août 21, 2017

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L’AGRICULTURE AFRICAINE : Un état des lieux ALARMANT

L’AGRICULTURE AFRICAINE : Un état des lieux ALARMANT

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L’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uémoa) avait annoncé avoir accordé une aide de 10 milliards F Cfa (soit un peu plus de 20 millions de dollars) à cinq (5) de ses huit (8) pays membres (Burkina, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sénégal) touchés par l’insécurité alimentaire, à cause de l’insuffisance des pluies durant la dernière saison agricole. L’Uémoa a également décidé que la Banque Ouest africaine de développement (Boad) financera, « sous forme de prêt » des projets agricoles, à court terme, à hauteur de 12 milliards F Cfa (plus de 24 millions de dollars). Les ministres Ouest-africains se sont ainsi engagés à « poursuivre les efforts de prise en compte dans les budgets nationaux, du financement de l’agriculture (…) pour assurer l’autosuffisante alimentaire de l’Union ». L’agriculture qui représente pour certains une des bases de l’économie africaine a toujours été perçue comme la clé du développement économique du continent. Un continent où les trois quarts de la population travaillent dans le secteur agricole qui fournit ainsi près de 60% des emplois même s’il ne contribue que pour très peu à son PIB (autour de 17%) et ne nourrit que deux tiers de la population. Et pour cause, essentiellement composée de petites exploitations artisanales, l’agriculture africaine est avant tout vivrière. Non seulement, elle ne sert globalement qu’à satisfaire les besoins locaux, mais de plus, sa production n’a cessé de baisser ces dernières décennies tandis que la population est quant à elle en constante augmentation. De 1,05 milliard estimé en 2011, elle devrait passer à plus de 1,8 milliard en 2050.

Le défi pour beaucoup de pays africains, d’atteindre une croissance annuelle de 6% de la productivité agricole d’ici 2015 afin de pourvoir aux besoins alimentaires de l’ensemble de la population de la région, paraît donc quelque peu illusoire à certains. Cela d’autant plus que jusqu’à présent, beaucoup de pays en Afrique ont toujours favorisé les cultures de rente développées pendant la période coloniale et destinées à l’exportation. On peut ainsi citer le cas du Ghana, du Mali et du Kenya, tributaires respectivement de l’évolution des cours mondiaux du cacao, du coton, et du thé. Des cultures souvent inadaptées aux sols africains dont beaucoup comme au Sénégal (la monoculture de l’arachide a fortement abîmé un écosystème déjà fragile) ont subi des dégâts presque irréversibles. Viennent s’ajouter à cela, des contraintes biophysiques comme la sécheresse, l’épuisement des éléments nutritifs des sols, en plus du changement climatique qui pourrait constituer un danger supplémentaire pour les systèmes de production.

Cependant, nombreux sont ceux qui partagent le point de vue de la ministre nigériane des Finances Ngozi Okonjo-Iwealalor qui a affirmé lors d’une table ronde sur la sécurité alimentaire pendant le Forum économique mondial à Davos, en Suisse (du 25 au 29 janvier 2012) : « L’Afrique est parfaitement capable de se nourrir elle-même ». De même, le    Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) estime que le continent « a le potentiel pour devenir un important producteur et pour assurer sa sécurité alimentaire », à condition évidemment d’augmenter considérablement ses réserves de produits vivriers et sa production agricole. Le continent africain est en effet la seule région du monde où la production agricole par habitant a baissé au cours des trois (3) dernières décennies. Non seulement le continent ne produit pas assez pour nourrir sa population, mais il n’a pas non plus les ressources suffisantes pour importer les aliments qui combleraient l’écart ainsi creusé. En comparaison, l’agriculture américaine, bien qu’elle ne contribue que pour 2% au PIB national et n’emploie que 3% de la population active, a su relever le double défi de satisfaire à la fois les énormes besoins des 272 millions d’Américains et d’assurer les exportations agricoles considérables du pays.

Pour autant, il existe tout de même certains pays comme le Malawi et le Rwanda qui font exception. Ainsi, le premier est passé d’un pays à déficit vivrier en un pays exportateur de denrées alimentaires avec une production en excès par rapport à la consommation nationale pendant quatre (4) années consécutives tandis que l’agriculture du second a connu des croissances de 13 et 17% respectivement en 2008 et 2009.

 

Source : Afrique Expansion

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