BBY THIES

« le Président Mamadou Dia ne mérite pas l’honneur que lui a fait le conseil municipal de Thiès ». Voici La réplique de Kadialy GASSAMA, Economiste

« le Président Mamadou Dia ne mérite pas l’honneur que lui a fait le conseil municipal de Thiès ». Voici La réplique de Kadialy GASSAMA, Economiste

NON ISSA SALL, LE PRESIDENT MAMADOU DIA N’ETAIT PAS UN PUTSCHISTE, MAIS, UNE VICTIME D’UN COMPLOT POLITIQUE

Dans l’hebdomadaire « nouvel horizon » (NH) N° 967DU 13 au 19 Aout 2015, l’éditorialiste Issa Sall considère que le Président Mamadou Dia ne mérite pas l’honneur que lui a fait le conseil municipal de Thiès en prenant une délibération pour baptiser la place de France de Thiès, place Mamadou Dia, la région de Thiès qui fût le théâtre de plusieurs luttes syndicales contre le colonialisme où le Grand Maodo est originaire. Quelle symbolique ! Pour appuyer sa thèse, le directeur de publication de l’hebdomadaire soutient que Mamadou Dia était un putschiste et qu’il serait une « forfaiture » que de donner le nom d’une place, d’une rue ou d’un édifice au Sénégal à un putschiste. Rappelons que le père de Mamadou Dia fût cheminot et syndicaliste à Thiès avant de devenir policier à Khombole où le futur Président du conseil du gouvernement du Sénégal, lui-même syndicaliste, naquit. C’est dire que le conseil municipal de Thiès dirigé par le maire Talla Sylla a les totales prérogatives historiques, sociologiques et la légitimité de légiférer en faisant honneur à un fils du terroir. Rappelons que le mouvement syndical a été à l’avant-garde des combats politiques pour la libération de nos états sous domination coloniale et Thiès fut un bastion de l’éclosion des mouvements syndicaux pré et post indépendance.
En voulant aller à l’encontre d’une décision souveraine d’un conseil municipal, le directeur de publication de nouvel horizon voudrait réveiller les plaies de l’histoire du Sénégal et briser la paix des cœurs, après que cet épisode sombre de notre cheminement politique fût fermé avec la loi d’amnistie e qui s’en est suivie sous l’initiative du Président Senghor en faveur du Prédirent Mamadou Dia et votée par la même assemblée nationale qui l’avait mis en accusation.
Quel usage fait le directeur de publication de « nouvel horizon » d’une loi d’amnistie ? L’amnistie interdit quiconque de revenir sur des accusations portées contre l’amnistié, encore que le Président Senghor lui-même avait eu à confier à des proches qu’il avait voulu dans son intime conviction libérer Mamadou Dia dès sa première nuit passée en prison, mais, que la France l’avait voulu autrement pour la sauvegarde de ses intérêts au Sénégal.
Le Président Maguette Lo, le général de corps d’armée Jean Alfred Diallo et le Président Ousmane Camara qui étaient tous des senghoristes et acteurs principaux des événements de 1962 ont eu à faire des témoignages poignants disculpant le Président Mamadou d’être l’auteur d’un putsch. Le journaliste d’investigation Abdou Latif Coulibally avait démontré éloquemment dans de nombreux articles comme tant d’autres citoyens du Sénégal et de ce monde, comment un complot a été oudi contre le Président du conseil du gouvernement du Sénégal qui avait tous les pouvoirs par le concours de politiciens compradores de l’époque. A la question du président de la haute cour de justice qui avait jugé le président Mamadou Dia : « avez tenté des manœuvres pour renverser le Président Senghor en bloquant le vote sur la motion de censure ? »Le président Mamadou Dia répondit en disant qu’il n’en avait pas intérêt, dès lors qu’il avait tous les pouvoirs. Le Sénégal et le monde comprirent que les conspirateurs étaient du camp de ceux qui avaient intérêt à ce que l’ordre constitutionnel du Sénégal changea pour un régime politique de type monarchique (constitution de 1963). Mamadou Dia voulait un dialogue politique avec Senghor pour dénouer une crise superficiellement fomentée et attendait ce dialogue, tandis que certains politiciens compradores à la solde de capitalistes Français opéraient des manœuvres sourdines dans les couloirs pour enlever tous ses pouvoirs. La question que le directeur de publication du nouvel horizon devrait se poser est de savoir : Quelle légalité et quelle légitimité vis-à-vis d’ une décision prise par un groupe de députés réunis hors du siège de l’assemblée nationale dans un lieu privé pour légiférer et voter un renversement de gouvernement ,fut-il le domicile du Président de l’assemblée nationale de l’époque, le Président Lamine Gueye ? Les juristes vous diront aucune légalité ! Mais, ne revenons pas profondément en arrière pour rouvrir un procès après une loi d’amnistie, procès dont le cours de l’histoire qui est le meilleur juge a rétabli les vérités cachées par de nombreux témoignages.
Toutefois, pour la mémoire collective ,rappelons que le président Abdou Diouf ,jeune gouverneur à l’époque la région du Sine Saloum que le directeur de publication de nouvel horizon évoque dans son article était le seul gouverneur à avoir refusé de signer l’acte d’allégeance à Senghor, lequel refus lui a valu d’ailleurs une mise à l’écart ainsi que le président Abdoulaye Wade (qu’il a cité également dans l’article) qui se constitua d’office pour défendre le Président Mamadou Dia lors de son procès .Aussi bien le Président Senghor, le Président Abdou Diouf et le Président Abdoulaye Wade nourrissaient une grande estime et une grande considération à l’endroit du Président Mamadou Dia qui confia à ses proches que son retrait pendant douze années sur les hauteurs des monts de Kédougou était une aubaine pour se rapprocher de son créateur et de ses amis diakhanké du Boundou et de la Guinée. Soutenir que ces trois Présidents étaient hostiles au baptême d’une rue, d’un édifice ou d’une place du nom de l’illustre fils du Sénégal Mamadou DIA n’est put être qu’une vue d’un esprit partisan.
Sénateur, puis député à l’assemblée nationale française de 1949 à 1958 où il devient vice président du grand conseil du gouvernement du Sénégal, Mamadou Dia était favorable à une rupture avec la communauté française que le Général Charles De Gaule proposa la même année aux pays de la France d’outre mer, alors que Senghor voulait conserver le Sénégal dans la communauté. Cet esprit nationaliste et panafricaniste du président Mamadou Dia était perceptible du mauvais œil par les colonialistes et néo colonialistes ainsi que leurs collaborateurs locaux. Nous avons vu la suite avec la signature des l’actes d’indépendance d’abord de la fédération du Mali, puis, du Sénégal, faisant de Mamadou Dia, qu’on le veuille ou non, le père de l’indépendance du Sénégal. Le conseil municipal de la grande ville de Thiès a parfaitement le droit, mais aussi le devoir de distinguer un fils émérite de leur terroir qui a tant œuvré pour notre indépendance nationale et le développement économique et social, harmonieux et intégré du Sénégal.

Kadialy GASSAMA, Economiste
Rue Faidherbe X Pierre Verger
Rufisque

Negoce

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