BBY THIES

INVESTISSEMENT : ÉLECTRIFIER l’Afrique à coups de MILLIARDS

INVESTISSEMENT : ÉLECTRIFIER l’Afrique à coups de MILLIARDS

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À l’heure où l’Afrique est qualifiée de véritable trou noir électrique en raison de son manque de ressources en la matière, des projets titanesques voient le jour partout sur le continent. À la clé, des milliards de dollars injectés, des dizaines de milliers d’emplois créés et une capacité énergétique décuplée susceptible d’attirer les précieux investissements étrangers.

 

Les chiffres sont connus : sur le 1,5 milliard de personnes sur la planète vivant sans accès à l’électricité, plus du tiers (600 millions) se trouvent en Afrique, un continent où à peine un habitant sur quatre profite d’un approvisionnement constant en énergie. Si le problème est connu, les solutions le sont également et commencent à émerger. Du nord au sud, d’est en ouest, des projets de toutes sortes poussent afin d’électrifier un continent en manque de lumière.

Les projets sont effectivement nombreux, et coûteux ! On pourrait citer le barrage de Lom Pangar au Cameroun, pays possédant le deuxième potentiel hydroélectrique du continent, ou encore la centrale thermo-solaire de Ouarzazate (Noor I, II et III) au Maroc, deux chantiers appelés à transformer le paysage énergétique de leur État respectif. Mais quand on parle de méga projets dans le secteur de l’énergie, deux ouvrages en construction ressortent du lot.

LA RENAISSANCE ÉTHIOPIENNE 

Entamée en 2011, la construction du barrage de la Grande Renaissance sur le Nil Bleu éthiopien a beaucoup fait jaser, et pas toujours pour les meilleure raisons. Contesté par l’Égypte qui craignait de voir menacer ses ressources hydrauliques, l’ouvrage continue de pousser à la suite d’un accord finalement trouvé entre Addis-Abeba et Le Caire. Et pour l’Éthiopie, cette «Renaissance» a des allures de véritable délivrance.

La Grande Renaissance est appelé à devenir, au terme de sa construction en 2017, le plus grand barrage d’Afrique. Avec une capacité de production de 6000 mégawatts (MW), il permettra de consolider la croissance économique du pays en plus de permettre une exportation de l’électricité éthiopienne vers ses voisins que sont le Soudan, Djibouti, le Kenya, le Soudan du Sud ou le Yémen. Le coût total du projet avoisine les 5 milliards de dollars, un montant financé par le gouvernement éthiopien et par la diaspora grâce à l’émission «d’obligations barrage». Mais le coût en vaut assurément la chandelle : à terme, l’État anticipe des revenus dépassant les 2 millions d’euros… par jour ! Un puissant levier économique dans un pays qui cherche à rattraper son retard vers l’émergence.

Mais le barrage de la Grande Renaissance possède une particularité bien singulière. Il est construit pour l’Éthiopie, par des Éthiopiens. En entrevue avec Libération, le technicien de chantier Shirafaw Damte explique. «J’ai bâti deux barrages, mais celui-ci est historique. Vous voyez, ceux qui le construisent sont tous Éthiopiens.»  Effectivement sur les 8500 ouvriers qui s’activent sur l’imposant chantier, à peine 600 sont des expatriés venus d’Inde, des États-Unis ou de l’Italie. Une petite révolution dans la construction en Afrique, une façon pour l’Éthiopie de dire «pourquoi pas nous ?»

LA  DÉMESURE NOMMÉE INGA 

À l’opposé du continent, complètement à l’Est, un autre projet pharaonique suscite les espoirs les plus grands en République démocratique du Congo (RDC). Parler de «démesure» quand on évoque le futur barrage Grand Inga n’est pas exagéré. Deux fois plus puissant que le barrage des Trois Gorges en Chine, sa capacité à terme devrait atteindre 45 000 MW, soit cinq fois que l’imposant complexe Robert-Bourassa à la Baie-James.

Pour illustrer l’impact potentiel de Grand Inga, considérons seulement qu’une fois achevé, ce barrage monstre pourrait alimenter en électricité 500 millions de foyers, soit plus de la moitié du continent africain. Coût total de la structure à termes, 80 milliards de dollars financés par la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD) et le gouvernement congolais. On comprend donc que les entreprises et les consortiums se bousculent depuis quelques années déjà pour mettre la main sur les différents et très lucratifs contrats.

Mais avant de voir s’ériger Grand Inga, un autre ouvrage, Inga III, devra être aménagé. Extension d’Inga I et II, cette nouvelle centrale offrira 4800 MW supplémentaires à la RDC, l’équivalent de trois réacteurs nucléaires de troisième génération nous apprend l’Agence France-Presse, qui s’est entretenu avec le premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo. Même si les travaux ne commenceront pas avant 2017 et devraient durer cinq ans, ce dernier ne cachait pas son optimisme à la vue des dernières avancées.

«Il y a une certaine synergie aujourd’hui qui fait que le projet est dans un tournant décisif d’accélération, expliquait-il récemment à l’AFP. […] Nous avons revitalisé la structure ministérielle qui s’occupe de la gestion de ce projet. […] Nous multiplions les contacts avec les grands opérateurs, que ce soit à Paris, que ce soit à Washington ou en Chine

On le voit bien, ces énormes chantiers énergétiques sont appelés à transformer le visage de l’Afrique. D’abord en offrant des emplois de qualité aux populations, mais surtout en offrant l’énergie nécessaire pour booster la croissance économique sur le continent. Une avancée que l’Afrique attend depuis déjà trop longtemps.

 

Source : Afrique Afrique

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