BBY THIES

Le Sénégal espère devenir producteur de pétrole d’ici cinq ans

Le Sénégal espère devenir producteur de pétrole d’ici cinq ans

Le pays a découvert un gisement au large de ses côtes susceptible de produire au moins 250 millions de baril. Mais les obstacles sont nombreux avant la mise en production, préviennent les experts.

Cela faisait plus de 60 ans que le Sénégal cherchait du pétrole. Il vient enfin d’en trouver. Il y a une semaine, le groupe britannique Cairn Energy annonçait avoir découvert de l’or noir à environ 100 kilomètres au large des côtes de Sangomar, dans le littoral sud-ouest du pays. Le gisement en eau profonde, baptisé FAN-1, se trouve à 1427 mètres de profondeur. Selon Cairn Energy, FAN-1 dispose de réserves prouvées de 250 millions de barils et le potentiel du puits serait de 2,5 milliards de barils.
FAN-1 se situe sur Sangomar Depp, l’un des trois blocs – avec Sangomar Offshore et Rusifique- explorés par un consortium emmené par Cairn (40%), l’américain ConocoPhillips (35%), l’australien FAR (15%) et la compagnie pétrolière nationale sénégalaise Petrosen (10%). Ces trois blocs offshores couvrent une superficie de 7490 kilomètres carrés. «C’est la découverte la plus significative depuis le début de l’exploration pétrolière au Sénégal», a affirmé Mamadou Faye, directeur général de Petrosen. Il s’agirait de «pétrole léger d’excellente qualité», précise ce dernier. Optimiste, Dakar espère être en mesure de produire son premier baril d’or noir «en 2019-2020».
La sécurisation des investissements en question

Mais le chemin pourrait être encore long avant de pouvoir considérer le Sénégal comme un producteur de brut. D’après les experts, avant d’envisager l’exploitation, il faut encore évaluer le potentiel réel du gisement. D’autres puits devront être forés dans cette optique. C’est d’ailleurs la deuxième étape dans laquelle va se lancer Cairn avec le puits SNE-1, qui sera creusé au sud de FAN-1. Il permettra de déterminer la taille du gisement et d’élaborer un plan de développement.
L’obstacle financier est aussi de taille. A l’heure où les cours du pétrole touchent des plus bas, la question de la sécurisation des investissements se pose. «Si l’investissement n’est pas sécurisé, aucun investisseur ne prendra le risque», prévient la ministre de l’Énergie, Maimouna Ndoye Seck.
Si des pays comme le Nigeria ou l’Angola ont réussi à transformer l’essai, d’autres ont essuyé des échecs cuisants. En Mauritanie, où des gisements ont aussi été découverts, la production a dégringolé de 90%: «On devait produire 70.000 barils par jour et au bout de moins d’un an, on est tombé à 7000 barils. Les conditions d’exploitation des gisements sont compliquées et ne permettent pas de produire beaucoup», a expliqué Jean-Pierre Favennec, directeur de l’Institut africain de l’Énergie, à RFI. En Sierra Leone, les découvertes de pétrole il y a quatre ans n’ont pas donné lieu à une production de barils car les gisements n’étaient finalement pas exploitables.
Alléger la facture

Le Sénégal espère toutefois atteindre rapidement ses objectifs afin d’alléger sa facture pétrolière, qui tourne autour de 10% du PIB selon le patron de Petrosen. Le pays s’est lancé dans une recherche effrenée depuis 1952. Près de 156 puits d’exploration et de développement ont été forés, aussi bien dans les terres qu’en eau profonde. Dakar a délimité 17 blocs de recherche et attribué 11 contrats. «Il n’y a actuellement aucune production de pétrole et seulement un champ de production de gaz onshore. Découvrir d’autres sources d’énergie nationales serait avantageux pour le pays», confirme Cairn.

Negoce

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