HANDBALL : Mbour mérite-t-il ses championnes ?

HANDBALL : Mbour mérite-t-il ses championnes ?

Le monde du handball mbourois est dans l’allégresse après le titre de champion du Sénégal remporté par les filles du stade de Mbour. Cette victoire historique a été acquise dans la douleur. En effet, la discipline a été délaissée et royalement ignorée par le Stade de Mbour, mais aussi les autorités locales. Un manque d’investissement qui n’honore pas la commune, le département.

Il y a des faits et dates qu’on inscrit de façon indélébile dans le registre de l’histoire. Et le dimanche 7 septembre 2014 fera sans aucun doute date dans l’histoire du sport mbourois et plus particulièrement du handball sénégalais. En effet, pour la première fois le championnat n’a pas été remporté par une équipe de la capitale. Cette prouesse porte la marque des filles de la section handball du Stade de Mbour. Ce succès a été acquis dans la douleur et l’esprit de dépassement. En effet, les Mbouroises ont fait face à de nombreuses difficultés. Les équipements et la logistique pour pratiquer ce sport n’ont jamais été au rendez-vous. Et pendant qu’elles suaient pour offrir à la commune, au département et même à la région de Thiès son premier titre dans cette discipline, la plupart des autorités les ignoraient royalement. « Les gens ne s’intéressent pas à cette discipline alors que Mbour a un potentiel fort. On se démène avec cinq ballons, les chaussures font défaut et le staff médical laisse à désirer. Et qui dit entrainement intensif dit possibilités de blessures, mais heureusement nous avons un kiné qui nous permet de prendre soin des filles », fait remarquer Pape Khayar Dieng, coach adjoint de l’équipe féminine du Stade de Mbour.

Cette même plainte a été exprimée par les joueuses. La bande à Aissatou Mané, capitaine de l’équipe, a souffert durant cette saison où elles comptaient sur le bout des doigts l’appui des autorités du département. « Les débuts étaient difficiles, mais avec le soutien du staff technique et des bonnes volontés, on a pu surmonter les difficultés et réaliser cette performance. La saison a été longue et marquée par des problèmes. On peinait à avoir des chaussures et des ballons, etc. », renseigne Mame Diarra Lo, la vice-capitaine.

En dépit de l’absence des moyens et de la qualité de l’adversaire, les Mbouroises ont triomphé ! Ainsi, cinq ans après leur montée dans l’élite du handball national, elles ont remporté pour la première fois leur titre de champion du Sénégal (27-25) aux dépens du Saltigué de Rufisque. Ces dernières perdent ainsi un titre qu’elles avaient décroché 6 fois depuis 2000. Une victoire acquise dans la douleur. Mais pour le coach adjoint du stade de Mbour, la douleur dans le processus de l’enfantement n’enlève en rien la beauté du nouveau-né. En effet, selon Pape Khayar Dieng, les filles ont réalisé une performance historique même si le parcours a été parsemé d’embûches surtout sur le plan financier et logistique.

Une discipline qui réclame sa place

Toute victoire mérite récompense. Et le monde du handball mbourois réclame équité, considération et respect pour le club. Les nouveaux champions ne veulent plus que leur discipline soit traitée en parent pauvre par rapport aux autres sections du Stade de Mbour. « Le handball est le parent pauvre comparé aux autres sections du stade de Mbour. Mais au regard de nos résultats, il est temps de reconsidérer la place accordée à cette discipline. Nous sommes la première section du Stade de Mbour à avoir amené un trophée de championnat. Et pour cela, il faut donner à cette discipline la place qu’elle mérite », martèle Ousmane Badji, trésorier général de la section Handball du Stade de Mbour.

Cette performance n’est pas un fait isolé encore moins un accident. Pour les pratiquants, Mbour regorge de ressources dans cette discipline. Il suffit juste qu’il y ait une feuille route validée par l’ensemble des acteurs et des moyens pour faire exploser ce potentiel. « Pour booster le handball au niveau de Mbour, il faut qu’ensemble on établisse une feuille de route. Il faut le minimum pour la pratique de cette discipline, à savoir des ballons, des chaussures et l’aspect médical. On n’est jamais allé voir le président du Stade de Mbour pour lui demander de prendre en charge les joueuses alors qu’il le fait pour des sections comme le football et le basketball. Le président réagit, mais tardivement et c’est insuffisant par rapport à nos besoins. À l’avenir, nous l’invitons à réagir à temps », suggère M. Badji.

 

 

source mbourinfo

Negoce

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