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HUMAN RIGHTS WATCH VEUT LA TENUE DU PROCÈS

AFFAIRE HABRÉ FRITURES SUR L’AXE DAKAR-NDJAMÉNA

Le refus du gouvernement tchadien de transférer deux co-accusés de Hissein Habré à la juridiction spéciale en charge de poursuivre les crimes commis pendant son régime fait tache et vient mettre du sable dans la machine judiciaire bien huilée devant mener à ce procès historique.

Après la sortie remarquée des avocats de l’ex-homme fort du Tchad qui assurent que ce procès n’aura jamais lieu, l’ONG Human Rights Watch réagit pour assurer que l’attitude d’Idriss Deby n’empêchera pas sa tenue. D’ailleurs, Reed Brody, conseiller juridique de Human Rights Watch ayant travaillé avec les victimes de Hissein Habré depuis 1999 se montre optimiste. “Les Chambres africaines extraordinaires vont continuer leur travail et si les juges d’instruction considèrent que les éléments de preuves sont suffisants, le procès de Hissein Habré devrait commencer début 2015”, dit-il.

Human Rights Watch invite donc le gouvernement tchadien à transférer aux Chambres africaines Saleh Younouss et Mahamat Djibrine, tous deux détenus au Tchad sur la base de plaintes déposées devant les juridictions tchadiennes. Ces personnages étaient au cœur de la machine de répression organisée par l’ex-dictateur. Saleh Younouss était le directeur de la DDS, la police politique de Hissein Habré. Mahamat Djibrine était, selon la Commission d’enquête nationale, l’un des “tortionnaires les plus redoutés du Tchad”. 

L’Ong rappelle qu’en dehors de ces deux personnages, le Procureur général des Chambres a aussi requis l’inculpation de trois autres officiels de l’administration de Habré suspectés d’être responsables de graves crimes internationaux. Il s’agit de Guihini Korei, un autre ancien directeur de la DDS, Abakar Torbo, ancien directeur du service pénitencier de la DDS et Zakaria Berdei, ancien conseiller spécial à la sécurité de la présidence soupçonné d’être impliqué dans la répression dans le sud du Tchad en 1984. Si Zakaria Berdei est peut-être au Tchad et ne se trouve pas en détention, l’Ong renseigne qu’Abakar Torbo et Guihini Korei sont toujours recherchés et feraient l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités tchadiennes en mai 2013 et par les Chambres africaines extraordinaires un peu plus tard la même année. 

Selon les autorités tchadiennes, les deux supposés complices Djibrine et Younouss ne peuvent pas faire l’objet d’une deuxième inculpation pour les mêmes faits car ils sont déjà inculpés par le juge d’instruction tchadien en charge du dossier des crimes commis sous Habré. En effet, le 4 septembre 2014, le juge d’instruction du premier cabinet du Tribunal de grande instance de N’Djaména, Amir Abdoulaye Issa, a rendu une ordonnance de renvoi permettant leur procès, ainsi que ceux de 19 autres agents du régime de Hissein Habré. Le juge d’instruction a décidé d’un non-lieu pour 9 autres agents. “Les autorités tchadiennes doivent maintenant s’assurer que les procès de Saleh Younouss, Mahamat Djibrine et de tous les autres supposés complices de Hissein Habré soient équitables, transparents et respectent les standards internationaux”, déclare Reed Brody

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