ENTRETIEN — Abdou Aziz Diop, Forum Civil : « Nous allons vers des moments troubles. Macky Sall devrait travailler à ce qu’il y ait une stabilité, pour pouvoir terminer son mandat »

Le Sénégal s’achemine vers des moments troubles, si la date du référendum est maintenue pour le 20 mars prochain. Tel est l’avis du coordonnateur départemental du Forum civil à Thiès, Abdou Aziz Diop, invité de Seneweb. Entretien dans lequel il préconise un report du référendum et des concertations autour des réformes proposées par le chef de l’État, lesquelles nécessitent d’être discutées, voire approfondies. « Il faut un consensus fort sur le contenu. Il y a des avancées. Le président a fait des propositions assez intéressantes, mais c’est insuffisant. Il faut de réformes consensuelles », préconise le coordonnateur du Forum civil dans la capitale du Rail.

« Il faut un consensus fort sur le contenu des réformes »

Il recommande au chef de l’État de repousser la date du référendum, en vue d’asseoir les concertations nécessaires, autour de ces réformes, qui n’englobent pas des points essentiels tels que « La séparation de la fonction de chef de l’État et de chef de parti, la séparation réelle des pouvoirs, l’indépendance de la justice. La question des valeurs doit être posée. Au Sénégal, tout programme qui n’est pas assis sur un socle de valeurs », pense-t-il, n’ira pas loin.

Quid du plan Sénégal émergent?? Le Pse, qui est « Un programme ambitieux, devrait se traduire d’abord en Plan Sénégal éthique : éthique de convictions individuelles, éthique collective de responsabilité, par rapport aux prises de décisions qui engagent la nation. Ce plan Sénégal éthique devrait nous amener à un Plan Sénégal pré-émergent. Et ensuite focus sur le Plan Sénégal émergent ».

Distinguer le temps des élections, le temps du mandat et le temps du développement

« On ne peut pas distinguer aujourd’hui, au Sénégal, le temps des élections, le temps du mandat et le temps du développement. Parce que nous sommes en campagne électorale perpétuelle », regrette Abdou Aziz Diop.

Le président devrait, s’il n’est pas trop tard, par rapport à la date du 20 mars, reporter cette date, trouver le moyen de dialoguer avec tous ces acteurs, des concertations inclusives, ajoute-t-il. Car, poursuit Abdou Aziz Diopl, « Les réformes institutionnelles transcendent un mandat présidentiel. On parle de 2019 pour les élections présidentielles, l’urgence du référendum ne s’impose pas. Aujourd’hui, constate-t-il, le front social est en ébullition, il y a une jonction entre les syndicats, des secteurs névralgiques se sont coalisés, le ressenti populaire n’est pas bon?; la demande sociale est encore prégnante malgré les efforts qui ont été faits. Il y a une désaffection des citoyens par rapport aux politiques, il y a une rupture de confiance entre les citoyens et les hommes politiques ».

En cas de maintien de la date du 20 mars, « L’autre risque, redoute-t-il, c’est un fort taux d’abstention, le boycott. Nous allons vers des moments troubles, on ne le souhaite pas, mais aujourd’hui, le président devrait travailler à ce qu’il y ait une stabilité, pour pouvoir terminer son mandat, ou même demander un autre mandat aux Sénégalais », conseille Abdou Aziz Diop.
seneweb.com

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