septembre 22, 2017

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BBY THIES

PUBLICATION: THIERNO À L’ASSAUT DE LA DOULEUR D’UN FILS PERDU

PUBLICATION: THIERNO À L’ASSAUT DE LA DOULEUR D’UN FILS PERDU

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« Un père à l’assaut de la douleur » est un partage d’expérience dans la thérapie contre la douleur consécutive à la perte de son fils âgé de deux ans. Thierno Bocoum, député rewmiste, livre sa méthode face à la douleur.

« Je le suivais sans vraiment vouloir le suivre- Il me dit- grand Thier, Vieux est tombé dans la fosse de la maison-Je lui dis-quoi ! Et là il s’effondre en pleurs. Ma maman a entendu l’affreuse nouvelle. Elle s’est mise à crier fort ; ensuite mon épouse, puis Mohamed et tout le quartier se mirent à pleurer. »

Ainsi donc Thierno apprit la nouvelle du décès de son fils. Disparu puis retrouvé mort dans une fosse septique, c’en est fini de Vieux Barky. Un destin bien cruel pour un être bien innocent. La nouvelle tombée, le père meurtri a essayé de comprendre ce qui s’est passé : « Pourquoi mon fils est dans une fosse septique ? Cela signifie qu’il est tombé, s’est débattu sans secours et sans soutien jusqu’à mourir d’une mort atroce. » Il ne verra pas la suite, sinon un corps recouvert d’un linceul. Aucun sentiment ne l’habitera lorsqu’il a tourné le dos à l’horreur, sinon qu’il a pleuré de toutes ses forces : « J’avais mal, je ressentais une douleur envahissante et insoutenable dans ma poitrine. J’avais terriblement mal… ».

Au bord du gouffre, il a pleuré. Mais très vite, il se ressaisit, parce qu’il devait rester fort face à la douleur et à la déferlante humaine qui a pris d’assaut sa demeure. Un collègue politique, Déthié Diouf puis d’autres collègues ; un leader politique, Idrissa Seck puis d’autres leaders, viennent à la rescousse d’un père proche de l’abîme. Il fallait rester debout et faire face à la situation. Le raisonnement du père devient alors scientifique, transcendant la douleur et ses effets pervers :

« Les questionnements et autres enquêtes commencent à donner une autre tournure à cette affaire. Nous avons perdu un fils, il était hors de question que l’on perde ce lien, presque de parenté, avec nos voisins. Pourquoi faire une autopsie, pourquoi aller loin alors que nous sommes sûrs que c’est un accident ? » Analysant froidement la situation, le père a demandé qu’il n’y ait pas d’autopsie. Une demande accordée, l’enterrement arrive enfin. Il fallait organiser et le père meurtri était encore au cœur du dispositif.

« Ce jour-là, nous avons enterré Vieux sous la pluie… », raconte-t-il, lui qui se souvient que tout le monde était là. Il poursuit : « A l’enterrement, j’ai vu ce corps s’éloigner. Il est sous terre recouvert de sable. Après les rituels, je suis resté avec mon fils. J’ai posé ma main sur la tombe et j’ai craqué. Je venais de réaliser que je ne le reverrai plus. Cette idée qui m’a subitement envahi l’esprit m’a complètement bouleversé. » Fut mis sous terre le jeune garçon, deuxième enfant du couple Bocoum, né le 28 mai 2012 à Dakar aux Parcelles Assainies.

L’encadrement psychologique aura été d’une grande utilité, mais par où fallait-il commencer ? Thierno Bocoum décide alors de commencer par lui-même avant d’encadrer son épouse, son fils aîné, sa propre mère, ses frères et sœurs ainsi que tout le monde. Il emprunta alors le chemin qui mène vers la conquête de l’obstacle. Il a des atouts qui l’y aideront forcément.

Le plus puissant de tous : ne jamais accepter d’être dépendant. Avec méthode, il identifie alors les obstacles constitués de la remémoration de son fils et des circonstances atroces de sa mort. Après cette phase, il s’engage résolument à les affronter. « Appréhender la souffrance dans sa globalité » fut le maître mot.

Il fallait agir avec subtilité pour trouver le juste milieu, la juste mesure, entre la réalité qui a été la souffrance d’un drame qui concerne son fils, mais la réalité qui concernait aussi tout ce qui entoure un drame quelconque et dont on n’a jamais ignoré l’existence.

Douze années plus tard, le retour à la fosse maudite

Autre atout, le drame n’est pas quelque chose de nouveau dans la famille. « Il y a douze ans, mon neveu du nom de Daouda Sam est tombé dans une fosse septique alors qu’il jouait dans la cour de son école », raconte Thierno Bocoum, lui qui croyait « prétentieusement » et « péremptoirement » atteindre le summum de la souffrance avec ce décès.

Il découvre avec le décès de son fils que l’homme peut connaître la souffrance mais il ne peut pas en mesurer le summum. Il ne faut jamais naïvement penser que le malheur n’arrive qu’aux autres, oubliant que les autres, c’est aussi nous. Il en arrive à comprendre qu’il faut toujours anticiper sur un malheur.

Ensuite, savoir que la première force est d’abord en nous. Il ne faut jamais comprimer la douleur et il faut aussi aller au plus profond de soi pour apprendre à faire plaisir et se faire plaisir. Ah la foi ! Un élément fondamental qu’il faut toujours cultiver et entretenir. Que dire alors de l’encadrement communicationnel qui est une nécessité en pareil cas.

Mais attention ! Le père a averti dès le début que cette œuvre n’est pas un livre de psychologie. Il ne s’appuie pas sur la science, mais s’adosse plutôt sur un vécu et sur la pureté d’un ressentiment. Sur 129 pages, l’auteur narre son expérience dans un style clair, fluide et savant.

source enquete

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