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LE RAPPORT SUR LES ATROCITES COMMISES : La CIA montre la force des Etats-Unis

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Le Sénat américain a présenté mardi un rapport accablant, qui est l’aboutissement d’une enquête de plus de 5 ans, et qui détaille ​​les techniques d’interrogatoire de la CIA.  Il révèle notamment les pratiques de torture sur des terroristes présumés auxquelles les services secrets américains se sont livrés depuis l’attentat du 11 septembre 2001, et montre que ces méthodes étaient « bien pires » que la CIA ne voulait bien l’admettre. Elles incluaient notamment la noyade simulée (« waterboarding »), des menaces d’agression sexuelle et de privation de sommeil. En 2002, un détenu qui avait été forcé de se dénuder est mort d’hypothermie.

Pire, ces interrogatoires « musclés » « n’ont pas été efficaces », ils n’ont pas permis de mettre à jour des menaces imminentes et dans plusieurs cas, ils ont même abouti à l’obtention de faux renseignements. La CIA a reconnu avoir commis des erreurs, mais maintient que ses méthodes ont permis d’éviter d’autres attentats, d’arrêter des terroristes et de sauver des vies. Ce rapport a suscité l’indignation dans le monde entier, mais certains médias dénoncent ce qu’ils qualifient d’hypocrisie, affirmant que ces pratiques étaient largement connues.

Le journal espagnol El Pais affirme que les Etats-Unis ne pourront pas continuer «de se présenter  comme le champion de la liberté si l’une des leurs organisations les plus cruciales sur le plan mondial se livre méthodiquement à des infamies ». L’enquête a également dévoilé que des pays européens, dont la Pologne, la Lituanie et la Roumanie, avaient permis à la CIA d’installer des prisons sur leur territoire. Pour The Guardian, cette enquête invite l’Europe à procéder à son auto-critique :

«L’ampleur exacte de la participation européenne demeure encore inconnue à ce jour, en raison des années de secret que se sont imposés les Etats-Unis et ses partenaires. Washington n’a jamais confirmé la localisation des prisons secrètes de la CIA, ni nommé les gouvernements qui avaient coopéré, et le document récemment publié n’en dit pas plus (…) Mais les Etats européens qui ont participé aux opérations de la CIA sont complices de violations des droits de l’homme, de la Convention de Genève et de la Convention de l’ONU contre la torture. Aucun pays, à part peut-être la Suède, n’a jamais admis sa culpabilité. (…) Maintenant que les Etats-Unis ont entamé cet effort de recherche de la vérité, c’est peut-être le bon moment pour que l’Europe en fasse de même ».

« Un Etat constitutionnel qui donne à ses services secrets une base légale pour procéder à l’arrestation, la détention illimitée, et la torture de suspects n’est plus en mesure de contrôler la machine terroriste qu’il a lui-même mise en marche », écrit De Standaard. « Le fait que la torture n’a mené à rien apporte un soulagement. Et c’est peut-être le meilleur moyen d’empêcher un gouvernement de recommencer à pousser aussi loin la recherche d’une réponse “forte” ». Enfin, dans une tribune du Washington Post, David Ignatius affirme que ces révélations devraient permettre aux Etats-Unis de mettre fin aux pratiques de torture :

« C’est un document politique, et non une histoire dépassionnée, mais cela fait partie de sa valeur : il n’y a tout simplement aucun moyen pour une démocratie de surmonter un traumatisme comme la question des interrogatoires sans en rendre compte publiquement avec honnêteté. C’est un processus de guérison étrange, que de retirer la croûte, d’exposer nos blessures ; cela correspond peut-être à l’auto-flagellation des premiers saints.

La meilleure illustration que la confrontation avec ses maux du passé mène à une sorte de rédemption nationale est fournie par l’Allemagne. (…) Les Allemands se sont toujours confrontés à leur histoire indéfendable, admettant leur culpabilité encore et encore, gravant l’humiliation de leur défaite de 1945 sur les murs de leur parlement. Ecrivant récemment dans le New Yorker, George Packer a comparé ce processus de guérison à celui de la psychanalyse. (…) On ne peut pas savoir si les informations gagnées au terme d’interrogatoires musclés ont contribué à fournir des indices essentiels qui ont permis de localiser Ben Laden. C’est pourquoi bannir la torture est un choix moral : en le faisant, nous perdrons peut-être des informations utiles. C’est le risque que nous prenons en choisissant de faire ce qui convient ».

 

Source : express.be

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