mardi , juillet 17 2018
Accueil / A la une / Ont-elles besoin de recourir à la dépigmentation pour être belle ?

Ont-elles besoin de recourir à la dépigmentation pour être belle ?

La rédaction de Thiès Info, dans une démarche novatrice mais toujours pour faire mieux jouer au médium sa fonction sociale et utilitaire, veut désormais proposer périodiquement des thèmes de réflexion, dictés ou par l’actualité ou par des problèmes sociaux comme c’est le cas aujourd’hui.

Nous ne serons pas les premiers à poser le problème de la dépigmentation mais, avec les images de femmes complètement défigurées que nous avons vues à l’occasion de la Korité, nous nous sentons le devoir, non pas de donner des leçons, mais d’avertir, de tirer sur la sonnette d’alarme, car il n’est pas sûr qu’elles se posent ces questions que nous nous posons :

Ont-elles besoin de recourir à la dépigmentation pour être belle ?

Ont-elles conscience de son impact négatif sur la santé mentale et corporelle de ses inconditionnelles utilisatrices ?

Ont-elles honte d’être les petites filles de la doyenne de l’humanité à la peau noire dénommée LUCIE ?

Ont-elles conscience que cette couleur noire produite par la mélanine maintient la peau en bonne santé, permet d’atténuer l’effet des rayons ultra violets du soleil pouvant provoquer certaines maladies telles que le cancer et a permis au savant Cheikh Anta Diop de démonter « l’antériorité des civilisations nègres ? »

Quelle est la responsabilité des hommes dans un tel comportement ?

La vérité est qu’elles manquent de confiance en elles mêmes car ces gestes et comportements dégradants, ne sont en fait que le reflet de l’âme, une âme bien pauvre, une âme malade et dormante qui a besoin d’être réveillée !

De nombreuses jeunes filles tombent dans le piège, et même des femmes mûres.

Doit-on simplement dire dans ce cas, que la victime est responsable de ce qu’elle subit, la laisser à elle même ou « agir », pour les sauver?

Pour agir, nous leur rappelons que dans le passé africain, la femme a toujours joué de très grands rôles.

Dans l’hymne de l’empire du Wassoulou il est bien dit:

“ Si tu ne peux organiser,dirriger et défendre le pays de tes pères, fais appel aux hommes plus valeureux”; mais aussi: “Si tu ne peux protèger le faible et braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur”.

Dans sa pièce historique L’Imam Ader Kader Kane et la charte des almamys du Fouta, le dramaturge Thierno Bocar Kane nous rapporte cette recomandation valorisante et vielle de plus de 300 ans : « En cas de JIHAD, dites aux femmes de prendre bien soin des enfants et des vieillards ». N’ont-elles pas des raisons d’être fières ?

Alors nous leur disons tout simplement avec le sage Amadou Ampathé Ba que “Le long séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transforme pas en crocodile”, en ajoutant: il le décompose au contraire.

C’est ce qui arrive à ces belles et naturelles peaux de femmes souvent irrémédiablement perdues!

Chez les wolof, la AWO est dite “buuru kereum” (la reine), chez les manding, c’est elle qui gère et nourrit la famille, chez les diolas, c’est elle qui cutive la terre!

Ce qu’il nous faut donc, c’est revisiter la façon et les méthodes dont les femmes traditionnelles du CAYOR, du BAOL du FOUTA, du DJOLOF, du SINE SALOUM, du DIAMBOUR, du WALO, de la CASAMANCE, incarnées par les LEBOU, OUOLOF, PEUL, TOUCOULEUR, SONINKE, SERERE, DIOLA, usaient pour mettre à genoux leurs prétendants.

Les tenues vestimentaires, les coiffures comme le GOUKA, accentuées par les artifices comme le GONGA, le TIOURAY, le henné pour teindre en noir les mains et les pieds, le tatouage toujours en noir des gencives et du visage entre autres, suffisent amplement pour être belle et attirante.

Pour preuve, beaucoup d’hommes et de femmes Européennes se prélassent le long de nos côtes à la recherche d’un peu de pigment pour se bronzer.

Au Sénégal, le « xessal » est comme une drogue moderne qui continue de semer une mort lente et sûre parmi ses adeptes. Elle doit être bien étudiée et prise au sérieux pour la juguler d’abord et l’éradiquer ensuite totalement. Pour cela, les pouvoirs publics sont interpellés ainsi que les chefs religieux et tous les groupements de femmes et d’ hommes qui s’agitent pour la promotion et la dignité des femmes noires, en passant par une sensibilisation incessante sur les méfaits souvent inconnus.

Ce qu’il leur faudrait, c’est avoir davantage confiance en elles mêmes, ne pas chercher les modèles en Europe mais chez nous, avoir confiance en soi, s’estimer soi même avant qui que ce soit, et se poser au moins deux questions : Qui suis-je ? Qui veux-je devenir ?

Ou mieux « Qui dois-je devenir ? »

Alors nous pourrons leur dire, si l’on sait que la plupart du temps, cet égarement qui conduit à des actes comme le « xessal » n’est ni accidentel, ni imposé, mais voulu et recherché par la « victime », qu’il faut dépasser cette contradiction mal gérée entre la tradition et le modernisme, qui souvent, comme un ravin sans fin s’installe, dans le cœur de la fille qui, comme Samba Diallo, héros l’aventure ambigüe de Cheikh Hamidou Kane, s’interroge impuissante devant les attraits de l’occident et, à force d’hésiter entre « ce qu’ il faut lui prendre et ce qu’il faut lui laisser » , est devenu « une nature étrange en détresse de n’être pas deux », avec toujours une fin tragique.

A PROPOS DE seyelatyr

Seyelatyr Fondateur et Administrateur de Thiesinfo Tel 775312579 EMAIL: redaction@thiesinfo.com Thiesinfo Thiestv

Voir aussi

Intégral: cérémonie de présentation de condoléances du Pr Macky Sall chez Baba Diaw

Partagez sur Whatshapp Venu à Thiès chez Baba Diao pour lui présenter ses condoléances, suite …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Hey there!

Sign in

Forgot password?

Don't have an account? Register

Close
of

Processing files…