mais avec une forte teneur en métaux lourds, ont été trouvées en Casamance et pourraient être prochainement exploitées.

L’OR, une exploitation récente avec un fort potentiel

Les ressources en or du Sénégal ont été mise à jour plus récemment et leur exploitation industrielle ne date que de 2009. En plus de sa forte teneur, l’or sénégalais présente la caractéristique d’être exploitable à faible profondeur. Cela a permis au Sénégal de figurer aujourd’hui parmi les principaux pays producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, avec le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Côte d’Ivoire. Le métal précieux s’est ainsi hissé au rang de première source minière de revenus à l’exportation du Sénégal avec 10 tonnes d’or à l’état brut exportées en 2014. Les perspectives de développement de la filière apparaissent bonnes. Les activités d’exploration sont dynamiques et TERANGA GOLD, qui détient la seule mine industrielle du pays, vient d’obtenir le feu vert des autorités pour exploiter un nouveau projet aurifère.

Le FER, une exploitation tributaire des cours mondiaux

Des ressources minières importantes demeurent inexploitées. Il s’agit du gisement de fer de Falémé dans le Sud-Est du Sénégal à la frontière avec le Mali dont les réserves sont estimées à 750 millions de tonnes. Le gouvernement sénégalais est à la recherche d’un nouvel investisseur qui saura tirer profit de ce minerai maintenant qu’il a obtenu gain de cause dans le différend l’opposant à ARCELOR MITTAL. Les études réalisées sur la mine de Falémé montrent que la capacité d’extraction annuelle est comprise entre 12 et 15 millions de tonnes de minerai. A moyen et long terme, la mine constitue pour le Sénégal un actif central dont l’exploitation dépendra de l’évolution des cours mondiaux et du montage financier du projet. Son coût total a été estimé à un montant de 2,2 milliards de dollars, incluant la construction d’un port minéralier au Sud de Dakar ainsi qu’une voie de chemin de fer d’environ 750 km reliant la capitale au site minier. Ces deux infrastructures pourraient être construites grâce à un partenariat public-privé, ce qui déplacerait la rentabilité économique de la mine pour les investisseurs potentiels.

Une grande stabilité politique, conjuguée à la découverte de nouvelles potentialités minières, attire un nombre croissant d’entreprises sur le sol sénégalais, dont certaines ont une envergure mondiale. En témoignent les récentes de découvertes de nouveaux gisements et le dynamisme des activités de prospection minière. Si la baisse actuelle des cours mondiaux de matières premières, telles que le fer, remettent en question à court terme la rentabilité de certains actifs, le Sénégal dispose d’atouts à la fois sur le plan géologique et institutionnel permettant d’inscrire le pays à moyen et long terme comme une destination de choix en Afrique pour les investisseurs.

 

Source : Nathalie Daley, vice-présidente du cabinet Microeconomix)

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