LACRIMA-NABY (Texte Littérraire Inédit liè aux Attentats de Charlie-Hebdo)‏

LACRIMA-NABY (Texte Littérraire Inédit liè aux Attentats de Charlie-Hebdo)‏

Et Mouhammad Pleura !
Mouhammad Rassoulloulah Pleura !
-Non pas, sur cet Anodin papier Plaisantin, celui là
Des noirs traits du crayon léger, Innocemment, gribouillé
Mais l’Aura Irradiant là-bas, depuis la Sainte Mosquée –
Car Mouhammad est un Homme
Fût-il, d’entre les Hommes
Le Meilleur, parmi les meilleurs
Fût-il même un Prophète-messager
Et d’entres les Prophètes-messager
Le plus Haut Gradé, Le tout Dernier de ses Congénères
Ayant Parachevé ces Trois Tomes Complémentaires
Clos cette lignée de Lumière
Et Monté, seul, une Nuit, jusqu’à l’acmé de l’Ether…
Mouhammad n’en a pas moins un cœur
Fût-il même l’Unique Cœur Immaculé
Car grandement Ouvert, puis dans de l’Or Lavé
A l’écart du regard de La Nourrice Généreuse
Non loin de sa douce fratrie de lait Bienheureuse
Dans sa toute prime enfance, à l’Appel Elevé Prédestinée
Où son Cœur, si Noble, déjà, fut malgré tout
‘’ Débarrassé d’un bien lourd Fardeau ‘’
Purgé de toute Impureté Innée…
Et plus tard, à l’aube de sa Quarantième année
Dans l’Auguste Silence d’une Grotte d’ermitage
Là-haut, tout près des nuages
S’Etablit alors, en son Sein si Pur, et combien Préparé…
La Parole, un Livre, un Sceau, une Mission…
Aux cotès d’un puits insondable de Sensibilité et d’Humanité
Intarrissable …!
Ainsi donc, Mouhammad Pleure !

Mouhammad Pleure !
Et quelle Grandeur d’âme que de verser des pleurs !
D’avoir un cœur qui se mord, qui tord si fort
Ses innombrables fibres endolories
Et qui, tout spongieux, essore alors
Ainsi sa Lancinante Douleur
Face à l’Opprobre Ignoble, à l’Humaine Aliénation… !
Oui ! Mouhammad Pleure !

Mouhammad Pleure sa Grande Douleur !
Devant ces Torrents de Sang effervescents
Versés impassiblement, du levant au couchant
Convergeant de par les cinq continents ;

Devant ces chaudes éclaboussures incarnates
Cà et là projetées, sur nos visages glacés
Frappés de l’effroi les noirs traits
Et où pendent des caillots coagulants
Aux cotés des lambeaux de chair tout suintants…

Devant ces monceaux de foie, poumons
Cœurs et viscères… arrachés
Tous ces organes pantelants, déchiquetés
Si loin des points de déflagration, éparpillés…
Ces têtes innocentes froidement décapitées
Ces corps émasculés, démembrés
Aux milles impacts béants, criblés
Là gisant, giclant du peu de sang leur restant…

Sa Grande Douleur !
Devant ces victimes, passantes insouciantes
Rendues, en un temps succinct, inconscientes…
Ces cadavres calcinés, tout carbonisés
Au loin, encore fumant
Qu’écrasent d’un pied lourd et aveugle, leurs bourreaux
Pour qu’il ne reste d’eux, que cendre et terreau…
Cendre et terreau combien inconvenants
Que le Vent, lui, si décent
Aura même la pudeur de disséminer…
Laissant là, ce tas d’amoncellement incommodant
Orné, funestement, de quelques dents fendues
De mâchoires éclatées, de crânes fracassés
Et d’os noircis tout morcelés…
Là sous nos yeux horrifiés, à tout jamais
Cette vision d’Hécatombe Apocalyptique
De ce tableau vivant, que dis- je !
De cette Nature-morte, bien Macabre et Barbare
Œuvre Magistrale et Abominable
Barbouillée de couleur rouge-sang et noire-carbone…

Voilà donc, hélas ! tout mué par la main indigne si maligne
De l’Homme, de ce qui est resté de l’Œuvre Parfaite, elle,
Jadis, si Sublime de Dieu, avant l’abject massacre !
Ainsi donc, Mouhammad Pleure !

