«Prostituée politique» : Pas de quoi exiger un carnet de vaccination (Par Momar Mbaye)

«Prostituée politique» : Pas de quoi exiger un carnet de vaccination (Par Momar Mbaye)

A croire qu’au Sénégal on marche sur la tête et on réfléchit avec les pieds et souvent avec le poing. Un poing qui cogne fort sur la gueule d’un jeune opposant, Mamadou Massaly, accusé d’avoir traité la présidente du Cese, Aminata Tall, de «Prostituée». Entendons-nous bien : ce n’est pas Massaly, mais ceux qui l’ont convoqué, qui sont les seuls à imaginer Aminata Tall dans toute sa splendeur, faire du racolage sur les trottoirs de Dakar. C’est un manque de respect notoire à l’endroit de la présidente du Cese ou de l’institution qu’elle représente, que de dire qu’elle est une «prostituée», ce que Massaly n’a pas dit, justement. En omettant l’adjectif «politique» collé à «prostituée», le camp du pouvoir cherche, volontairement, à entretenir l’amalgame dans la tête des Sénégalais, justement ce qu’il y a de malhonnête dans cette affaire qui ne fait pas rire dans les palabres dakarois où l’opinion persiste à croire de plus en plus, qu’une police de la bienséance, une police de la parole est mise en branle pour scruter le langage employé par les acteurs politiques, surtout ceux de l’opposition.

En démocratie, on peut bien dire d’un acteur politique qu’il est «une prostituée politique». On peut le dire d’un président de la République, d’un ministre, on peut le dire d’un président de l’Assemblée nationale, d’un marabout-politicien ou de tout autre homme ou femme politique adepte de la transhumance, qui valse d’un parti à un autre, d’une coalition de partis à une autre, qui fait fi des principes et qui monnaie son adhésion à un parti politique, à des conditions bien définies, à des avantages sociaux, à des privilèges et postes de responsabilités négociés. N’est-ce pas ce que font les hommes et femmes politiques d’ici ou d’ailleurs, dans leur écrasante majorité, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition ? Donc, il n’y a pas de quoi exiger un carnet de vaccination, d’une «prostituée politique», serait-elle prise en flagrant délit de racolage sur la voie publique.

Le drame dans ce pays, c’est d’avoir en face, des autorités frileuses, réfractaires à toute critique, qui peinent à hisser le niveau du débat politique, si elles n’ont tendance à tout prendre au premier degré. La classe politique sénégalaise, d’une manière générale est composée de «prostituées politiques», hommes ou femmes et tout esprit libre peut en convenir. Et ce n’est pas les insulter que de le dire.

Negoce

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