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Ces déclarations qui ramènent Bara Tall à la barre

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Après un premier passage, mardi dernier, à la barre de la Cour de répression de  l’enrichissement illicite (Crei), Bara Tall, qui est cité comme témoin dans le procès de Karim Wade et de ses co-accusés, doit se présenter aujourd’hui encore à la barre. Après la très sombre affaire Dahlia, le patron de Jean Lefèvre Sénégal devra, cette fois-ci, dire à la Cour ce qu’il sait du montage de Transrail Investment.

Si Bara Tall doit revenir à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, ce matin, c’est sûrement à cause du montage de la société Transrail Investment, dont il a été actionnaire à travers son entreprise Jean Lefèvre. Une affaire de gros sous, où les noms de Karim Wade, Abass Jaber, Pape Mamadou Pouye… ont été cités et qui sent un fort parfum d’enrichissement illicite. Une odeur d’illégalité qui a commencé à se faire flairer depuis le 12 février 2014. Ce jour-là, rapporte une source qui en connaît un rayon sur le dossier, Bara Tall a soutenu devant les enquêteurs qu’il a été actionnaire de la société, à la demande du Président Wade ou de son fils, Karim. Une belle révélation qui a servi à la Crei de filon pour retrouver le point de départ de toute la supposée supercherie sur Transrail Investment.

«Karim Wade est intervenu en me présentant à Abass Jaber pour que je lui cède les actions que devait détenir M. Aïm»

Mais l’accusation ne tiendra pas longtemps. Lors d’une confrontation avec Ibrahim Aboukhalil (Bibo Bourgi), Me Patricia Lake Diop et Elimanel Diop, Bara Tall a soutenu qu’il n’a jamais déclaré que lui ou Jls était actionnaire dans Transrail à la demande de l’ancien Président ou de son fils, Karim Wade. «Je maintiens que Jls, à travers ses filiales, était actionnaire dans Transrail investment qui, elle-même, était actionnaire de Transrail Sa», a reconnu Bara Tall. Le patron de Jls a ensuite expliqué comment sa société a souscrit à l’actionnariat de Transrail investment : «Jean Lefèvre Sénégal est devenue actionnaire à travers sa filiale dans Transrail, en la créant avec ses associés canadiens et français, après avoir répondu à l’appel d’offres pour la privatisation lancée par le Sénégal et le Mali.»

Aux questions des enquêteurs sur une supposée ou réelle intervention de Karim Wade dans la constitution de Transrail investment ou de Transrail Sa., Bara Tall répond en jetant en pâture le fils aîné de Me Wade. «Comme je l’ai déja déclaré en février 2014, lors de la constitution du groupement qui a postulé à l’appel d’offres, Karim Wade m’a mis en rapport avec Pape Pouye. J’ai répondu à cette question quand on m’a demandé les circonstances dans lesquelles j’ai connu Pape Pouye. Karim Wade est aussi intervenu en me présentant à Abass Jaber pour que je lui cède les actions que devait détenir M. Aïm, mon partenaire de départ, qui n’a pas pu souscrire aux parts escomptées», a dit Bara Tall, lors de son audition à la Crei. Des déclarations, voire des accusations, sur lesquelles il doit revenir amplement, ce matin, devant la barre de la Crei.

PAPE S. NDOUR

La réponse de Bibo aux déclarations de Bara Tall sur Dahlia

En escrime, on aurait parlé de «Chip and Dale». Tic au tac, en langage familier. Tellement la riposte d’Ibrahim Aboukhalil, alias Bibo Bourgi, à Bara Tall sur l’affaire Dahlia, a été directe et sonne comme une répartie. Même s’il n’est pas encore passé devant la barre de la Crei, Ibrahim Aboukhali a livré sa version des faits aux enquêteurs de cette juridiction. C’était lors de sa confrontation avec le patron de Jean Lefèvre Sénégal (jls), qui a répété mardi dernier, devant la barre de la Crei, les mêmes déclarations qu’il avait faites face aux magistrats instructeurs de la Crei.

