août 17, 2017

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INFRASTRUCTURES ET ENERGIE : Les DEFIS de l’Afrique

INFRASTRUCTURES ET ENERGIE  : Les DEFIS de l’Afrique

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Si l’ensemble des acteurs du domaine reconnaissent aujourd’hui les incroyables ressources minières du continent africain, il faut admettre que toutes les nations ne sont pas égales devant les milliards qui dorment dans leur sous-sol respectif. Le défi des nations émergentes est connu : offrir un meilleur accès à l’énergie et des infrastructures dignes de ce nom pour permettre aux multinationales de rentabiliser leurs énormes investissements.

Le sujet n’est certes pas nouveau, mais il est bel et bien toujours d’actualité. Pour preuve, la session de deux heures que lui a consacré le Congrès de l’ICM (Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole) tenu à Montréal du 10 au 13 mai, dans le cadre de Franco-Mine, une série de symposiums dédiés à l’activité minière en Afrique de l’Ouest. Au menu, dirigeants de grandes entreprises et acteurs clés du domaine politique qui ont longuement échangé sur les défis que représentent le développement des infrastructures et de l’énergie, éléments capitaux du futur essor minier de l’Afrique.

Invité de marque du Congrès de l’ICM, l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest, aujourd’hui associé au cabinet McCarty Tétreault, a de manière habile et humoristique parfaitement résumé la situation. «Qu’est-ce qui vient en premier, l’œuf ou la poule ? Aucune importance, car sans énergie, il n’y a ni œuf ni poule !»

Fort de son expérience sur le continent africain, d’abord diplomatique puis en tant que négociateur, M. Charest a dressé un portrait éloquent de l’Afrique. Taux de croissance soutenu depuis plus de 10 ans, démographie jeune et galopante, bassin énorme de population qui atteindra 4 milliards d’êtres humains à l’horizon 2100, 30% des réserves mondiales de minerais, urbanisation croissante qui appelle à l’investissement étranger; autant d’éléments qui doivent permettre à l’Afrique de vivre prochainement «ses trente glorieuses». Mais il y a un «mais». Alors que 75% de l’énergie consommée en Afrique l’Est au Nord et au sud, 600 millions d’Africains n’y ont toujours pas accès de manière stable et régulière. Le grand défi du continent, c’est là qu’il se trouve ! Un constat confirmé par Gordon Stothart, chef de la direction chez le géant canadien IAMGOLD.

«Pour qu’un investissement soit intéressant, il faut différents éléments : un dépôt minier de bonne envergure, idéalement situé dans une région politiquement stable, et des infrastructures permettant à la mine d’opérer. Des ports, des lignes ferroviaires, des routes et des capacités de communication efficaces, mais surtout un accès à de l’énergie à bon prix», a expliqué M. Stothart.

Citant son entreprise, le dirigeant a, chiffres à l’appui, démontré l’importance capitale que revêt un approvisionnement ininterrompu en électricité, et surtout son prix ! Chez IAMGOLD, l’énergie représente de 20% à 25% des coûts de production, une dépense majeure que l’entreprise tente de minimiser le plus possible. Alors qu’elle ne paie que 0,04$ du kilowattheure à sa mine de Westwood au Québec, elle doit en débourser 0,27$, près de sept (7) fois plus, à son installation d’Essakane au Burkina Faso. Dans pareil contexte, c’est la rentabilité même de l’exploitation qui est en jeu et, ultimement, le choix ou non d’exploiter la ressource.

SYNERGIE PUBLIC-PRIVE 

Le dilemme est partout le même : qui doit payer pour les infrastructures nécessaires ? La multinationale exploitant la ressource ou le gouvernement qui dote du même coup sa population d’ouvrages importants ? S’il est clair que l’implication de l’État est un puissant argument pour convaincre les entreprises de développer un projet minier, les entreprises n’en sont pas moins conscientes du rôle qu’elles peuvent et doivent jouer.

L’exemple de RioTintoAlcan en Guinée est à ce sujet éloquent et fait aujourd’hui office de référence dans plusieurs pays du continent. La multinationale a mis en place un comité préfectoral de développement qui réunit des représentants des 13 communes touchées par son développement minier. Ensemble, ils gèrent une taxe prélevée à même les revenus de la mine qui servira à la planification et la mise en œuvre de projets choisis par le comité. En cinq (5) ans, l’entreprise a versé 2,5 millions de dollars pour la réalisation de 130 infrastructures par et pour les communautés. Au total, c’est près de 300 000 personnes qui ont pu bénéficier des retombées directes des activités de RioTintoAlcan.

Retombées économiques, création d’emplois, contribution à la communauté; quand on parle de l’impact d’une multinationale sur une population donnée, on tombe forcément dans le domaine de la responsabilité sociale. Et si rien n’oblige une entreprise à s’engager dans la construction d’infrastructures durables et utiles au-delà de son exploitation minière, une telle pratique offre des avantages certains croit Sylvain Matte, ingénieur spécialisé dans l’investissement minier et l’aide au développement durable en Afrique.

«Quand une multinationale annonce un investissement de 100-200 millions de dollars, le chiffre frappe mais la population en voit rarement les retombées réelles, explique M. Matte qui travaille au Centre d’étude et de coopération internationale (CECI). Les mécanismes sont là, mais ça ne paraît pas toujours sur le terrain. Pour l’entreprise, il devient donc important d’être transparente, de payer ses impôts, de se doter d’une politique d’emplois et d’achats locaux. S’impliquer au niveau des infrastructures est donc une contribution directe à la communauté, une pratique qu’on doit saluer et encourager.»

La Côte d’Ivoire est un bon exemple de cette réalité minière qui nécessite infrastructures adéquates et énergie en quantités suffisantes. Visant l’émergence à l’horizon 2020, l’État ivoirien s’est lancé dans un vaste Programme national de développement (PND, 22 milliards de dollars) qui fait la part belle aux infrastructures routières et la production énergétique. Lignes ferroviaires et routières, mise à niveau des deux ports majeurs et doublement de la capacité énergétique du pays, voilà autant d’éléments qui ont contribué à séduire les investisseurs miniers qui prospectent désormais au pays des Éléphants.

Quand on regarde les différents succès africains, on réalise que tout est question d’équilibre. Un gouvernement engagé qui appui l’entreprise tout en dotant sa population d’infrastructures qui resteront bien au-delà de la durée de vie de la mine, et une multinationale soucieuse de bien faire les choses en s’assurant de laisser un héritage concret aux populations affectées par sa présence. Un partenariat gagnant-gagnant que tous ont intérêt à trouver !

 

Source : Afrique Expansion

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