octobre 18, 2017

UN CENTENAIRE PAS COMME LES AUTRES : Deux voix parties d’Outre-tombe

UN CENTENAIRE PAS COMME LES AUTRES : Deux voix parties d’Outre-tombe

« Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie
« Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie
« Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau
« Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère
« Et comme ferait une mère
« La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau.
(Victor Hugo – Les chants du crépuscule)
Ainsi s’est exprimé ce talentueux poète français, dans un hymne consacré aux vaillants combattants, qui, mûs par leur amour profond pour la France, leur patrie, ont consenti le sacrifice suprême.
Dans ce poème composé de six sixains, deux vers avec la régularité d’un métronome, reviennent dans trois strophes je cite :
« Gloire à la France éternelle
« Gloire à ceux qui sont morts pour elle.
Dès lors, la destination et l’objectif visés par ce poème apparaissent clairement.
Mais une réplique salée et fort opportune, émanant d’un très grand Saint de notre pays, évoluant dans une sphère autrement plus noble parce que religieuse, est venue, elle, lancer un appel universel, conviant le Monde entier à prier et à porter sa compassion sur les Elus de Dieu que le trépas a conduits à jamais auprès de leur Seigneur, dont ils sont devenus les hôtes privilégiés.
En effet, le Très Honorable Cheikh Ahmadou Bamba (Rta) – puisque c’est de lui qu’il s’agit – a judicieusement déclaré ce qui suit, dans un de ses poèmes intitulé : « Huqqal-Bukka-U »
« Il sied parfaitement de pleurer et de prier
« En faveur des Saints disparus
« De ces hommes de Dieu que pleurent cieux et terre.
« En m’y consacrant, grand est mon espoir
De rencontrer demain, dans l’au-delà
« Le délicieux agrément de leur hôte si généreux
Les sages paroles de ce grand Saint que j’ai laborieusement tenté de traduire en français, nous indiquent la seule voie royale à emprunter en ce domaine, afin de ne pas se fourvoyer dans des sentes dangereuses.
Par la grâce du Tout-Puissant, l’extraordinaire Cheikhna Cheikh Sadibou (Rta), ce Saint émérite multidimensionnel descendant direct de l’ultime Prophète de l’Islam Seydina Mohamed (Psl), appartient à coup sûr à cette pléiade vertueuse des Elus de Dieu.
Durant son existence ici-bas, il n’a cessé d’émerveiller ses contemporains par son érudition, sa sagesse, son aura et sa générosité.
Venu au monde en juillet 1848 dans le Hod oriental situé dans l’ex-Soudan français province incorporée ultérieurement dans la Mauritanie, la naissance de ce futur Saint constitue déjà un signe prémonitoire riche d’enseignements, car elle coïncide agréablement avec l’abolition de l’esclavage.
Dès son adolescence, Cheikhna migra vers le Tagant, l’Adrar et s’installa définitivement à Ninjate, où il dort de son dernier sommeil.
Son mausolée fait l’objet de pèlerinages annuels, constituant des temps forts de la communauté Khadrya de la sous-région et de la diaspora.
Cheikhna, de son vivant, avait fait du Sénégal sa terre de prédilection, où s’exerçait la quasi-totalité de son sacerdoce, par le biais de tournées bisannuelles.
En témoignent les centaines et centaines de Cheikhs couronnés par lui, Cheikhs qui, judicieusement dispatchés, ont largement contribué à l’expansion de l’Islam.
Il serait fastidieux de vouloir énumérer ici les nombreux miracles portés à l’actif du Cheikh.
Je n’en retiendrais qu’un seul, qui édifiera plus d’un sur sa sainteté.
En effet si l’on sait que, malgré sa grande érudition, dont témoigne une œuvre si riche et si variée, que le Cheikh n’a été initié par aucun maître, en dehors de son père Cheikh Mohamed Fadal (Rta) qui ne lui inculqua cependant que des préliminaires du savoir, alors, force est d’admettre que la science du Cheikh lui a tout bonnement été insufflée par le Tout-Puissant.
C’est cela qui lui a permis d’être au top niveau et de séduire, par son érudition, l’’ensemble de ses contemporains.
Hélas, en juillet 1917, le Cheikh quittait ce bas-monde et rejoignait l’Eternel.
Ce fut une grande perte pour toute la Ummah car ses pairs ne courent pas les rues. Voilà donc cent ans que Cheikhna nous a quittés.
Et comme pour seconder son aïeul, voilà que Cheikh Bounama lui-même nous quitta ces jours-ci pour rejoindre l’Eternel unissant sa Sainte voix, d’Outre tombe à celle de Cheikhna. Cela confère un caractère extraordinaire à l’évènement en vue, et doit nous inciter à nous mobiliser davantage.
Voilà donc un évènement exceptionnel, méritant d’être commémoré avec toute la ferveur et l’éclat requis.
Et c’est celà qui m’amène, en ma double qualité de doyen et de représentant de tous les khalifs généraux qui se sont succédé depuis trois décennies, au nom de feu Cheikh Bounama Aïdara ex-kalif général des khadres, j’invite ardemment tous les musulmans, en général et la communauté khadrya, en particulier, à se mobiliser dès maintenant pour pouvoir fêter comme il convient, l’anniversaire de ce rappel à Dieu. Ce sera en juillet 2017.
Sans verser dans un optimisme béat, le séjour séculaire de Cheikhna auprès de son Seigneur nous autorise à caresser l’espoir d’enregistrer à brève échéance l’avènement d’heureux évènements inédits, tant il est vrai, comme l’ont enseigné le Saint Coran, la Bible et le poète André Gide, qu’il faut que meure le grain pour que germe la plante.

Considérons que, par delà ma modeste personne, ce sont deux voix parties d’Outre-tombe, qui nous interpellent.
En leur répondant, nous serons certains de semer la bonne graine qui, lorsqu’elle germera, nous attirera, à coup sûr, la grâce divine.
C’est à cela que j’ai l’insigne honneur de vous convier, étant persuadé d’avance que mon appel ne tombera point dans des oreilles de sourds dans des tonneaux de Danaïdes.
Seul Dieu est grand.

El Hadji Cheikh Doudou NIANG
Tél : 77 555 23 22
Randoulène Sud –Thiès

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