  1. «Bara Tall, lors son audition du 12 février 2014 (et devant la barre de la Crei, mardi dernier,Ndlr), a reconnu avoir souscrit une action de 10 000 F Cfa au capital de Dahlia Sa. Par ailleurs, la géographie du capital social de Dahlia Sa n’a pas varié depuis la constitution de la société, à ce jour. Karim Wade ne fait pas partie de l’actionnariat de Dahlia Sa, comme l’atteste d’ailleurs le document de création de la société (…) Je souhaite aussi apporter une précision relative à une information qui a été donnée par M. Bara Tall lors de son audition du 12 février 2014 (et également devant la barre, Ndlr) dans laquelle il lui a été annoncé un changement du capital de Dahlia qui serait détenu aujourd’hui à 40% par mon frère, Karim Aboukhalil, 50% par moi-même et 10% par Souleymane SY. Cette information est totalement inexacte», contre-attaque, d’emblée, Bibo Bourgi, qui, comme un taureau blessé, multiplie les coups de cornes en direction du patron de Jls : «Il est clair que M. Bara Tall ne pouvait pas se retrouver actionnaire de ma société, Dahlia, sans un accord de ma part. En fait, confronté à un problème sérieux d’érosion sur le terrain où devait être érigé un programme immobilier résidentiel par Dahlia et, compte tenu de l’importance de cette érosion, qui a été confirmée par l’étude réalisée, à ma demande, par le Pr. Pape Goumba Lo, j’ai, au détour d’une discussion, évoqué ce problème d’érosion côtière avec Karim Wade. Ce dernier m’a dit que le spécialiste dans ce domaine était l’entreprise de M. Bara Tall, qui était un ami à lui et qu’il se chargerait de me présenter afin que je puisse lui soumettre le problème d’érosion et voir avec lui les possibilités techniques qui s’offraient face à ce problème. C’est dans ce cadre et à ce titre que Karim Wade m’a présenté M. Tall. Suite à cela, j’ai rencontré à deux ou trois reprises M. Tall.»

REUNION D’AOUT. Toujours dans le souci d’apporter sa part de lumière dans le flou qui entoure l’affaire Dahlia et qui a poussé les enquêteurs à le confronter avec Bara Tall, Bibo poursuit : «En ce qui concerne la réunion du mois d’août 2011 dont il a fait état, effectivement, M. Bara Tall m’a appelé, dans un premier temps, pour me dire qu’il m’avait fait part de son inquiétude par rapport à une vente ou une cession d’une partie du terrain sur lequel nous avions convenu de réaliser ce projet. Cette inquiétude trouvait son origine dans les informations qu’il aurait reçues et un constat qu’il aurait lui-même fait sur un chantier en construction. J’ai fait part à M. Tall de mon étonnement qu’il puisse penser que j’étais capable de céder une partie du terrain, qui appartenait à une société dont il était actionnaire et pour laquelle nous avions un accord. Je lui ai proposé, après lui avoir fait part de l’inexactitude des rumeurs qu’il avait entendues, de consulter ensemble sur Google notre terrain et l’emplacement du chantier en question, afin qu’il puisse, par lui-même, se rendre compte que ces rumeurs étaient infondées, chose qui a été faite. Suite  à cela, j’ai indiqué à M. Bara Tall que j’étais surpris qu’il ait pu accorder du crédit à de telles rumeurs, quand moi-même je n’ai fait, depuis notre accord et son entrée dans le capital de ma société, que respecter strictement ma parole donnée.»

PRETE-NOMS. Concernant Guirane Ndiaye (pointeur), qui apparaît dans le document de création de la société, et qui ne serait rien d’autre qu’un simple prête-nom agissant pour le compte d’Ibrahim Aboukhalil Bibo avoue le connaître. «Puisqu’il a travaillé dans l’une de mes sociétés depuis les années 90, si ma mémoire est bonne. Mais je ne lui ai jamais demandé de porter une action dans le cadre de la société Dahlia, je lui ai demandé de souscrire à une action.»  «D’ailleurs, poursuit l’homme d’affaires, Dahlia Sa est détenue à ce jour à 99% par ma société, Dahlia corporate. Si je voulais me cacher, ce ne serait pas avec une société qui m’appartient, qui serait le principal actionnaire de Dahlia. Sa.» A la question de savoir pourquoi Dahlia a été représenté au moment de la constitution, par Souleymane Sy que Bara Tall dit être son représentant et celui de Karim Wade dans Dahlia ?  Bibo, encore à la manette : «Souleymane Sy a agi sur la base d’une procuration qui lui a été donnée par ma société Dahlia corporate. Ce document lui a été donné parce qu’il devait assurer la direction générale de Dahlia et de son projet.»

 

 

source l’obs

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