août 21, 2017

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L’AGRICULTURE AFRICAINE : « le hold-up » des TERRES

L’AGRICULTURE AFRICAINE : « le hold-up » des TERRES

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Depuis le début des années 2000, l’Afrique a vu ses terres agricoles prises d’assaut par de nombreuses multinationales privées et gouvernementales venues notamment des pays émergents d’Asie et du Moyen-Orient. Des pays qui, pour répondre aux besoins de plus en plus croissants de leur population en produits miniers et alimentaires, se sont ainsi lancés dans une course effrénée de rachat massif et continu de millions d’hectares de terres agricoles du continent africain. Avec 37% des terres arables de la planète, l’Afrique est donc devenue l’objet de toutes les convoitises, faisant de cette question de la propriété des terres, un enjeu majeur sur le continent.

Ces acquisitions ont augmenté à une vitesse vertigineuse depuis la crise financière mondiale de 2008 qui a ravagé beaucoup d’économies dans le monde. Selon une étude menée par l’Agence allemande de coopération technique et recensant les transactions portant sur des superficies supérieures à 5000 hectares réalisées entre 2000 et 2009, 22,17 millions d’hectares de terres ont ainsi été acquis par des investisseurs étrangers dans 18 pays africains. Le Mozambique avec 10,28 millions d’hectares convoités, arrive en tête des listes des pays les plus ciblés par ces nouveaux investisseurs, suivi par la République Démocratique du Congo (3,04 millions d’hectares) et le Soudan (2,24 millions). Ces chiffres sont loin d’être exhaustifs, prévient l’étude, du fait de l’opacité qui règne dans ce secteur. Ainsi, plusieurs experts, en particulier ceux de  l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao),  ramènent le chiffre du volume de transactions foncières sur le continent ces dernières années, à plusieurs dizaines de millions d’hectares.

Face à ce que beaucoup appellent « le hold-up » des terres africaines, les associations locales ainsi que les organisations non gouvernementales (Ong) internationales telles qu’Oxfam, ont commencé à tirer la sonnette d’alarme en direction des dirigeants africains pour les alerter sur « l’impact négatif sur le bien-être et la sécurité alimentaire des populations locales » de ce type de transactions. L’Ong  britannique s’inquiète que ce phénomène d’accaparement des terres africaines ne laisse sur le carreau de nombreux petits agriculteurs sur le continent, en les tenant à l’écart des négociations. Ainsi, les contrats conclus directement entre les États africains et les investisseurs étrangers sont loin de constituer des opportunités pour les paysans dépossédés de leur terre. C’est pourquoi les Ong et les experts appellent ces États à protéger les populations locales et les agriculteurs contre de mauvais contrats, en préconisant l’adoption d’un code de conduite international qui permettrait de mieux réguler les accords et protégerait ces populations. « Reconnaître et renforcer toutes formes de droits de la terre, dans le but de s’assurer l’accès des communautés aux ressources naturelles dont leur bien-être dépend, doit être une priorité » pour ces gouvernements, recommandent les experts d’Oxfam. Cela d’autant plus que la majorité de ces nouveaux investissements est orientée essentiellement vers l’exportation.

Selon le directeur du Fonds international de développement agricole, « réalisés de la bonne façon, ces accords peuvent apporter des résultats positifs pour toutes les parties et être un outil de développement », c’est-à-dire permettre aux petits producteurs de rester propriétaires de leurs terres tout en augmentant leur production avec l’aide d’investisseurs étrangers, inciter les gouvernements à négocier des meilleures conditions pour leurs populations, indemniser les propriétaires expulsés, etc. Car le phénomène va continuer à s’accentuer, prédisent ces experts, ce qui va forcément entraîner des transformations économiques et sociales sur le continent africain.

 

Source : Afrique Expansion

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