septembre 20, 2017

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BBY THIES

FINANCE CLIMATIQUE : L’Afrique à la RESCOUSSE de l’Occident…et vice versa !

FINANCE CLIMATIQUE : L’Afrique à la RESCOUSSE de l’Occident…et vice versa !

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L’Afrique, qui contribue à seulement 3,8% des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde, est cependant le continent le plus vulnérable sur le plan économique face à ses conséquences. Une récente étude de la Banque mondiale sur le changement climatique révèle un scénario inquiétant pour ce continent. Ainsi, une hausse des températures de 1,5 à 2°C d’ici les années 2030 et 2040 entraînerait une réduction de 40 à 80% de la surface cultivable pour le maïs, le millet et le sorgho. Des céréales qui sont la base de l’alimentation africaine et constituent le principal apport calorique journalier dans les zones arides du Sahel et de la Corne de l’Afrique par exemple. Le réchauffement climatique aurait donc des conséquences dramatiques sur l’agriculture qui représente entre 30 et 40% du PIB et, le moyen de subsistance de 80% de la population africaine. On ne peut ainsi ignorer le lien entre l’agriculture et la sécurité alimentaire lorsqu’on évoque le changement climatique en Afrique.

Par ailleurs, la surface totale de zones arides sur le continent africain augmentera de 3%, toujours du fait du changement climatique qui affectera le cycle des précipitations avec plus de sécheresses et d’inondations. Les populations côtières de Guinée-Bissau, de Gambie et du Mozambique par exemple, seront confrontées à un plus grand risque d’inondations et de tempêtes. L’érosion des côtes constitue également une sérieuse menace pour les activités liées à la pêche, au tourisme et au commerce qui contribuent fortement au PIB du continent. Avec la montée du niveau des mers, des villes et villages du littoral, mais aussi des capitales et des ports en eau profonde, pourraient être engloutis. Selon des estimations récentes de la Banque mondiale, des pays tels que le Togo, le Ghana et le Mozambique pourraient perdre plus de 50 % du PIB de leurs régions côtières. Près de 30% de la faune des parcs nationaux d’Afrique subsaharienne risquent également l’extinction dans les 10 prochaines années selon les experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), ce qui affecterait bien évidemment le tourisme.

Par conséquent, l’Afrique espère bénéficier du faible montant de ses émissions pour attirer les capitaux étrangers dans le cadre du Mécanisme pour le développement propre (MDP). Ainsi, les multinationales, européennes en particulier puisque les Américains refusent de signer le Protocole de Kyoto, pourront obtenir des Africains des crédits carbone sous forme « de réductions certifiées d’émission » qu’ils pourront ensuite utiliser pour remplir leurs engagements chiffrés de limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour cela, il leur suffirait de multiplier les investissements profitables pour l’environnement dans les pays africains.

Cela d’autant plus que, pour aider les pays et les entreprises à atteindre leurs objectifs de réduction de GES, il a été mis en place un système international d’échange de droits ou crédits de GES. L’échange de ces droits d’émission, expérimenté en Europe de 2005 à 2007, est basé sur le système dit de « Cap Trade ». En résumé, chaque État a des objectifs individuels de réduction et impose à ses entreprises « polluantes » des quotas d’émission à respecter. Celles qui dépassent le seuil imposé devront acheter des droits sur le marché, et celles qui réduisent leurs émissions en revoyant leurs installations industrielles obtiennent des crédits qu’elles pourront revendre. Il s’agit là du marché carbone.

Selon le protocole de Kyoto, les entreprises peuvent, par exemple, acheter des crédits en investissant dans des projets de réduction d’émission de CO2 dans d’autres pays, notamment ceux en voie de développement. Le but étant de favoriser les investissements dans ces pays émergents qui polluent moins. Pour ce faire, ces entreprises peuvent avoir recours au Mécanisme de développement propre (MDP) qui consiste à investir dans des technologies permettant de réduire les émissions de GES dans ces pays. Ce mécanisme stimule l’investissement étranger et contribue aux transferts de technologies et au développement durable.

 

Ainsi, si les entreprises « polluantes » européennes utilisent le MDP, les conséquences devraient fournir à l’Afrique des retombées en termes de développement durable telles que l’amélioration de la disponibilité en eau, la réduction de l’érosion des sols et une meilleure protection de la biodiversité. Madagascar, par exemple, abrite 5% de la biodiversité mondiale et avant la crise politique qui a agité le pays, l’industrie de l’éco-tourisme pesait 500 millions de dollars, et enregistrait une croissance de 10% par an. On imagine aisément les opportunités d’affaires que cela représente pour des potentiels investisseurs. Mais cette île figure aussi sur la liste des pays les plus vulnérables au changement climatique, ce qui aura un impact colossal sur sa biodiversité. Si une entreprise étrangère décidait d’acheter des crédits carbones en y investissant grâce au MDP, ce serait du « gagnant / gagnant » pour les deux parties car la croissance verte représente, d’une manière générale, une véritable opportunité économique pour le continent.

 

 Source : Afrique Expansion

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