Cri de cœur des maçons de Thiès

Les maçons ou si vous préférez, les «  mouleurs » comme on les appelle à Thiès,  sont des ouvriers de la filière des BTP, spécialisés dans le moulage des briques, premier palier dans la construction de maisons ou d’ouvrages.

Au quartier Nguinth,  localisé au nord de la commune, un groupe de cinq d’entre eux, entame une journée de dur labeur sous le chaud soleil. Transpirant à grosses gouttes devant un énorme monticule de sable, ils préparent le mortier,  la mélangeant  méthodiquement avec  le ciment. Quelques minutes plus tard, le préposé à la meule qui attendait que sa  moule en fer  soit remplie à ras, la tapota vigoureusement plusieurs fois contre le sol. Il doit obtenir un mélange homogène, compacte pour une bonne brique.

Mara Diouf, l’un d’entre eux porte des gants de couleurs orange et  se protège du soleil sous sa capuche. Les  « mouleurs », pour un travail aussi harassant facturent à la tonne ; ainsi celle de la brique « 12 » dite creuse est monnayée à 30. 000Fcfa, tandis que  les « ourdis » sont monnayés à 35.000Fcfa.

Au détour d’une discussion, ces ouvriers considérés comme âpres au gain, se plaignent  de leur manque à gagner pour leur travail, mettant à cause le transport  et le fait que leurs employés les payent chichement où refusent d’appliquer les prix en cours.

Sur le plan social, ces « mouleurs » qui disent avoir une association très représentative, sont laissés pour compte et ne bénéficient d’aucun financement de l’Etat, à l’instar des autres corps de métiers. «  Nous ne jouissons d’aucune considération, ni  même des artistes qui ne daignent même pas nous dédier une chanson… » Regrette avec amertume Mara Diouf. 

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