Jour de visite à la Maison d’Arrêt de Thiès

Dès les premières heures de la matinée, les visiteurs de la Maison d’Arrêt de Thiès (MAC), prennent  d’assaut la bâtisse austère à la peinture défraîchie aux  fils de fer barbelés , empêchant toute tentative d’évasion. Des  autorisations de visites  aux détenus sont délivrées les lundi et jeudi, pour une durée de validité de trois mois.

Dans ce lieu de privation de liberté, les conditions de détention sont depuis quelques temps,  de plus en plus améliorées. Parents, amis ou simples connaissance, attendent des heures  sous l’ombre de salles d’attente construites, entretenues  à but humanitaire , par des personnes physiques ou morales, pour ne citer que La Croix Rouge Française , le Dr Pape Amadou  Ndiaye gynécologue,  responsable politique, Ndiéguène etc. De temps à autre , le conducteur d’un véhicule ou des gardes pénitentiaires appuient sur la sonnerie pour entrer. Salut ou ” coups de boucs ” s’échangent à l’entrée de l’anti-chambre de la prison. Retour dans l’abri des visiteurs.

Une mère de famille raconte la mésaventure ayant conduit  un de sa progéniture dans ce purgatoire. Un autre sexagénaire  évoque ses problèmes de santé, les  dures contraintes de la visite. Les repas ou tout victuaille sont déposés par ordre d’arrivée devant une petite lucarne que le préposé ouvre de temps à autre pour recevoir  les pièces d’identités  des bénéficiaires. Chaque plat  devra porter les noms et  prénoms du détenu ainsi que le numéro de sa chambre.   

Vers 8 heures du matin, la garde relevée et morte de sommeil et de fatigue sort, pressée de se reposer.  Une heure plus tard, un garde fait l’appel des visiteurs  qui s’empressent de reprendre leur permis et de se mettre en rang pour entrer. Une fois à l’intérieur, il faudra auparavant déposer ses effets personnels (sacs à main, portables etc ). En franchissant le pas du parloir , une jeune garde donne les instructions d’usage , celle de ne se lever pour sortir  qu’après le départ des prisonniers et surtout de ne pas leur remettre de l’argent main à main. Un bureau aménagé à l’entrée sert de “dépôt ” de transfert , suffisamment fiable.

En entrant au parloir , les détenus  cherchent du regard celui ou celle qui lui apportera le réconfort, les salutations de l’épouse, des voisins ou de ses enfants, bref, les derniers commérages du  voisinage. On entend à peine les paroles des uns et des autres mais pour tous, il faut juste parler et s’accrocher à quelques bribes de mots pour entretenir l’espoir, trouver la force de résister au stress de la précarité. Le temps de la visite  semble n’avoir  duré que quelques minutes; tout s’est déroulé très vite.

En retournant dans leurs cellules , des détenus sous l’emprise de la nostalgie et du désir de humer l’air de la liberté, ils ravalent leur amertume, après avoir serré une main amicale ou croisé un regard compatissant…

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