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AIRE MARINE PROTÉGÉE DE JOAL : Le manque de moyens freine la surveillance

Pour assurer la conservation de la biodiversité et assurer plus de rendement pour la pêche, les populations de Joal-Fadiouth ont créé en 2004 une Aire marine protégée (AMP). Huit ans après, faute de moyens, les responsables de l’AMP peinent à jouer pleinement leurs rôles.

 

Les ressources halieutiques du Sénégal ont fait l’objet de pillage ces dernières années. En effet, les pêcheries traditionnelles sont touchées par la surpêche et le pillage par les chalutiers étrangers. Cette situation menace la durabilité de la ressource. La perspective d’une disparition du poison à cause notamment de l’accroissement de la pêche INN et autres pratiques prohibées entrainerait des conséquences socio-économiques très importantes pour les populations côtières qui vivent de la pêche et des risques environnementaux très élevés. Ainsi pour éviter une telle perspective, les acteurs de la pêche artisanale de Joal-Fadiouth ont créé une aire marine protégée (AMP) afin d’aider à la préservation et à la gestion responsable des ressources halieutiques et d’assurer la durabilité de leurs moyens de subsistance. Cette ARM de Joal-Fadiouth, créée en en 2004, couvre une superficie de 174 km2 dans sa partie maritime, un important réseau de mangrove qui fait 402 hectares. Il y a aussi une partie terrestre qui fait 5035 hectares. « L’objectif est la conservation de la biodiversité et plus de rendement pour la pêche parce qu’on remarquait que le poisson commençait à disparaitre au niveau du Sénégal. Cela se manifestait par le déplacement des pêcheurs sénégalais vers des pays comme la Guinée Bissau ou la Sierra Léone pour chercher du poisson. Si on ne prenait pas nos responsabilités, le poisson allait disparaitre. On a commencé par fédérer les associations à Joal pour travailler ensemble sur le repos biologique sur le poulpe, le cymbium. C’est ainsi que l’idée de créer l’aire marine protégée de Joal-Fadiouth avec dix-huit parties prenantes est née », renseigne Abdou Karim Sall, président du comité de gestion de l’AMP.

Compte tenu du contexte de surexploitation de certains stocks et de tendance à l’augmentation de l’effort de pêche, il devenait urgent selon les acteurs de Joal-Fadiouth de tenter de solutionner ce problème et d’amener les parties prenantes concernées à s’entendre sur un mode de gestion et de conservation d’une ressource partagée. Même si Abdou Karim Sall et ses collègues ont réussi grâce à leurs efforts à faire revenir quatorze espèces disparues au niveau de l’AMP et à protéger huit espèces comme les crabes, les tortues, il reste beaucoup de choses à faire notamment dans la surveillance.

 

Une AMP en manque de moyens

« Beaucoup de choses ne marchent pas. On reçoit certes de l’appui de l’État et de certaines ONG. Mais on fait face à des difficultés pour acheter le carburant afin d’assurer la surveillance avec les pirogues. L’autre problème de l’AMP c’est le bénévolat parce que les personnes qui assurent la surveillance ne sont pas rémunérées. On fait des patrouilles parce qu’on n’a pas des moyens pour faire de la surveillance. Actuellement, les trois bateaux sont à quai alors qu’ils devaient être sous l’eau pour assurer la surveillance. En toute sincérité, on n’a pas assez de moyens pour assurer la surveillance », confie M. Sall, par ailleurs Président des aires marines protégées d’Afrique de l’Ouest.

Pour sa part le vice-président de l’Association pour la Promotion et la Responsabilisation des Acteurs de la Pêche (Aprapam), Cherif Younouss Ndiaye, tout en saluant l’apport de la surveillance participative, invite ces acteurs à rester dans les limites de leurs prérogatives. « La surveillance participative sur le principe doit pouvoir aider la gestion des pêcheries pour assurer une meilleure utilisation des ressources, une viabilité des écosystèmes marins et permettre aux pêcheurs d’augmenter les revenus. La surveillance participative, comme son nom l’indique, doit impliquer des opérateurs comme les pécheurs, les mareyeurs, les industries, les consommateurs c’est-à-dire tous les acteurs de la chaine de valeur. C’est dans le cadre d’une meilleure gestion de ces pêcheries que la surveillance participative peut apporter un plus par rapport à ce que fait l’État. Mais pour cela, il faut que les gens acceptent le principe de savoir qu’ils ne sont pas habilités à faire des sanctions, mais pour constater les dégâts et de le porter à l’attention des agents assermentés », a expliqué le vice-président de l’Aprapam.

Dans la foulée, M. Ndiaye précise que les acteurs de la surveillance participative ne doivent pas verbaliser, parce que la responsabilité de sanctionner ne leur est pas transférée. Et selon lui, l’absence d’encadrement de l’administration pour la surveillance participative peut entrainer des dérives pouvant engendrer des frustrations entre pêcheurs.

 

 

 

source mbourinfo

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