octobre 19, 2017

La bouleversante histoire d’un jeune bachelier amputé des deux bras

La bouleversante histoire d’un jeune bachelier amputé des deux bras

Le jeune Mor Kandji avait de grands projets, de grandes ambitions pour sa famille. Mais en 2010, à seulement six (06) jours du Bfem, il a été, au moment de prêter main-forte au jeune frère de son papa, électrocuté par le courant. Un accident qui lui a entraîné une amputation de ses deux bras. Et loin de se décourager, le jeune garçon qui a pu décrocher, cette année, son Baccalauréat, demande une aide auprès de bonnes volontés  et de l’Etat sénégalais, le prix de ses appareils de même qu’une bourse étrangère pour continuer ses études. Récit ! 

«Je m’appelle Mor Kandji. J’ai 22 ans et je suis originaire de Kouyandé Kandji, un village situé à 30 km de la ville de Kaffrine. Mais pour les besoins de mes études, je vis au domicile du jeune frère de mon papa sis au quartier Escale de Kaffrine. En 2010, plus précisément le 11 juillet, alors que nous étions à 6 jours des examens du Brevet de Fin d’études moyens (Bfem),  mon tuteur (le jeune frère de son papa) qui préparait le baptême de son fils m’a, après une forte pluie, demandé de l’aider à installer des bâches dans la cour de la maison. A un moment donné, je suis monté sur la terrasse de la maison pour pouvoir lui remettre les barres de fer qui servaient de leviers aux bâches. Et par manque d’attention,  la barre de fer que je détenais dans les bras a touché les fils hautes tentions du poteau électrique planté devant notre maison. Soudain, le courant qui avait déjà pris le fer me projette violemment par terre. Là, aussitôt les membres de la famille qui m’ont apporté les premiers secours, m’ont vite conduit à l’hôpital régional de la ville d’où j’ai, par la suite, été évacué à l’hôpital El Hadji Ibrahima Niass  de Kaolack. Pendant ce temps, j’avais complètement perdu connaissance. Et quand j’ai retrouvé la mémoire sur mon lit d’hôpital, j’étais complètement gagné par de terribles douleurs qui me rongeaient  le cœur et mes deux bras étaient complètement calcinés. Quelques jours après, les médecins ont signifié à mes parents qu’ils vont devoir amputer mes deux bras. A l’annonce de cette triste nouvelle, c’était comme si le monde s’effondrait sur moi, car je venais de réaliser que je ne pourrais plus faire les examens du Bfem, encore moins poursuivre mes études. Des images commençaient déjà à se bousculer dans ma tête. Et en attendant ce jour fatidique, j’ai fini par perdre le sommeil toutes les nuits.

C’est ainsi que toute ma famille a réuni tout l’argent qu’elle disposait  pour assurer mes frais médicaux. Et  C’est d’ailleurs cette prise en charge médicale qui a ruiné mes parents. Et actuellement, ils ne sont plus en mesure de me payer, même une seule ordonnance. J’ai fait 1 année à l’hôpital El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack. Une année émaillée de souffrances, de mélancolies et sans études. Je n’avais plus goût à la vie et à chaque instant, je me demandais comment vivre sans l’usage de mes deux bras que j’ai perdus à jamais. J’étais très brillant à l’école. Mais bizarrement la volonté divine venait d’en décider autrement. Car je sais que je ne serais plus capable de réaliser mon rêve de changer la situation de mes parents dont les maigres moyens n’arrivaient point à satisfaire les préoccupations de la famille. Et, à ma sortie de l’hôpital, grâce à Mouhamadou Ndiaye, le chef de service Assistance Sociale de l’hôpital Ibrahima Niass qui m’a mis en rapport avec les sœurs de la Mission catholique de Kaffrine, j’ai pu obtenir d’une Ong italienne une prothèse que je mettais à mon bras droit et qui m’a permis d’ailleurs de me présenter au Bfem de l’année suivante comme candidat libre. Et par la grâce de Dieu j’ai pu  décrocher mon diplôme au premier tour. Seulement, l’utilité de cette prothèse est très limitée. Et cette réussite qui a créé une joie intense au sein de ma famille avait fini de me redonner du courage et une ferme volonté de continuer mes études pour changer la situation de mes parents qui avaient perdu tous leurs biens pour me soigner. Actuellement, mon papa est gravement malade et ne peut même plus assurer la dépense quotidienne de la maison. C’est ma maman qui s’active dans le petit commerce pour nourrir la famille bien qu’elle ne gagne guère grand-chose. Cette année, avec l’aide et l’assistance de Dr Ndiaye du service Assistance sociale de Kaolack et du pharmacien Badou Diop de Kaffrine qui a, durant 3 ans,  assuré mes frais d’inscriptions à l’école et autres charges scolaires, j’ai pu encore obtenir le Bac en Série L1. Mais la prothèse avec laquelle j’étudiais jusqu’ici n’a plus d’efficacité et s’est usée sous l’effet de l’âge. Elle ne servait qu’à tenir un stylo et écrire.

Cependant, pour faire mes besoins naturels, je suis obligé de faire appel à mes frères qui ne sont pas tout le temps avec moi. Même quand je voyage, je remets mon sac aux autres passagers pour qu’ils me l’ouvrent  et  me paient le billet. Mais, actuellement, mon plus grand souci est comment faire pour continuer mes études universitaires. Car je suis orienté à la Faculté de Droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et les nouvelles prothèses que les médecins m’ont prescrites coutent 10 millions de FCfa et se vendent en Tunisie. Depuis plus de 3 ans, je lance des appels aux autorités locales et étatiques pour me procurer ces nouveaux appareils, mais en vain. A Kaffrine, tous les responsables  politiques ont été informés de ma difficile situation, mais personne n’a voulu me recevoir chez lui, encore moins  m’apporter un soutien. Et du temps de Wade, les quelques personnes qui me soutenaient dans mon «combat» ont été en contact avec le ministre de la Famille d’alors et à qui elles ont exposé mon problème avec des papiers à l’appui. Mais, excepté les promesses non tenues, cette dernière n’a jusqu’ici rien fait pour alléger ma souffrance, sinon ranger mes dossiers dans les tiroirs. Pourtant, vu les instructions de l’ancien Président Wade, je ne comptais que sur elle pour voir ma situation changer et avoir les appareils adéquats à mon handicap. Tout ce que je désire maintenant, après moult tentatives sans succès, c’est que les bonnes volontés  m’aident à acheter, en Tunisie,  ces prothèses avec lesquelles je ne vais plus dépendre de l’aide des autres pour étudier, mais surtout faire mes besoins naturels. Et à l’Etat sénégalais, je lui sollicite fortement  de m’octroyer une bourse étrangère pour pouvoir poursuivre mes études à l’étranger afin de mettre un terme à la souffrance de ma famille qui vit actuellement dans la misère.»

 

 

source l’observateur

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