Et quoi ! Mouhammad Pleure sa Violente Douleur !
Devant toutes ces veuves violées, ces veufs esseulés
Ces orphelins éplorés, abandonnés, déshérités
Ces filles nubiles, sur le chemin des classes, kidnappées
Vendues à vil prix, ou contraintes de se marier…
Cette petite sœur brave, ‘’ Nobel’’ au Noble Combat légitimé
Dont la vie, fut rien que pour ça, sauvagement attentée
Et le visage si juvénile, à tout jamais, défiguré…

Devant l’atrocité de l’image, de ce pauvre frère
Mis, comme une bête, en cage, et vif immolé
Aux yeux du monde scandalisé, et ceux de ses parents anéantis
Sans qu’il ne puisse même fuir vers sa douloureuse mort…

Sa Violente Douleur !
Devant ces jeunes enfants manipulés, et de force, enrôlés
Pour de vrais Faux-combats qu’ils prennent pour de vrais jeux
Et à qui l’on donne kalachnikovs et autres armes de guerres
Qu’ils supposent simples fusils à eau, passifs et inoffensifs
Avec pour ordre d’exécuter, de leur main si blanche
Des otages injustement condamnés…
Où encore, ceux-là, hommes et femmes matures, lobotomisés
A qui l’on a munis de lourdes ceintures camouflées
Bourrées d’explosifs, de clous et d’écrous – projectiles infaillibles ! –
Que l’on envoie, non pas querir le savoir, et Chérir autrui et la Vie
Mais se faire exploser, et tuer sur des places publiques
En contre partie d’un improbable ‘’paradis ‘’….

Sa Violente Douleur !
Devant ces pères, mères, frères et sœurs séparés, disloqués
Ces foyers brisés, ces bébés arrachés de leurs étreintes puériles
Du sein nourricier et du giron de leur maman adorée
Ces grands-pères, grands-mères éloignés de leur soutien si précieux…
Tous ces hommes, femmes et enfants, vieux et vieilles persécutés
Contraints de s’exiler ailleurs, loin de leur terre millénaire
Vers un quelque-part où nul ne sait, à travers le désert
Les montagnes, butant contre le roc brûlant
S’enfonçant dans le sable en feu des dunes se mouvant…
L’un après l’autre boitillant, bien avec peine,
Vers des mirages miroitants…
Certains portant sur le dos, mômes et vieillards mourants
Qu’ils abandonneront bientôt, à mi-chemin
Sous une lourde pierre, pour de bon, dormants…

Sous le bras de quelques autres, un ou deux souvenirs
Sauvés des ruines et du razzia…
Dans leurs gorges à tous, sèches, une flamme qui lèche
Dans leurs ventre creux, le vide et mille nœuds
Au devant, l’inconnu, sinon les abords de la mort
Derrière eux, la mort aussi, qu’ils ont pourtant fui
Mais qui, sans lasse, soit les poursuit
Soit les attend, patiemment tout devant…
Nulle échappatoire, hélas !

Au même moment, d’autres encore, plus proches des côtes
Prennent le large, livrant ainsi, n’ayant point meilleur choix
Leur lamentable destin à d’ignobles passeurs
– Piètres Profiteurs ! Monnayeurs du Grand Malheur ! –
Les voila agglutinés par centaines et milliers
Comme au temps des sombres négriers
Au fond des cales exigues de vieux bateaux de pêche
Dans la chaleur, le jour, et le froid, la nuit
Dans la puanteur repoussante des vomis, de la maladie…
Mêlée à l’exhalaison suffocante du moteur ronronnant
Sans eaux, ni victuailles, abandonnés, sans nul au gouvernail
Tanguant, à la dérive, dans la gorge profonde des flots si voraces
A des miles de ce factice ‘’paradis’’ promis
Vendu contre leurs ultimes économies
Et que la plupart ne verra jamais sauf…

S’ils n’ont été, en chemin, balancés, inertes, par-dessus bord
Les vagues, en furie, les ont ensemble ballottés, sabordés
Puis mangés, vifs, avant de les déglutiner vers le rivage paisible
Où plusieurs d’entre eux gisent sous la brise
Si loin de leur terre, de l’enfer et de la méprise…
Là, sur la plage blanche, caressé par l’écume dense
Un enfant dort, couché à plat ventre, souffle évanoui
Bouche entrouverte, il rêve du sein de sa maman
Engloutie, elle, avec d’autres, plus tôt par les eaux…
Insoutenable scène ! Glaciale Image !
Gravée à jamais dans la mémoire d’un monde Ehonté.

Là-bas, quelques rescapés, le corps transi
Enveloppé dans des couvertures de survie
Le regard perdu, s’abandonnent à des anonymes
Sous d’amples combinaisons, nez masqué, mains gantées
Samaritains d’un jour…

Pour eux, un autre voyage commence, tout aussi hasardeux :
Après celui des étendues houleuses et hadales
Voici entamé celui des immensités continentales
En ses innombrables chemins de Désillusion brumeux
A travers les vastes prés venteux, les champs neigeux
Le long des interminables voies ferrées
Des lacérants murs de barbelés ondulés
Entre deux frontières fermement verrouillées
Près de l’entrée du tunnel étroitement surveillée
Sous les bâches des camions lourdement chargés
Que conduisent des chauffeurs enragés
Dans le fond des wagons, des voitures
Dont les moindres recoins sont fouillés…

Voyages combien chaotiques, s’aboutissant
Pour la plupart, soit derrière les grillages
Des camps de rétention surpeuplés
Soit dans les abris dénués, des ghettos
Aux abords des cités, soit dans les dédales implacables
Des grandes villes impassibles, sujets au rejet
Au racisme, au fascisme, au nazisme
A la xénophobie ou à l’islamophobie…
Mouhammad ne peut ainsi que Pleurer !

