MINES : ”La MALÉDICTION des matières PREMIERES n’est pas une fatalité” (député)

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La malédiction des matières premières ”n’est pas une fatalité”, même si certains pays miniers d’Afrique sont ”dans l’extrême pauvreté et dans la déstabilisation industrielle permanente”, a affirmé, vendredi à Saly(Mbour), le député Mamadou Lamine Diallo, président du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minières du Sénégal.

”C’est vrai que les mines suscitent beaucoup d’appétits, beaucoup de violences, d’interventions des grandes puissances et autres pays industrialisés. Mais ce n’est pas une fatalité, parce qu’il y a des pays comme le Canada, qui ont des mines et qui se sont développés”, a déclaré M. Diallo, indiquant que le Sénégal a la possibilité d’éviter cette ”malédiction des matières premières”. Il s’exprimait au cours d’un atelier de renforcement des capacités des parlementaires et des mouvements sociaux pour ‘’une meilleure maîtrise’’ de la législation minière du Sénégal.

A l’initiative du Bureau régional d’OXFAM pour l’Afrique de l’Ouest, à travers son programme régional dédié aux industries extractives, cette rencontre de deux jours (vendredi et samedi) va permettre aux participants d’avoir des connaissances sur le dispositif normatif minier du Sénégal et sur le cadre législatif et réglementaire international de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

‘’C’est vrai que quand vous allez à Kédougou (est) et que vous voyez les activités minières qui y sont menées, vous rendrez compte qu’il y a problème. C’est la région la plus pauvre du Sénégal et ça, personne ne peut le nier. L’écart entre Dakar et Kédougou est de 1 à 25 en termes de richesses. C’est l’écart qu’il y a entre la France et le Sénégal’’, a relevé le parlementaire. Pour M. Diallo, également économiste, il y a beaucoup de choses à faire pour qu’il ”n’y ait pas la malédiction” de l’or ou du fer à Kédougou. ‘’Et c’est notre travail en tant que députés de nous battre pour que les populations locales puissent s’y retrouver’’, a-t-il insisté.

Selon Elimane Kâne, responsable du programme ‘’Gouvernance’’ de l’ONG OXFAM au Sénégal, l’entrée en vigueur du code minier sénégalais a eu pour effet de drainer vers le Sénégal des flux massifs d’investissements miniers et a permis ”d’influer au secteur minier national un dynamisme sans précédent”. Mais pour M. Kâne, il est important que les sénégalais ”soient informés des tenants et des aboutissants” des ressources minières qui sont les leurs sur lesquelles le pays doit s’appuyer pour assurer le progrès économique et social des sénégalais.

D’après OXFAM Sénégal, en dépit des résultats appréciables obtenus en termes d’investissements, de nouveaux projets miniers et de diversification de la production minérale, force est de constater que les retombées de cette embellie sont restées ‘’insignifiantes’’ sur les recettes de l’Etat, malgré une conjoncture favorable marquée par le renchérissement des cours des matières premières.

Relevant les limites du code de 2003 dont l’orientation, ”un peu trop incitative”, marquée, notamment par le champ étendu des exonérations, Elimane Kâne a fait remarquer que celui-ci n’a pas ”favorisé une répartition équitable” des revenus entre l’investisseur et l’Etat du Sénégal.  Selon lui, il y a la nécessité de procéder à ”’un rééquilibrage” qui permettrait d’améliorer les recettes de l’Etat à travers une rationalisation des avantages douaniers et le renforcement de sa position stratégique.

Source : APS

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