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INSECURITE, STATIONNEMENT SAUVAGE, NON IMMATRICULATION… : Mbour traque les taxis CLANDESTINS

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Face à une urbanisation vertigineuse enregistrée ces dernières années, la commune de Mbour est aujourd’hui confrontée au défi croissant du transport urbain qu’elle doit relever. Pour ce faire, elle a pris des initiatives pour décongestionner la ville. Une opération d’immatriculation des véhicules à usage de taxi dans la commune a été lancée depuis le 8 janvier dernier, en attendant la mise en œuvre d’un plan de circulation pour assurer une plus grande cohérence et une plus grande fluidité du trafic.

L’expansion considérable que connaît la commune de Mbour a entraîné d’immenses pressions sur les systèmes de transports urbains. Le nombre de taxis a explosé, favorisant ainsi un dysfonctionnement du transport périurbain qui souffre de son manque d’organisation. Cette activité s’appuie aujourd’hui sur un parc très important.

De manière très informelle, plus de 1000 taxis ont été enregistrés, mais avec les taxis clandestins qui prolifèrent, plus de 2000 véhicules circulent à longueur de journée, alimentant ainsi le désordre. Aujourd’hui, les chauffeurs agréés qui s’acquittent régulièrement des taxes municipales sont outrés par la concurrence déloyale que leur mènent ces clandestins. «En l’absence de contrôle, n’importe qui peut s’improviser chauffeur de taxi.

Il suffit d’avoir un véhicule et squatter les zones où les taxis réguliers activent», se désole Mandiaye Diop, selon qui l’activité est tout bénéfice pour les taxis clandestins qui ne paient ni assurance ni taxe municipale.

Plus de 1200 taxis immatriculés


Pour remettre de l’ordre dans ce secteur et décongestionner la ville, la municipalité a pris des mesures qui, selon El Hadji Guèye, reposent sur une campagne d’identification des véhicules à usage de taxi dans la commune.

Le coup d’envoi de cette opération a été donné depuis le 8 janvier 2015. Cette démarche vise, selon le président de la commission Transport et mobilité urbaine de la mairie, à mettre hors de la circulation tout taxi n’étant pas en règle.

«Le conseil municipal s’est réuni et a décidé l’organisation et la formalisation des taxis de la ville de Mbour. Tous les taxis qui circulent dans le périmètre communal seront immatriculés et cela va se faire à travers le logo de la mairie et un numéro d’immatriculation qui va se trouver au dans les fichiers de la mairie, du trésor public et de la police», précise El Hadji Guèye.

Cette opération va permettre à la mairie de fixer le nombre de taxis circulant dans la ville et de lutter contre la fuite des recettes. Elle permettra également à la police de gérer les problèmes de sécurité. «En général, les crimes constatés la nuit se font avec des véhicules que les gens n’arrivent pas à localiser, parce que n’étant pas immatriculés comme taxis.

Alors, nous pensons qu’avec l’avènement de ces numéros, les usagers y verront plus clair dans le taxi qui les transportera», note-t-il. Le coût d’enregistrement a été arrêté à 5.000 FCfa. Une somme qui n’a rien à voir avec la taxe de 6.000 FCfa mensuels déboursés par les chauffeurs de taxi.

«L’approche que nous avions prise est la concertation. Nous avons rencontré le préfet, le commandant du corps urbain, le syndicat des chauffeurs professionnel, le bureau de la gare routière et tous les chefs de garage à travers quatre rencontres», nous dit M. Guèye.

Et, à l’issue de ces rencontres, un consensus a été trouvé. «Si vous avez vu qu’il n’y a pas eu de bruits, c’est parce qu’en amont il y a eu beaucoup de concertations», soutient-il, non sans préciser que cette procédure va ainsi obliger les propriétaires à s’acquitter des taxes en vigueur qui leur donnent le droit d’exercer dans le secteur du transport périurbain. Bien des chauffeurs ont vivement salué l’opération.

Ndiane Faye, le premier à immatriculer sa voiture, a magnifié l’initiative de la mairie. «Cette action est à saluer, en ce qu’elle permet de mieux organiser le secteur. Désormais on saura qui est taxi et qui ne l’est pas».

Les chauffeurs adhèrent
à la mesure


Pour Ansou Diatta, membre de la commission chargé de la délivrance des immatriculations, l’opération se déroule bien depuis son lancement. «Chaque jour, les chauffeurs viennent s’inscrire.

Au rythme où vont les choses, nous pouvons dire que les chauffeurs adhèrent à la mesure, car nous sommes à une moyenne de quarante immatriculations par jour», se félicite-t-il, précisant que la carte grise de la voiture est exigée au moment de l’immatriculation.

