TOURISME MONDIAL : Une INDUSTRIE qui ne connaît PAS la crise

[template id=”821″]

 

Alors que l’économie mondiale se remet encore difficilement de la crise de 2008-2009, l’industrie touristique semble de son côté imperméable aux soubresauts planétaire. C’est ce qu’indique un rapport bisannuel publié par le Forum économique mondial (WEF) qui montre qu’année après année, le tourisme mondial continue de croître plus rapidement que l’économie planétaire.

Les économistes du WEF se sont livrés à un véritable travail de moine. Le rapport 2015 sur la compétitivité du voyage et du tourisme (TTCI, Travel and tourism competitive index) évalue un nombre record de 141 pays selon 14 critères et 90 indicateurs distincts. En résulte une note globale sur 7 pour chaque État sondé. Pour la première fois de son histoire, l’Espagne se classe bonne première avec un pointage de 5,31, tout juste devant la France (5,24). L’Europe compte d’ailleurs 6 pays parmi les 10 premiers du classement.

Suivent dans l’ordre l’Allemagne (5,22), les États-Unis (5,12), le Royaume-Uni (5,12), la Suisse (4,99), l’Australie (4,98), l’Italie (4,98), le Japon (4,94) et le Canada (4,92). Les auteurs du rapport soulignent qu’avec une telle poussée, «l’Espagne émet ainsi un signal positif d’amorce de redressement du pays».

L’un des constats les plus frappant de ce rapport est que l’industrie du tourisme, malgré la crise et les perturbations mondiales, a continué de croître de manière robuste au cours des dernières années. Les arrivées de touristes internationaux ont atteint un niveau record à 1,14 milliard en 2014, soit 51 millions de plus qu’en 2013. Le secteur représente près de 10% de l’économie mondiale à 7000 milliards de dollars, 5,4% des exportations planétaires et 266 millions d’emplois, soit 1 emploi sur 11 dans le monde (1 sur 10 à l’horizon 2022).

Encore plus impressionnant dans contexte économique difficile, le tourisme a enregistré une croissance de 4%, bien supérieur aux 2,3% de l’économie mondiale sur la même période. Cette progression est également plus importante que celle observé dans les domaines des services financiers, du transport ou de l’industrie manufacturière. C’est dire tout le potentiel économique que peut représenter le tourisme dans l’économie nationale d’un pays. Le World Travel & Tourism Council (WTTC) prévoit d’ailleurs que cette croissance s’accélèrera au rythme de 5,2% dans les cinq prochaines années.

LE DEFI DES EMERGENTS

Comme dans chaque domaine économique, les pays émergents continue leur poussé et prennent davantage de place dans les classements. Cela se vérifie dans le TTCI où la Chine (17e) et le Brésil (28e) ont percé le top 30 des pays les plus attrayants au point de vue touristique. Côté africain, c’est sans surprise l’Afrique du Sud qui domine en pointant à la 48e position. Suivent dans l’ordre les Seychelles (54e), l’île Maurice (56e), le Maroc (62e), la Namibie (70e), le Kenya (78e) et l’Égypte (83e).

Cité par l’Agence France-Presse, Roberto Crotti, économiste au WEF, souligne que le succès en la matière n’est plus le monopole des grands pays industrialisés. «La diversité qui caractérise les 30 premières places du classement démontre qu’un pays ne doit pas être nécessairement riche pour jouir d’un secteur touristique florissant, explique M. Crotti. Pourtant, de nombreux pays doivent encore fournir de gros efforts pour relever les défis du tourisme, notamment en développant leurs politiques de délivrance des visas et en améliorant la promotion de leur héritage culturel, et la protection.»

Les experts du WEF dégagent quatre éléments importants de l’imposant rapport 2015, des tendances lourdes qui dépassent l’industrie touristique et ont un impact direct sur l’économie mondiale. D’abord, comme nous le mentionnions plus tôt, que le secteur du tourisme croît plus rapidement que l’économie globale. C’est la preuve que l’industrie peut rapidement se remettre des chocs mondiaux hors de son contrôle, faisant du domaine une valeur économique sûre.

Autre constat notoire, les pays qui performent le mieux dans le TTCI sont ceux qui sont le mieux préparés à capturer les nouvelles tendances de l’industrie. Les chercheurs citent entre autres la demande grandissante en provenance des pays émergents, ou l’importance nouvelle des services et du marketing en ligne, notamment sur les appareils mobiles.

Ensuite que le développement du tourisme offre des opportunités et des bénéfices sociaux dans tous les pays, peu importe leur richesse. Plusieurs pays émergents figurent d’ailleurs dans le top 50 du TTCI. Les experts soulignent qu’un fort secteur touristique se traduit directement en opportunités d’emplois à tous les niveaux de compétence.

Finalement, le rapport du WEF montre bien que le développement efficace du tourisme est un exercice complexe qui requiert l’implication de plusieurs ministères au niveau national, en plus de partenariats public-privé au niveau international afin de surmonter les divers obstacles qui peuvent être financiers, institutionnels ou organisationnels.

Le verdict du rapport est donc clair : un secteur touristique fort est générateur de richesses pour un pays, bien au-delà d’autres domaines souvent privilégiés par les différents États. À ce sujet, un continent comme l’Afrique offre un énorme potentiel de développement, à condition bien sûr que les gouvernements en place choisissent de faire du tourisme un important pôle économique. En y investissant les sommes conséquentes !

 

Source : Afrique Expansion

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.