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LE VENEZUELA A GRILLE 1,3 MILLIARD DE DOLLARS EN UNE SEMAINE : A ce rythme, il n’aura plus de réserves à fin mars

LE VENEZUELA A GRILLE 1,3 MILLIARD DE DOLLARS EN UNE SEMAINE :  A ce rythme, il n’aura plus de réserves à fin mars

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Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, rencontre de plus en plus de difficultés pour maintenir l’économie du pays à flot alors que  ce dernier est confronté à des pénuries de produits de base et que l’OPEP, dont il est membre, vient de décider de maintenir le niveau actuel de la production de pétrole, c’est-à-dire, de ne pas tenter de juguler la baisse des cours de l’or noir que l’on observe actuellement.

Cette décision affecte très durement le pays, car le pétrole représente 95% de ses exportations. Le déficit du Venezuela se monte déjà à 16% du PIB, et l’inflation, à 63%, les taux les pires du monde, affirme Wolf Richter du blog Wolf Street. Malgré la richesse des gisements, le pays ne dispose pas de sa propre raffinerie, et il importe son carburant. Les faibles prix de l’essence à la pompe sont le résultat des subventions de l’Etat, qui grèvent lourdement son budget. Le Venezuela subventionne également des pays pauvres, dont Cuba, qui reçoit quotidiennement 100 000 barils de pétrole gratuits. Le manque à gagner de recettes correspondant à ces dons représente plusieurs milliards de dollars, précise Richter.

Le gouvernement a lancé un plan « Joyeux Noël » en novembre pour abaisser les coûts de certains biens de consommation, notamment les jouets, les vêtements, l’électroménager, l’alimentaire et les produits électroniques. Les commerçants n’ont pas le droit de réaliser une marge supérieure à 30% sur ces produits, sans doute pour éviter une nouvelle flambée de l’inflation qui augmente habituellement fortement à cette période. Des inspecteurs ont été déployés pour contrôler le respect de cette règle. Le prix des poupées Barbie a par exemple été réduit de 80% grâce à ce plan, et les Vénézuéliens ont fait la queue pour profiter de ces aubaines.

Le 3 novembre dernier, le président Maduro avait également annoncé une hausse de 15% du salaire minimum à partir de décembre. Compte tenu de toutes ces circonstances, les réserves internationales du pays s’érodent rapidement, et à la mi-novembre, le président vénézuélien a ordonné un transfert de 4 milliards de dollars de prêts chinois qui se trouvaient sur un compte national non répertorié pour réapprovisionner ces réserves internationales. Mais une semaine plus tard, ces réserves ne se montaient plus qu’à 22,2 milliards de dollars, témoignant d’une réduction de 1,3 milliard de dollars. « Il s’avère que le Venezuela a grillé un tiers de l’argent chinois en une semaine », écrit Richter. « A ce rythme, la date d’épuisement des fonds se situe à la fin mars ».

Des observateurs, en particulier deux éminents économistes, Carmen Reinhart, et Kenneth Rogoff, ont déjà évoqué la possibilité d’un défaut du pays.  Un défaut souverain serait catastrophique pour le Venezuela, affirme Richter. Il précise que les obligations souveraines n’intéressent probablement plus que des hedge funds spécialisés sur ce type de dette risquée, et qui se sont entourés d’une armée d’avocats pour récupérer leur argent leur moment venu. Ils tenteraient probablement de s’emparer des actifs de valeur que le pays possède à l’étranger, comme des raffineries, par exemple. « Ce sera le chaos pour le Venezuela », conclut-il.

Que s’est-il passé la dernière fois que les cours du pétrole se sont écroulés aussi rapidement ?

Ce n’est pas la première fois que le cours du pétrole s’écroule de plus de 40 dollars en moins de 6 mois. La dernière fois que cela s’est produit, c’était au cours du second semestre 2008, et l’effondrement des cours du pétrole a précédé l’effondrement des marchés financiers et le début de la crise financière, rappelle Michael Snyder du blog The Economic Collapse.  Il affirme qu’une forte baisse des cours du pétrole est un signe de ralentissement de l’activité économique, et qu’elle peut aussi déstabiliser les marchés financiers. 20% des titres négociés sur le marché des obligations spéculatives proviennent de firmes du secteur de l’énergie, et lorsqu’ils commencent à se déprécier, c’est généralement le canari dans la mine de charbon, c’est-à-dire, un signe avant-coureur d’un krach sur les autres marchés financiers.

Grâce à la révolution du « fracking » (ou facturation hydraulique), les Etats-Unis sont devenus le plus grand producteur de pétrole du monde, devant l’Arabie Saoudite et la Russie.  Cette révolution a permis la création de millions d’emplois stables depuis la récession, et elle est l’un des facteurs qui ont permis à un certain pourcentage d’Américains d’avoir un emploi stable. Mais en décidant de maintenir le niveau de production actuel du pétrole alors que la demande provenant de Chine et d’Europe s’est réduite, l’OPEP semble chercher à neutraliser cette nouvelle concurrence venue des Etats-Unis. Un maintien des cours du pétrole à ces niveaux, ou, pire, la poursuite de leur effondrement risque de menacer de nombreux exploitants de champs pétrolifères américains et de provoquer une vague de licenciements dans ce secteur.

Si le secteur américain de l’énergie, qui contribue largement à la croissance américaine, commence à vaciller, c’est toute l’économie américaine qui risque de se fragiliser. Selon Amanda Sneider de Goldman Sachs, le secteur de l’énergie représente environ un tiers des investissements réalisés par les firmes qui composent l’indice boursier américain S&P 500, et près d’un quart des dépenses cumulées d’investissement et de R&D. De plus, les faillites de compagnies pétrolières impliquées dans l’exploitation du pétrole de SCHISTE font partie des firmes émettrices des bons spéculatifs du secteur pétrolier, qui, comme indiqué plus haut, comptent pour 20% du total de ce marché. Si elles font faillite, c’est l’ensemble des marchés financiers qui risque d’en subir l’impact.

Le dernier effondrement de ces obligations spéculatives a été suivi d’un krach de l’ensemble de la bourse, et ce sont les banques de Wall Street qui ont été les plus touchées. Ainsi, lorsque les obligatons à haut rendement se sont effondrées la dernière fois, c’est-à-dire, au moment de la crise des subprimes, Citigroup a perdu 63% de sa valeur, et la valeur de Bank of America  a été réduite de moitié dans les 60 jours qui ont suivi.

Source : express.be

Negoce

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