Selon lui, cette mesure va permettre de chasser les intrus du secteur. Le délai étant limité au dimanche 8 février, l’opération est allée beaucoup plus vite et à ce jour, plus de 1200 taxis ont été immatriculés.

D’autres chauffeurs estiment que la sécurité des clients est garantie avec cette immatriculation. «Chaque taxi peut désormais être identifié. Si un usager perd quelque chose, il donne le numéro du taxi affrété et l’objet perdu pourra être récupéré. Ce qui n’était pas évident auparavant parce que les chauffeurs clandestins disparaissaient avec les biens des clients.

Cela porte atteinte à toute la profession de chauffeur de taxi», souligne Mbaye Diagne, un chauffeur qui exerce ce métier depuis plus de deux décennies. «C’est pareil pour les cas de vol et d’agressions physiques», ajoute-t-il. Pour El Hadji Guèye, passé le délai du 8 février, l’institution municipale va passer à la phase de répression. «Aucun taxi non immatriculé ne circulera à Mbour, s’il n’a pas payé des droits d’adhésion», prévient-il.

Un plan de circulation attendu


Les chauffeurs ont de tout temps déploré le manque d’infrastructures routières à Mbour. Le constat, selon eux, est que la densité du réseau routier goudronné est très faible, empêchant plusieurs quartiers d’être desservis. Dès lors, la modernisation et l’expansion des infrastructures constituaient un défi majeur pour répondre avec efficacité à la demande.

Aujourd’hui, avec l’identification des taxis et les permis de stationnement sur la voie publique, la mairie de Mbour attend des entrées de l’ordre de 300 millions de francs CFA. Les attentes des chauffeurs sont donc très nombreuses et pour répondre à ces doléances, la commune travaille actuellement sur un nouveau plan de circulation pour une meilleure organisation du trafic en vue de mettre fin à l’anarchie qui marque le secteur.

« Les embouteillages sur la route nationale, la gare routière et la confusion qu’il y a au centre-ville vont être réglés à travers un plan de circulation qui va bientôt être mis en œuvre. C’est prévu dans le budget, à hauteur de 30 millions », assure M. Guèye. Selon le président de la commission Transport et mobilité urbaine de la mairie, la ville va se doter de panneaux de signalisation, de panneaux d’indication, de feux optiques, de ralentisseurs.

A cela viennent s’ajouter le programme pour la réhabilitation de la voirie et les opérations de désencombrement. « Nous avons budgétisé deux opérations pour l’année afin de permettre aux véhicules de circuler sans entrave », informe t-il.

Parmi les mesures prises par le conseil municipal figure aussi la mise en place d’un service de fourrière municipale qui constitue une arme supplémentaire indispensable dans la lutte contre la délinquance routière.

Une fourrière municipale
en perspective


L’objectif est aussi de mettre à la disposition de la ville un outil efficace pour apporter une solution au problème de stationnement abusif. « La mairie va adresser une demande au gouverneur de la région pour que les anciens locaux des Travaux publics lui soient rétrocédés. Nous allons, à travers un programme, réhabiliter ces locaux et en faire une fourrière municipale », indique El Hadji Guèye.

La nouvelle de la mise en place d’une fourrière municipale est aussi accueillie favorablement par certains chauffeurs. « Il y avait beaucoup de laisser-aller. La mise en place de cette fourrière pourrait être un élément dissuasif. On espère que certains chauffeurs réfléchiront avant de se livrer à des dépassements interdits, à empiéter sur les autres voies ou à s’arrêter de manière intempestive au milieu de la circulation », soutient Diène Sarr qui est d’avis qu’avec une application stricte de la loi et un suivi rigoureux, la situation routière pourrait être beaucoup plus saine.

Pour son collègue Ablaye Faye, ce qui se passe à Mbour dépasse l’entendement. « Il y a beaucoup de chauffeurs qui roulent sans permis, d’autres n’ont même pas de carte grise ni assurance. C’est l’impunité totale. Avec cette fourrière, nous espérons que cette délinquance va diminuer, et l’insécurité routière aussi grâce à la mise hors circuit des véhicules qui ne sont pas en règle», relève-t-il.

En outre, M. Guèye précise que le suivi ne sera pas négligé. Le président de la commission Transport et mobilité urbaine a annoncé la mise en place d’une brigade mixte entre la mairie et la police qui va se charger du suivi.

Cette brigade sera opérationnelle dès le 9 février. L’autre chantier de la mairie, selon M. Guèye, va concerner le transport hippomobile avec les charrettes qui font partie du décor du centre-ville, écornant totalement le visage de Mbour qui aspire à devenir un véritable pôle économique. «Il faut aussi les organiser, les recenser et définir les itinéraires qui seront validés. Il faut aussi qu’ils soient visibles, surtout la nuit», précise-t-il.

Source ; Le Soleil

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