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PETROLE : Les membres de l’Opep divisés face à la chute du cours du pétrole

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PHOTO : Un puits de pétrole de la compagnie Pemex dans le Golfe du Mexique.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) publie son rapport mensuel. Les membres du cartel, qui assurent un tiers de la production mondiale de brut, semblent divisés face aux mesures qu’ils comptent prendre pour contrer la chute des cours du brut. Depuis l’été, l’or noir a perdu un tiers de sa valeur. Tous les pays producteurs sont touchés, mais certains s’en sortent mieux que les autres.

C’est le cumul de plusieurs facteurs qui est à l’origine de cette baisse brutale des prix. En particulier, un déséquilibre entre l’offre et la demande. L’offre, excédentaire, a été augmentée par la poussée de la production, notamment du pétrole de schiste, en Amérique du Nord. Et les pays de l’Opep ont produit en septembre plus que l’année passée.

Effet de surprise

Et puis, à la grande surprise de tous, la Libye et l’Irak ont repris leurs exportations. Pourtant, ces pays connaissent des situations internes politiques et en matière de sécurité très graves. « Cela avait fait monter les prix du pétrole, notamment au mois de juin », rappelle Francis Perrin, président de Stratégie et Politique énergétiques et directeur de la rédaction de Pétrole et gaz arabes. « Finalement, quelques mois plus tard, l’Irak, en dépit de la guerre contre l’Etat islamique, continue à produire à un rythme supérieur à trois millions de barils par jour, continue à exporter son pétrole. En Libye, il y a depuis juillet une progression de la production et des exportations. Quand on s’est aperçu que, finalement, dans ces deux pays, en dépit de la situation politique très grave, le système pétrolier continuait à fonctionner, cela a fait baisser les cours », conclut-il. Parallèlement à cette poussée de la production, la demande mondiale de pétrole recule à cause du ralentissement de la croissance.

Les PIB touchés

Cette chute des prix signifie moins de recettes fiscales pour les pays dont l’économie dépend du pétrole. Faute de devises, le Venezuela a dû restreindre ses importations courantes pour honorer les remboursements de sa dette. Si la baisse continue, Caracas pourrait se trouver en défaut de paiement. Le Nigeria a du mal à boucler son budget 2015. L’Algérie souhaite augmenter la production pour compenser ses pertes. Même son de cloche en Angola.

D’autres Etats pétroliers s’en sortent mieux. Pourquoi ? Parce qu’ils ont misé sur l’avenir. « Certains pays ont constitué des réserves internes, par exemple de fonds souverains, ou des réserves externes au niveau de leurs banques centrales qui sont extrêmement importantes », résume Francis Perrin. Ainsi, ces pays peuvent se permettre d’affronter des périodes plus ou moins longues de prix du pétrole plus bas qu’il y a quelques mois, sans intervenir sur le marché.

Les coupures de production peu probables

Faut-il augmenter ou, au contraire, restreindre la production pour contrer la chute des prix et stabiliser le marché ? Les avis divergent. Comme le souligne Antoine Halff, directeur des études sur l’industrie et les marchés du pétrole à l’Agence internationale de l’énergie : « Parmi les pays de l’Opep, [ceux] qui souhaitent des coupures de production, ce sont ceux qui ont le plus de difficultés budgétaires. Le Venezuela et l’Equateur, en particulier. Par contre, des pays comme l’Arabie Saoudite ont un matelas de réserves plus important, ils produisent beaucoup et sont donc moins tendus du point de vue financier ». Mais il y a aussi des considérations d’un autre ordre : « Il s’agit d’étendre leurs parts de marché dans les pays d’Asie, notamment en Chine. »

Les yeux rivés sur l’Amérique du Nord

Riyad serait-il plus préoccupé par ses parts de marché que par le prix ? Tout semble indiquer qu’une telle stratégie prévaut dans le royaume. La montée de la production aux Etats-Unis a fait perdre à l’Arabie saoudite le marché américain. Soucieux de regagner ses parts de marché ailleurs, en particulier en Asie, le chef de file de l’Opep attend la réaction des Etats-Unis. Comme l’explique Antoine Halff, « dans le passé, c’était toujours les pays de l’Opep qui augmentaient la production en fonction des rythmes du marché. Il est possible que ce rôle passe maintenant d’une certaine façon aux Etats-Unis. En tout cas c’est le calcul que certains semblent faire. Les pays de l’Opep, comme l’ensemble du marché, ont les yeux fixés sur l’Amérique du Nord pour voir quelle va être la réponse des producteurs de pétrole de schiste face à la baisse des prix. »

La pression à la baisse sur les prix du pétrole, qui a fait tomber ces derniers jours le Brent à un plus bas niveau en quatre ans, est alimentée par l’idée que l’Opep ne va pas réduire sa production lors de sa réunion le 27 novembre à Vienne. En attendant ce rendez-vous clé, les opérateurs restent attentifs. Ils sont persuadés que sans la reprise économique qui pourrait conforter la demande, la baisse des prix du brut pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année et durant les premiers mois de 2015.

 

Source : RFI

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