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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (RDC) : Joseph Kabila, un destin burkinabé ?

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Un destin burkinabé… C’est en réalité ce qui pourrait être épargné au président de la République Démocratique du Congo (RDC) si le projet de loi électorale, éminemment controversé, était finalement adopté en l’état par le Parlement. En effet, les sénateurs ont voté à l’unanimité, vendredi 23 janvier 2015 en milieu de journée, un texte modifiant l’article le plus litigieux de ce projet de révision de la loi électorale.

Quel est l’amendement salvateur pour Joseph Kabila, l’amendement qui lui éviterait l’ire de la rue ? L’article prévoyant l’organisation des prochaines élections présidentielles est complété et clarifié de sorte que la tenue des élections n’est plus conditionnée au résultat d’un recensement. Vital Kamerhe, président de l’UNC, a jugé « satisfaisant » le texte adopté par les sénateurs.

Gardez-moi de mes amis

Cependant, à Kinshasa comme à Goma, et dans le reste du pays, si beaucoup se réjouissent de cette « victoire », à l’instar des étudiants qui manifestaient leur joie cet après-midi aux abords de l’Université de Kinshasa, nombreux sont ceux qui appellent à la vigilance. Car le texte du projet de loi, tel que voté par le Sénat, doit maintenant être examiné, comme il est habituel lorsqu’un pays a opté pour une organisation parlementaire bicamériste, par une Commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs.

Et en cas de désaccord, le dernier mot reviendrait à l’Assemblée nationale. Une institution dont le Président s’est fendu d’un tweet d’avertissement en début d’après-midi, peu après le vote du Sénat. « ll n’y aura pas de Burkina Faso à Kinshasa, arrêtez de rêver. L’Opposition ne fera pas imposer son rythme aux institutions », a-t-il prévenu, déclenchant une vague d’indignation et de protestation sur Twitter.

La force de la rue… et des réseaux sociaux

Et, pourtant, si Kinshasa n’est pas Ouaga, 2016 en RDC pourrait ne pas ressembler à 2011 et 2012, années au cours desquelles les manifestations consécutives à une élection présidentielle chaotique s’étaient progressivement essoufflées. Sur son blog, l’analyste politique Jason Stearns, spécialiste de l’Afrique Centrale, affirme que trois ingrédients, réunis aujourd’hui, pourraient changer la donne et précipiter le départ de Joseph Kabila, si celui-ci décidait de se maintenir au pouvoir au-delà du terme prévu par la Constitution.

Tout d’abord, relève-t-il, les élites sont divisées. Pierre Lumbi, Olivier Kamitatu, Christophe Lutundula, Kengo wa Dondo, etc., se sont prononcés contre la réforme de la Constitution. En outre, le PPRD est lui-même divisé. Nombreux sont les députés à avoir trainé les pieds et s’être fait forcer la main pour voter, samedi dernier, le projet de loi électorale et son fameux article 8 qui conduisait ipso facto à un report de la date de la prochaine élection présidentielle. Plus important, souligne Stearns, le Gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a semblé prendre ses distances avec Joseph Kabila, ralliant derrière lui certains poids lourds de la province, à l’instar de Kyungu wa Kumwanza.

Cela affaiblirait considérablement le Président actuel, lui-même originaire du Katanga, province dont il tirait jusqu’à présent une part importante de son pouvoir politique et militaire. Davantage d’ailleurs que les partis issus de l’opposition traditionnelle, le très populaire Moïse Katumbi a les moyens de faire pencher la balance en la défaveur du Président Kabila. Ce dernier en a bien conscience. Pas plus tard qu’aujourd’hui, ses partisans ont tenté de répliquer en organisant, dans différentes localités du Katanga, des marches de soutien en sa faveur.

Ensuite, toujours selon Jason Stearns, si les protestations de 2011 se sont concentrées autour des places fortes de l’UDPS à Kinshasa (Limete et Masina), cette fois-ci, Etienne Tshisekedi, resté à Bruxelles pour y subir des soins, est largement absent. Les étudiants ont pris le relais, avec pour épicentre de la contestation l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Leur courage – compte tenu des violences policières – et leur détermination ont frappé les observateurs et sans doute surpris les partisans du clan présidentiel.

#Telema (presque) aussi fort qu’#Iwili

Enfin, les étudiants kinois peuvent compter sur un autre soutien de poids : celui des réseaux sociaux qui permettent d’accompagner et d’amplifier leur contestation. Le Gouvernement l’a bien perçu, lui qui a décidé, ces derniers jours, de suspendre les connexions internet, tentant ainsi de déstabiliser les manifestants. Il n’empêche, le hashtag #Telema, à l’instar d’#Iwili au Burkina Faso en novembre dernier a permis de suivre, minute par minute, l’évolution de la situation, à Kinshasa comme à Goma. À l’ère des réseaux sociaux et des smartphones, difficile de résister à la contestation populaire, que ce soit à Tunis, à Ouaga ou… à Kinshasa.

 

Source : afrik.com

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