septembre 20, 2017

Contact: 775312579 Email: redaction@thiesinfo.com
BBY THIES

MINES – MÉTALLURGIE – PÉTROLE : L’approvisionnement LOCAL, enjeu CRUCIAL pour l’Afrique

MINES – MÉTALLURGIE – PÉTROLE :  L’approvisionnement LOCAL, enjeu CRUCIAL pour l’Afrique

[template id= »821″]

 

Vendre à fort prix ses ressources naturelles c’est bien, mais générer ce faisant une activité économique plus large est encore mieux ! Car si la réforme des codes miniers des différents États en Afrique offre au continent un meilleur retour sur la matière puisée, le prochain grand défi se situe davantage au niveau de l’approvisionnement local, un enjeu économique qui se compte en centaines de millions de dollars.

Approvisionnement local, fournitures à même la région ouest-africaine et chaîne de valeur bonifiée; voilà un thème autour duquel les intérêts sont multiples, des multinationales cherchant les ressources exploitables aux populations qui les reçoivent sur leur territoire. C’était le sujet central d’une session présenté par Franco-Mine, une série de symposiums dédiés à l’activité minière en Afrique de l’Ouest, dans le cadre du Congrès 2015 de l’ICM (Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole) qui s’est tenu du 10 au 13 mai au Palais des congrès de Montréal.

Quand une multinationale investit des milliards de dollars pour l’ouverture d’une mine et sa production éventuelle, son impact économique ne se limite pas qu’au sous-sol exploité. Pendant des années d’exploitation, voir des décennies, la mine et ses milliers d’employés doivent vivre, consommer et dépenser, une valeur ajoutée directement dans l’économie de la communauté… à condition de s’approvisionner localement ! Et c’est précisément ce que sont venu mettre en lumière un panel d’acteurs du milieu en présentant les modèles de partenariat qui ont fait leur succès au Sénégal, en Guinée ou au Burkina Faso.

Multinationale canadienne possédant de grands chantiers d’exploitation au Québec, en Abitibi-Témiscamingue, SEMAFO a bien compris l’impact qu’elle pouvait avoir sur les communautés où elle s’implante. La région de l’Abitibi-Témiscamingue en est le parfait exemple. Ce coin du nord québécois abrite 44,4% des mines de la province où sont actives plus de 250 entreprises employant plus de 11 000 personnes. Des retombées économiques importantes qui font vivre la région ! Pour la seule mine de Malartic, on parle d’investissements et retombées de l’ordre de 13 milliards de dollars étalés sur quelques années.

Cette philosophie, SEMAFO l’applique également au Burkina Faso, dans son chantier de Kedougou, ou son impact est bien réel. Des investissements cumulatifs de 775 millions de dollars, plus de 1000 emplois occupés à 90% par des locaux, un bilan reluisant qui traduit la volonté de la compagnie québécoise d’avoir un effet de levier sur l’économie de la région.

Pour la seule année 2014, l’entreprise a dépensé 183 millions de dollars en achats de biens et services. De ce montant, 70% des dépenses ont été réalisées à même la région auprès de 237 fournisseurs locaux. Selon Richard Boisvert, responsable de l’approvisionnement chez SEMAFO, l’équation est bonne pour tous. «Notre siège social est à Montréal, mais notre action est au Burkina !, illustre M. Boisvert. Nous avons d’ailleurs beaucoup plus d’employés là-bas qu’au Québec. Acheter localement nous permet de diminuer grandement nos coûteuses et parfois complexes importations internationales d’une part, mais aussi de favoriser le développement de la communauté grâce à cette valeur ajoutée. C’est un calcul gagnant-gagnant !»

BESOINS ÉTRANGERS, CAPACITÉS LOCALES

Si l’ensemble des acteurs reconnaissent les vertus de l’achat et de l’investissement local, encore faut-il que la communauté puisse répondre à cette panoplie de besoins exprimés par l’entreprise exploitante. Et il faut admettre que c’est encore un formidable défi dans certains États africains.

Directrice de la prospection et de la promotion minière au Sénégal, Rokhaya Samba est bien placée pour voir tous les efforts qui restent à faire pour assurer à l’Afrique un juste retour dans son développement minier. «Sur les 900 millions de dollars d’achats de biens et services générés au Sénégal, 243 l’ont été localement, soit environ 27% des dépenses, explique Mme Samba. C’est désormais une préoccupation majeure pour l’Afrique qui ne peut plus ignorer ses intérêts nationaux. Car ce sont ces investissements externes qui contribueront à la création d’une masse critique permettant le développement d’autres secteurs comme la finance, la logistique et de nombreux autres services.»

Autre entreprise, même constat. Opérant la première et seule mine d’or industrielle du Sénégal, l’entreprise canadienne Teranga Gold s’efforce de travailler de concert avec les autorités locales pour maximiser l’empreinte économique de la compagnie dans la région. Et ça fonctionne ! «Dès le départ, nous avons voulu mettre en place un cadre pour une vision concertée du développement économique de la région et pour rassembler les partenaires du développement autour des mêmes priorités, détaille Abel Page, directeur de la responsabilité sociale chez Teranga Gold. Au bout de 18 mois de consultation avec l’ensemble des acteurs, nous avions 78 actions prioritaires identifiées pour une croissance économique durable, pour l’éducation et la formation des jeunes, l’agriculture et la sécurité alimentaire.»

Marier harmonieusement exploitation minière et développement économique local est donc possible. À la clé, croissance pour la région et transfert de connaissances et d’expertise au bénéfice des locaux. Mais pour que se concrétise cette harmonie souhaitée, les fournisseurs locaux doivent pouvoir compter sur l’appui des grandes entreprises, notamment en termes de financement.

«Les sociétés minières doivent pouvoir compter sur ces partenaires locaux. Elles ont d’immenses besoins, mais encore faut-il qu’elles les communiquent efficacement aux fournisseurs de la communauté afin que ces derniers puissent répondre aux besoins exprimés, précise Oumar Toguyeni, vice-président régional pour l’Afrique de l’Ouest chez IAMGOLD. Ces entreprises locales n’ont pas toujours la capacité financière pour supporter une telle demande et c’est à ce niveau que les multinationales peuvent faire une différence en épaulant ces fournisseurs qui deviennent dès lors des partenaires à part entière.»

Une multinationale heureuse, une communauté qui grandit et se développe en parallèle de l’activité générée par ce géant minier; la recette est gagnante et éprouvée. Ne reste plus qu’à répandre cette pratique pour en faire une véritable norme africaine en matière de développement minier.

 

Source : Afrique Expansion

appli

Postez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

thies massage