REFORMES ECONOMIQUES : Quand l’Afrique DIVERSIFIE ses PARTENAIRES

REFORMES ECONOMIQUES : Quand l’Afrique DIVERSIFIE ses PARTENAIRES

[template id= »821″]

 

Au cours de deux dernières décennies, l’Afrique s’est progressivement défaite de sa dépendance économique vis à vis des anciennes puissances coloniales en diversifiant ses partenaires. Convoitée aussi bien par les puissances émergentes que par les puissances industrielles pour ses ressources (biodiversité, forêts, hydrocarbures, mines, terres arables) et pour un marché qui, de 900 millions de personnes en 2010 doit en atteindre 2 milliards en 2050, l’Afrique est aujourd’hui ouverte à tous for business.

Le continent africain représente 12% de la production mondiale de pétrole et 10% des réserves mondiales prouvées. Ses principaux producteurs sont le Nigeria, l’Algérie et l’Angola. Les États-Unis importent environ 60% de ce pétrole, ce qui constitue plus de 90% des exportations africaines vers ce pays contre 20% respectivement pour la Chine et pour l’Union européenne. Les puissances européennes, en particulier la France avec Elf devenue Total, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas avec British Petroleum et Shell, ont longtemps dominé le jeu pétrolier dans les anciennes colonies. La France par exemple, a cherché à se constituer un espace vital énergétique autonome. Mais au fil des années, cette situation postcoloniale des chasses gardées et des rapports entre les trois E (Élysée, Elf, État-major militaire) a disparu ou du moins s’est fortement transformée. Le jeu est devenu plus complexe avec l’arrivée de nouveaux acteurs, comme la Chine.

Même si les majors disposent d’une avancée technologique et de capacités de financement leur permettant de maintenir une position dominante face aux indépendants et aux compagnies chinoises, ces dernières ne cessent de progresser, notamment sur le plan technologique, réduisant ainsi peu à peu l’avance des premiers. L’Afrique est donc devenue le théâtre d’une compétition entre les anciennes puissances coloniales et les nouvelles puissances émergentes car elle fait partie des enjeux planétaires en termes de changement climatique, de biodiversité, de préservation des ressources naturelles et de risques épidémiologiques ou sécuritaires. Des enjeux qui concernent de plus en plus les émergents.

Ainsi, les trois (3) grandes puissances d’Asie que sont la Chine, l’Inde et le Japon ont fait leur entrée sur le continent africain au cours des dernières années. Leur présence s’explique largement par la diversification de leurs échanges liée notamment à leur entrée au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (Omc), par leurs besoins considérables en matières premières et en énergie et par leur émergence comme puissances sur la scène internationale.

D’abord, les relations entre l’Afrique et la Chine sont essentiellement économiques et fondées sur le principe du « gagnant-gagnant » énoncé par les Chinois dont une des priorités est d’assurer notamment la sécurité des routes commerciales et de l’approvisionnement en pétrole. Second consommateur de pétrole au monde, la Chine reçoit 30% de son approvisionnement de l’Afrique. Ainsi, ses besoins en matières premières (fer, bois, coton, diamant, cuivre, manganèse) sont considérables. De même, elle trouve en Afrique des débouchés dans les secteurs des travaux publics, des télécommunications ou du textile. Plus de la moitié de ses exportations sont des produits à haute valeur ajoutée (machines, électronique, nouvelles technologies), mais elle vend aussi des produits bon marché, souvent de basse qualité, de contrebande ou de contrefaçon. L’influence de la Chine passe également par les financements privés et publics.

Les relations entre l’Afrique et le Japon se limitent quant à elle aux échanges commerciaux, d’investissement et d’aide. Aujourd’hui, Tokyo souhaite être présent sur certains marchés et accéder aux ressources locales de matières premières. Hors l’Afrique du Sud, la part d’échange du Japon avec l’Afrique représente près de 2% de l’ensemble de ses relations commerciales mondiales. De son côté, l’Inde déjà présente par les réseaux de sa diaspora en Afrique de l’Est (Kenya et Ouganda), en Afrique du Sud et dans l’océan Indien (Maurice, Madagascar), a investi majoritairement dans le phosphate (Sénégal, Tanzanie), les télécommunications (Malawi), le transport routier (Sénégal), les secteurs de pointe mais surtout dans le domaine pétrolier.

En 2004, le gouvernement indien a lancé l’Initiative Team 9 qui consiste à faire bénéficier à huit (8) pays africains (Burkina Faso, Tchad, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Mali et Sénégal), de crédits concessionnels octroyés par l’Export-Import Bank of  India pour des projets économiques, sociaux et d’infrastructures, développés en liaison avec des entreprises indiennes qui obtiennent en contrepartie des permis d’exploration de pétrole. Ainsi, les échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique ont quintuplé entre 20022007 pour atteindre plus de 30 milliards USD en 2007 et plus de 50 milliards en 2010. On observe également des transferts de technologies (par exemple le réseau électronique panafricain pour la télé-médecine ou la télé-éducation) et des délocalisations d’industries pour pénétrer les marchés européen et nord-américain.

Depuis le début des années 90, les relations l’Afrique et la Russie s’étaient réduites sauf pour ce qui est des exportations d’armes russes vers l’Afrique. Depuis 2005, les Russes manifestent un regain d’intérêt vis à vis des ressources énergétiques (gaziers et nucléaires) en Afrique, notamment en Égypte, en Afrique du Sud, en Namibie (uranium), en Angola (diamant, pétrole) mais également au Nigeria (gaz). Ainsi, Gazprom a accès aux ressources gazières du Nigeria visant à approvisionner l’Europe en gaz, Abrosa au diamant en Angola et Rusol à l’aluminium au Nigeria et en Guinée.

Enfin, les liens entre l’Afrique et des pays comme le Brésil, conduisent aujourd’hui, à un rôle important de l’Amérique latine sur le continent. On note par exemple, un triplement de la valeur des échanges entre le Brésil et l’Afrique entre 2002 et 2008. L’Afrique du Sud et le Nigeria reçoivent 82% de la valeur totale des exportations du Brésil à destination du continent. Les pays pétroliers arabes (principalement l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis) et l’Iran ne sont pas en reste. Ils sont en relation essentiellement avec « l’Afrique musulmane« . Leurs liens passent par des circuits officiels comme la Banque Islamique de Développement.

 

Source : Afrique Expansion

Negoce

Postez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Hey there!

Sign in

Forgot password?

Don't have an account? Register

Close
of

Processing files…