Les États-Unis DROGUÉS à l’intervention MILITAIRE

Un magazine américain essaie de comprendre pourquoi les États-Unis ne s’interrogent jamais sur les buts, le bien-fondé ou les résultats des opérations militaires américaines à l’étranger. Un manque d’esprit critique qui transcende les clivages politiques. La Maison-Blanche s’apprête à envoyer un contingent de 250 combattants des forces spéciales en Syrie pour aider les rebelles à faire face à l’armée régulière syrienne et au groupe terroriste État islamique.  Personne à la Chambre des représentants et au Sénat n’a jamais demandé au président pourquoi il veut envoyer de nouvelles troupes, combien cela coûtera aux contribuables américains et pour quelle durée les militaires sont envoyés, lit-on dans le magazine.

On n’entend pas plus le public protester contre l’assistance à l’un des participants à une guerre civile. Les grands médias ont relayé ce projet de la Maison-Blanche, bien que peu nombreux furent les journalistes qui se sont interrogés sur la nécessité d’envoyer de nouvelles troupes en Syrie. Cette opération fera en fin de compte partie d’une interminable litanie de cas d’ingérence musclée des États-Unis dans les conflits à travers le globe.

Le but, le coût et les éventuelles conséquences des opérations militaires ne font jamais l’objet de débat et ne semblent d’ailleurs pas intéresser qui que ce soit. Le fait de déployer ses troupes à l’étranger est considéré comme quelque chose allant de soi. Dans le monde de la politique américaine, le recours aux forces armées comme moyen de résoudre les problèmes internationaux est devenu l’une des rares questions à jouir d’un ferme consensus auprès des partis représentés au Congrès. La Maison-Blanche ne semble être représentée que par deux (2) types de conseillers : des faucons et des super-faucons. Sous les deux dernières administrations, il n’y a eu pratiquement aucun conseiller à s’être prononcé contre un recours régulier à la force militaire.

Fait curieux : rarissimes sont les médias, qu’ils soient habituellement classés comme “libéraux” ou “conservateurs“, qui portent un regard critique sur les actions de l’administration dans le domaine de la sécurité nationale. Il est déjà rare que ces médias demandent aux hauts fonctionnaires et généraux d’expliquer ce qu’ils attendent de tel ou tel déploiement. Mais quand une opération se solde par un échec, ils cherchent encore moins souvent à connaître les raisons de la défaite.

Puisque ni les élus ni les médias ne remettent en cause l’utilisation de la force à l’étranger, il n’est pas étonnant que le public, de son côté, ne demande pas non plus d’explication. Faute de critique de la part de l’opinion publique, le président et les autres hauts fonctionnaires ont les mains libres pour recourir à la force. Ils s’en servent par conséquent sans trop réfléchir et portent ainsi atteinte aux intérêts nationaux des États-Unis dans le monde entier.

Ceci a été clairement illustré par le colonel en retraite de l’armée US Andrew Bacevich lors de son discours au Cato Institute à Washington le 13 avril dernier. Il a notamment montré à quel point les résultats de l’invasion des États-Unis à l’étranger avaient été négatifs en prenant l’exemple de l’opération “Tempête du désert” de 1991.   “Aujourd’hui, les problèmes auxquels le Proche-Orient est confronté sont plus importants que lorsque les troupes US ont été envoyées pour la première fois dans la région. Nous pouvons être en désaccord sur les causes initiales de ces problèmes, mais il n’y a pas de débat sur le fait que les actions des États-Unis visant à remédier à la situation dans la région ont échoué“, a-t-il conclu.

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