Pleurer son Ardente Douleur !
Devant toutes ces chaumières réduites en poussière
Ces terres brulées, ces biens incendiés, ces champs saccagés
Ces hauts minarets mitraillés, ces dômes pilonnés
Ces cimetières taggués, vandalisés, profanés
Ces mausolées séculaires transgressés puis déboulonnés
Ces musées, monuments et sites archéologiques pillés
Vidés de leurs vestiges historiques, voire préhistoriques
Que d’objets magnifiques et reliques antiques bradés !
Manuscrits anciens et livres saints déchiquetés, puis flambés…

Tous ces patrimoines culturels universels
Laissés par des mortels, et légués à l’intemporel
Dégradés, effacés, en fumée, annihilés…
De si beaux pans entiers, d’un conte dans le temps figé
Jusqu’ici préservés, et transmis de génération en génération
Clos à tout jamais !
Palmyre, Ohms, Aleb, Saana,Tombouctou, Gao…
Toutes muselées, amputées…!

Ecole, Université, Marché, Supermarché
Terrasse, Grand-Place, Bureau, Salle de Spectacle
Gare, Aérogare, Plage, Hôtel, Musée
Hôpital, Mosquée, Eglise, Synagogue…
Dans les véhicules, les bus, les trains, les bateaux, les avions…
Par tous ces lieux, la même Souillure Rouge !
Le même Sang d’Homme, versé par des ‘’Hommes’’
Au nom d’un Homme, qui pourtant aime le plus l’Homme
Car Il ne fut que pour Guider, ainsi Sauver l’Humanité
Tout entière, s’il le pouvait !
Intercéder, seul parmi tant ! pour la mener à l’unanimité
S’il le pouvait, vers la Meilleure des Destinées.

Mais voila ce qu’ils firent de ses sujets
Raison de sa Noble Mission ;
Voila comment Travesti, ainsi Trahi
L’objet de sa véritable Profession
La nature profonde de sa Confession
En son Nom…
Stupide Quiproquo ! Absurde Tragédie !
Ainsi, Mouhammad Pleure !

Mouhammad Pleure, Oui !
Mais n’est point Charlie
Ni Kouachi, encore moins Coulibaly !
Car Mouhammad Rassoulloulah
C’est non Un (01) mais Deux Cent Un (201) Noms
Dont certains semblables aux Attributs d’Allah
Car il est un Miroir de sa Perfection !
Deux Cent Un (201) Grands Noms
Symboles tirés, tous, de la quintessence même
De son Incomparable Personnalité
De ses Traits de Caractère, à nul autre Pareil
De son Inégalable Œuvre
De son Incommensurable Action
De son Unique Destinée…

Hélas, à la vue de ce qu’il est advenu du monde
De son Identité l’Usurpation Profonde
Mouhammad, par deux fois mon si Doux Homonyme
Pleure sa Virulente Douleur !
Derrière lui, comme jadis à Médine
Des Milliards de musulmans, ceux là les Vrais !
Qui, seuls, se Souhaitent et se Saluent, mutuellement
A longueur de journée, par le si cher vocable : ‘’Salaam !’’
Ce à quoi tout Musulman et tout Homme doit Aspirer : ‘’PAIX !’’
A tel enseigne que le monde tout entier
Devrait Partager ce même Salut, qui deviendrait alors Universel
Le Vivre pleinement, mais aussi le Cultiver profondément
Ceux là donc qui, en rang serré, tout en silence, avec lui Pleurent
Tant ! tant, que le niveau des Mers et Océans affleure.

Et pourquoi de cela s’offusquer ?
Qu’est Pleurer, sinon Prier ?
Qu’est Prier, sinon Pleurer ?
Ainsi, fort heureusement
Mouhammad, Aleyhi wa Salaam !
De par son Admirable ‘’Calame’’
Pleure et Prie pour nous, Pauvres Pécheurs !
Ainsi l’Espoir en la Rédemption Demeure .

Mouhamadou Moustapha FAYE
‘’ FayTafaa ‘’
Thiès, Sénégal, Janvier 2015 — Maouloud 2015
Du même Auteur : ‘’ Entre Deux Cieux ‘’ Recueil de Poèmes, 2014
chez ‘’ Les Editions Damelles ‘’ du Sénégal .

Negoce

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