ENDETTEMENT : Une Afrique qui CONSOMME… et S’ENDETTE !

ENDETTEMENT : Une Afrique qui CONSOMME… et S’ENDETTE !

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Alors que l’endettement des ménages canadiens en hausse de 22 points depuis 2007 (163% de leurs revenus au dernier trimestre) devient une menace, l’Afrique, avec l’explosion annoncée de sa classe moyenne et donc de la consommation, semble suivre le même chemin.

Selon une étude de la Banque africaine de développement (BAD) publiée fin octobre 2014, plus d’un (1) Africain sur trois (3) appartient désormais à la classe moyenne, après une décennie de hausse du niveau de vie qui va perdurer avec la forte croissance économique. Ainsi, 34% des quelque 1,1 milliard d’Africains, soit environ 370 millions de personnes, appartiennent à cette classe moyenne. Ce chiffre devrait atteindre 42% d’ici 2060. Le continent africain se présente donc naturellement comme la prochaine société de consommation mondiale, un marché inexploité qui fait saliver les multinationales mais surtout les banques.

Une étude de McKinsey datant de 2012 fait un portrait très révélateur de cette nouvelle réalité du consommateur africain : « Jusqu’à 30% des consommateurs les plus optimistes dans certains pays disent consommer plus fréquemment et acheter des produits neufs et plus chers. » Et pour ce faire, de plus en plus d’Africains ont recours aux banques pour des demandes de crédit, ce qui engendre encore davantage de consommation. Ces nouvelles habitudes n’ont évidemment pas échappé aux banques qui, au cours des dernières années, ont commencé à se bousculer aux portes pour accompagner ces nouveaux clients avides de consommation. L’accès au crédit fait partie aujourd’hui au même titre que le transfert d’argent via la téléphonie mobile, de ces nouveaux phénomènes qui contribuent à ériger le continent africain en véritable société de consommation de masse. À ce sujet, l’Afrique du Sud, 2e puissance économique en Afrique, constitue un bon exemple.

Dans ce pays où les inégalités sont parmi les plus criantes au monde, on voit dans les quartiers huppés ou sur les autoroutes une proportion étonnante de voitures de luxe. Les centres commerciaux sont bondés sept jours sur sept (7/7/…). Et les statistiques appuient ces constats : la consommation des ménages n’a cessé de croître sans interruption trimestre après trimestre depuis la récession de 2009. L’autorité nationale du crédit notait en même temps que les demandes d’emprunt étaient en nette augmentation (12% entre septembre et décembre 2012 par exemple), notamment auprès de la nouvelle classe moyenne noire  obligée d’emprunter juste pour joindre les deux bouts, subvenir à ses besoins de base. Elle a ainsi recours aux prêts hypothécaires, aux crédits pour l’achat d’automobiles et à toutes les autres formes de crédit.

En somme, la nouvelle classe moyenne et riche d’Afrique du Sud consomme avec frénésie, mais très largement à crédit. Ce qui n’est pas sans risque. Ainsi, en août 2014, la faillite de l’African Bank Investments Limited (ABIL), 1erétablissement bancaire sud-africain spécialisé dans les prêts sans garantie et 5e banque du pays, a révélé l’hypertrophie du secteur des crédits à la consommation. Après avoir reconnu des pertes record de 575 millions $ et un déficit de fonds propres de 600 millions, cette dernière doit être placée sous la tutelle de la banque centrale et sa cote s’effondre de 93% à la Bourse de Johannesburg après la démission du directeur général Leon Kirkinis. Pour éviter la faillite pure et simple, la banque centrale est donc contrainte de procéder au premier sauvetage bancaire de son histoire, acquérant près de la moitié du 1,3 milliard $ de crédits défaillants. Ce krach spectaculaire révèle les failles du miracle économique sud-africain, en proie à une version nationale de la crise des subprimes.

Fin 2013, la banque d’investissement américaine Goldman Sachs notait dans un bilan économique de la démocratie sud-africaine sur deux décennies, que l’endettement des ménages s’établissait à 75% de leurs revenus disponibles, contre 57% en 1994. Cette tendance au surendettement personnel était, selon elle, générée par la croissance du marché des prêts sans garantie, en augmentation de plus de 300% depuis 2007. Cependant, Goldman Sachs précisait que cette catégorie de prêts à risque (souvent de petites sommes allouées pour de courtes périodes moyennant de forts taux d’intérêt) ne représentait que 11% de l’ensemble des crédits octroyés. Par conséquent, les banques restaient à l’abri de tout risque systémique. Pas toutes les banques apparemment !

 

Source : Afrique Expansion

Negoce

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