août 17, 2017

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SPORT ET BUSINESS : Exporter le TALENT africain

SPORT ET BUSINESS : Exporter le TALENT africain

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Si l’Afrique est reconnue pour exporter en grandes quantités ses précieuses matières premières, elle le fait également sur le plan sportif. Particulièrement en football où ses meilleurs talents se vendent à prix d’or.

Le capital humain peut-il être traité ou considéré au même titre qu’une tonne de minerais ? La question se pose quand on regarde les grands clubs européens de football s’arracher les joueurs à coups de millions. Une matière brut qu’on achète, échange ou vend si le prix est bon. Et dans cet univers où on célèbre le capitalisme et le mercantilisme, l’Afrique compte sa part de «Vedettes».

Il n’y a pas si longtemps, fin 2012, le continent noir pouvait se targuer d’avoir produit quatre des huit footballeurs les mieux rémunérés de la planète, notamment les deux premiers du classement ! Samuel Eto’o (1er, 20M€), Yaya Touré (2e, 13,8M€), Seydou Keita (7e, 12M€) et Didier Drogba (8e, 11,5M€) comptaient tous parmi les athlètes les mieux payés pour donner du pied dans le petit ballon de cuir. Et bien sûr, tous sans exception exposaient leur talent ailleurs qu’en Afrique.

Aujourd’hui, seul Yaya Touré figure toujours dans le top 20 mondial, en 12e position, avec des revenus annuels de 20 millions d’euros. Grâce à de lucratifs contrats de commandites, les stars que sont Lionel Messi et Cristiano Ronaldo font littéralement sauter la banque. En plus d’un salaire astronomique de 36 millions d’euros, l’Argentin Messi gonfle ses revenus jusqu’à 64 millions d’euros. Le magazine France Football estime même que dès l’an prochain, il passera la barre des 100 millions d’euros. Le Portugais Ronaldo doit de son côté se contenter d’un «maigre» 54 millions cette année.

LE MODÈLE  BRÉSILIEN 

La surenchère des grands clubs a depuis quelques années créé un véritable marché où la matière première est le joueur. Et dans ce domaine, le Brésil repousse les limites. La carrière de jeunes joueurs qui n’ont pas encore atteint la dizaine d’années est souvent «achetée» d’avance par des firmes d’investissement aux poches profondes, créant du coup une industrie qui génère des centaines de millions de dollars sur le dos et le talent des sportifs.

Le système est plutôt simple : une firme offre un montant à la famille du jeune prodige en échange d’un pourcentage sur ses futurs montants de transfert. Une fois en âge d’aller rejoindre les rangs des meilleurs clubs d’Europe, le club brésilien accepte de le «transférer», le vendre en fait, pour une importante somme. La firme qui avait acheté une «partie du joueur» récolte donc un pourcentage de la transaction.

Récemment, le cas du Brésilien Neymar a fait la manchette lorsqu’il est passé au FC Barcelone pour quelque 83 millions de dollars. Si une telle firme détenait disons 20% du joueur, elle récolte au passage plus de 20 millions de dollars. La pratique est bien sûr décriée et le Brésil s’emploie à y mettre un terme. Mais il n’en demeure pas moins que c’est là un système bien implanté qui semble faire l’affaire de tous.

PUISER EN AFRIQUE

Depuis une vingtaine d’années, l’Afrique a produit certains des meilleurs footballeurs de la planète. Un développement qui n’a pas échappé aux grands clubs européens qui recrute désormais massivement sur le continent à un très jeune âge les joueurs les plus prometteurs. Un tel engouement n’a toutefois pas que de bons côtés.

Comme l’intérêt des clubs se porte sur de jeunes talents, les fédérations sportives africaines ont parfois recours à une pratique illégale qui consiste à «rajeunir» les joueurs en falsifiant leurs documents d’identité. Il est très difficile de prouver un tel stratagème en raison des infrastructures parfois déficientes sur le continent africain, mais c’est une réalité très concrète qui inquiète les recruteurs européens.

Cité dans le journal Le Nouvelliste, un membre du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) ayant requis l’anonymat affirmait que «ce trafic connaît une certaine ampleur en Afrique depuis un peu plus d’une décennie et fait suite à la reconnaissance internationale de la valeur de notre football».

Peut-être est-ce bien vrai, mais la supercherie comporte son lot de risques pour les joueurs qui, une fois démasqués, risque le renvoi pur et simple du club. La raison est simple : une fois arrivé à l’âge de 24 ou 25 ans, ils en ont en fait 30 ou 32, ce qui anéantit une partie de l’investissement placé en lui. Mais comme l’explique dans Le Nouvelliste le présentateur tongolais de TV5 Kodjo Messan Attolou, les sirènes financières sont parfois trop fortes pour y résister. «Les gens veulent gagner de  l’argent : les joueurs, les recruteurs, les membres des fédérations… Dès lors, tous les moyens sont bons !»

Sport, business et argent sont un amalgame parfois curieux mais bien réel. Et comme dans toutes industries dignes de ce nom, les appelés sont nombreux, mais les élus plutôt rares. Un monde cruel où plus qu’ailleurs, l’argent est le seul nerf de la guerre.

 

Source : Afrique Expansion

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