samedi , septembre 22 2018
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CONTRIBUTION Programme d’assainissement des cités et villes religieuses : priorité ou urgence ?

Depuis quelques années, le gouvernement du Sénégal  a entrepris un vaste programme de modernisation  des cités et villes religieuses et dans ce cadre beaucoup d’infrastructures visibles ont été réalisées.

Cependant, les programmes d’assainissement des cités et villes religieuses tardent à être mis en œuvre et au-delà  d’être une priorité, ils sont devenus une urgence.

En effet ces cités religieuses comme Touba, Tivaouane, Ndiassane, Kaolack, Yoff, Médina Gounass accueillent des millions de fidèles lors des grands événements religieux comme les Gamou, Magal, Dakka, Appel… mais aussi tout au long de l’année a travers les ziars .

Gouverner, c’est prévoir

A partir de 2023, le  Maouloud  et le Magal seront célébrés en plein hivernage et ce sera un cycle de  10 ans au moins.

Imaginons un Maouloud ou un Magal sous les eaux sans un système d’assainissement adéquat et fonctionnel pour ces dites cités religieuses, bonjour les plans ORSEC.

Loin de la fiction ou de la prémonition, c’est une réalité qui peut être vécue si nos gouvernants ne sont pas dans une logique d’anticipation.

Le DIAGNOSTIC est alarmant et souvent  identique dans beaucoup de cités religieuses :

  • Programmes d’assainissement (eaux pluviales et eaux usées) quasi inexistants ou non exécutés
  • Déficit de moto pompes et de camions hydrocureurs dans beaucoup de cités religieuses
  • Absence de déversoir et de canalisations en cas d’inondations
  • Routes impraticables, quartiers inondés durant la saison des pluies
  • Fosses septiques et puisards dans presque toutes les concessions et surtout celles des chefs religieux qui abritent souvent des daaras et qui accueillent des millions de fidèles tout  au long de l’année.
  • Brigades de sapeurs pompiers insuffisantes ou éloignées et là ou elles existent, elles sont souvent confrontées à des problèmes de logistique, de carburant pour venir au secours des populations  inondées malgré leur professionnalisme et leur engagement.
  • Absence de radiers submersibles surtout pour certains bas fonds.

La liste est longue…

 

Quelles solutions à court et moyen terme ?

  • Inscrire le programme d’assainissement des cités et villes religieuses comme une urgence.
  • Choisir des entreprises qualifiés et reconnues dans le domaine pour l’exécution des travaux
  • Eviter le clientélisme, la sous traitance et le saucissonnage dans l’attribution  et l’exécution des travaux.

Ce qui pourrait impacter négativement sur les délais, la qualité et le coût des travaux.

  • Renforcer les ressources des collectivités territoriales qui abritent ces cités religieuses pour assurer la maintenance surtout.
  • Mener des enquêtes de satisfaction auprés des populations des dites cités.

Au-delà  de l’assainissement,  la question de la voirie est aussi une problématique connexe et à ce titre les voies et artères de ces cités religieuses qui mènent vers les grandes mosquées, les résidences des chefs religieux, les marchés et autres lieux publics doivent être élargies sous forme de boulevards pour éviter les bousculades  lors des grands événements religieux mais aussi faciliter aux forces de secours les interventions et évacuations en cas d’accidents ou autres sinistres en tirant les leçons de ce qui s’était passé à la Mecque en 2016.

Comme 2019 s’approche (élections présidentielles et locales), les autorités religieuses, devraient mettre à profit les prochains Magal (octobre 2018) et Gamou( novembre 2018) pour interpeller les autorités politiques et étatiques pour qu’elles prennent des engagements fermes à court et moyen terme et non des promesses pour la réalisation effective des programmes d’assainissements et autres programmes prévus dans le cadre de la modernisation des cités religieuses et non encore réalisés.

C’est un truisme de dire que les hommes politiques ou politiciens aiment les choses visibles comme les grands édifices ou infrastructures visibles à la place des projets d’assainissement coûteux  et souterrains mais avec un impact réel sur le vécu des populations.

Comme palliatif, au cas où l’état peine  à anticiper sur la problématique de l’assainissement de ces dites cités religieuses, que les millions de fidèles issus   de ces différents communautés religieuses fassent des souscriptions volontaires (bien  gérées) pour se substituer ou venir en appoint à l’état.

Mieux veut AGIR à temps plutôt que de REAGIR (plans ORSEC, secours d’urgence….

Abdoul Aziz DIOP

Membre du conseil de surveillance du Forum civil

Moulaydabakh64@yahoo.fr

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