mercredi , août 15 2018
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THIES : POURQUOI LA CULTURE EST –ELLE LAISSEE EN RADE ?

Jadis creuset d’activités culturelles intenses, la cité du rail, en l’absence d’agenda culturel est devenue terne au cours de ces dernières décennies. A Thiès, ville des arts et des lettres, malgré le talent maintes fois affirmé de ces acteurs culturels, l’inspiration comme la créativité risquent de mourir, faute d’appui. Les artistes se disent traités en parents pauvres pour cette discipline pourtant transférée ; ils pointent un doigt accusateur en direction des autorités dont les préférences selon eux , vont vers d’autres disciplines, comme le sport, moins porteurs qui selon eux , à la recherche de lauriers perdus…

Aller à la source, essayer de comprendre cet état de fait et recueillir l’avis des autorités municipales a été quasiment impossible, chronique d’une journée trop ordinaire. Jugez –en :
Aucun contact n’a pu être établi avec Fanta Coulibaly, la chargée des questions cultuelles puisqu’ étant en voyage. Après d’une bonne heure de pied de grue devant le bureau de Racine Fall directeur technique, chargé de la gestion de la promenade des thiessois, avait regretté ne pouvoir répondre à des questions relatives à la fourniture en électricité de la promenade des thiessois…
Nous avons ensuite remonté l’échelle, rencontré, Amadou Ti diane Thiaw, le secrétaire général de la mairie avec qui nous avons échangé sur son différent avec Mme le receveur de la perception municipale dont le dossier avait attérit au tribunal. Mais pour la question culturelle, il nous avait demandé de nous référer au chargé de la communication, en l’occurrence Masseck Birane Seck, le directeur de cabinet du maire Talla Sylla.
Après avoir attendu sagement dans la salle d’attente de ce dernier, nous étions finalement introduit. Echanges de civilités, de bons offices, évocations des questions culturelles, objet de ma visite. Le dircab, Seck après avoir pris bonne note, prétexte une réunion d’urgence et me demande de le téléphoner vers 16 heures. A cette heure, toute tentative de le joindre a été vaine. Le téléphone sonnait « jusqu’ à aller à a boîte vocale ». A 16H 57mn, le dircab Masseck m’envoie un texto pour me demander finalement de… m’adresser à un certain Thierno Seck pour des questions relatives aux artistes. Sans commentaire…

Pour les lettres aussi, la désillusion est partagée à en croire l’écrivain Mouhamadou Lamine Sanokho, , membre de l’association des écrivains du Sénégal. Il fut l’un des heureux lauréats du grand prix du maire en 2005 lors du premier mandat du maire Idrissa Seck, actuel président départemental de Thiès .Il affirme qu’ en ce qui le concerne en tant qu’acteur culturel évoluant dans l’écriture, prend la défense de ses collègues artistes qui malgré leurs difficultés et le dédain des autorités tient à garder sa dignité. Il crache son venin : « Vous savez que l’écrivain embrasse une carrière qu’on peut appeler une profession libérale. Je ne dis pas qu’on s’enferme dans une tour d’ivoire sans se préoccuper des réalités du monde. Nous n’avons pas l’habitude d’attendre quelque chose de ces gens là ( la municipalité)J’ai eu à remporter le grand prix du maire en 2005 , par rapport aux Lettres, précisément le théâtre, dans le cadre d’un concours organisé par la municipalité ( …) « D’ailleurs , ce prix a été escamoté dans la mesure où la somme préconisée ne m’a pas été versée intégralement. Je n’ai pas encore reçue l’autre moitié jusqu’à présent… » Enfin, je ne sais pas ce qui n’est entrain de se tramer entre le conseil départemental, la municipalité et le centre culturel. Même si on a injecté une certaine somme aux sportifs, nous en tant qu’acteurs culturels, nous ne sommes pas au courant d’une éventuelle aide venant de la municipalité
La culture forme des acteurs, fait vivre…
Pour un musicien qui a gardé l’anonymat, les autorités montrent de par leurs actes de tous les jours qu’elles ont une certaine préférence du sport par rapport à la culture alors que ce n’est pas comparable. « Il faut être aveugle pour ne pas voir la vitalité des arts, du théâtre qui fait font vivre des centaines de jeunes alors que le sport ne dure que le temps d’un navétane. Qui ne peut citer que le nom d’un joueur de navétane fut-il le plus talentueux faire quelque chose pour les populations ? Cependant poursuit-il « Nous formons des centaines de jeunes comme Sanekh qui vont s’affirmer à Dakar etc. Ici à Thiès, personne ne peut parler de l’art en oubliant de citer la famille auréolée de culture de feu Grital Mbaay. Franchement tout le monde est unanime à reconnaitre que la culture est flétrie, laissée en rade.
Seule une poignée d’artistes, comme le comédien Guèye dit « Bouton » du groupe Keppaar gui attend quelque chose des responsables chargés de faire vivre la culture : « Nous attendons l’appui de la municipalité après avoir travaillé dur, subi une formation ces temps derniers ; nous avons besoin d’aide, de renforcer nos capacités… »
Le centre culturel régional, sans fonds de dotation…
Du côté du centre culturel régional, visage de la culture est dans un piteux état d’insalubrité, de la poussière partout, des toilettes, des couloirs à détartrer. La nouvelle directrice du centre culturel, Anne Marie Faye nommée ci jours-ci se veut pragmatique. Elle se présente avec des techniciennes de surface dans le bureau de l’animateur culturel Cheikh Ndiaye et recommande un nettoyage à fond des lieux. Dans les bureaux, c’est le dénuement total du point de vue des équipements, de l’outil informatique : on ne sent pas l’appui des institutions que sont le conseil départemental et la municipalité

On perçoit une grande détermination, chez cette nouvelle directrice et de son équipe à faire bouger les choses pour une meilleure prise en charge des questions culturelles. A la question de savoir si son institution avait prévu une subvention pour les artistes, Anne Marie Faye répond par la négative en affirmant qu’une éventuelle subvention pour les artistes ne figurait pas dans les instances de la passation de service avec son prédécesseur.
Pour sa part, la nouvelle directrice tient à inverser la tendance. Elle compte se rapprocher de la municipalité pour bénéficier de fond de dotations pour appuyer les artistes. Néanmoins, elle dit être sensible leurs difficultés et se demande si ces derniers pour leur prise en compte, avaient présenté aux municipaux des programmes culturels bien ficelés…
Saliou Ndaw

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